Politique

Match raté CIK – Horoya : Quand Mathurin ignore les règlements(Opinion).

Le président du CIK, le général Mathurin Bangoura, est très volontariste. Il est même sympathique. Mais, l’officier général en disponibilité a un handicap et il est lourd.

C’est la méconnaissance des règlements du football en général et du championnat national en particulier. C’est vrai que la carrière militaire, où la soumission et l’obéissance passent souvent  avant l’explication, a parfois le défaut de tordre les aciers les plus rectilignes solides.  De déformer les vérités les plus évidentes. Mais, en changeant de statut, il est important d’apprendre, de comprendre et d’intégrer la culture du nouvel environnement. Le sport militaire progresse à un rythme qui fait honneur aux institutions internationales de football que sont la FIFA et la CAF. Mais, comme la politique, le code militaire ne peut s’appliquer au sport. Une ligne rouge sépare les deux mondes. A ce titre, le général Mathurin Bangoura devrait savoir qu’en matière de championnat, la réunion technique reste souveraine. C’est elle qui détermine et fixe les conditions du déroulement consensuel d’un match de football. Et non le commandement militaire. Et c’est le seul et unique problème du président du CIK. Avant d’aller à la réunion, il aurait été mieux inspiré d’instruire ses collaborateurs sur la conduite à tenir. Il ne s’agit pas d’attendre la fin de la réunion et leur retour pour valider ou marquer son désaccord sur une décision adoptée par les deux parties. Si les dirigeants du CIK avaient soutenu lors de la réunion cette position à posteriori de leur président et donné des garanties d’assurer la sécurité des athlètes du Horoya s’ils rentraient par la petite porte, le club d’Antonio Souaré se serait plié à cette décision. Mais, attendre la fin de la réunion et vouloir remettre ses conclusions en cause relève d’une certaine ignorance des règlements du football.

A ce titre, que le général Mathurin Bangoura, dont l’avènement à la tête d’un club est une bonne initiative susceptible d’impulser le football guinéen, ait l’humilité de se remette en cause et se forme aux lois du football totalement différentes des ordres martiaux. Comme l’affirme le dicton ‘’l’humilité précède la gloire’’. Qu’il relise les textes, contrairement à ses déclarations publiques sur une chaine de radio locale, aucun article n’oblige un club à être « présent 48 heures avant dans la ville » où il doit jouer.  Quand on entend un dirigeant de club guinéen dévoiler à ce point sa méconnaissance des règlements on a forcément honte pour le général Mathurin Bangoura. La détermination du  lieux par lequel les footballeurs accèdent au terrain n’est pas une affaire de doléance, c’est bien une question organisationnelle définie par la réunion technique.

Le général Mathurin Bangoura semble méconnaitre aussi le monde et l’évolution mondiale du football quand il affirme que nulle part au monde le bus des joueurs ne rentre au stade. C’est très désolant. Dans les stades aujourd’hui, les bus des joueurs ont des chemins sécurisés jusqu’aux portes des vestiaires. Aucun public, dans les stades modernes et homologués, ne peut prétendre être en contact avec les footballeurs qui ne sont vus que quand ils sortent des vestiaires pour la pelouse. Le bus n’est même pas vu à plus forte raison, les joueurs. Que le président du CIK se promène sur les stades en Afrique et dans le monde, il réalisera l’absurdité des déclarations qu’il a tenues. Même au vétuste et dépassé stade du 28 septembre, les bus des joueurs franchissent le grand portail donnant accès à la grande cour et le portail séparant cette cour des vestiaires à l’entrée tout juste du stade. C’est dire que depuis toujours, dans les années 50 déjà, la sécurité des joueurs a été une préoccupation majeure des instances du football. Le général Mathurin Bangoura qui connait bien la configuration du stade du 28 septembre n’ignore pas tout de même cette réalité. 

 La blessure de deux supporteurs du club d’Antonio Souaré et les agressions subies par le bus dans lequel se trouvait les joueurs du Horoya confirment que Mathurin Bangoura a été très maladroit de vouloir interprète les textes régissant le football. Non, mon Général ces textes ne s’interprètent pas comme dans un camp militaire, Mon Général Mathurin, ils s’appliquent simplement au sport. Un point, un tirait.

Abdoulaye Condé.

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