Politique

Plume à Zacharie Millimouno du 22 Janvier 2014.

Sept années de vaches maigres, de cafard et d’espoirs anéantis ; sept bonnes piges où chaque famille a dû porter, comme par le fait d’un ozène, la fétidité d’une hécatombe librement orchestrée. Le 22 janvier tintinnabule toujours au plus profond d’eux, jour sans soleil ou pluie d’une rage unique, des cœurs innocents gémissent continûment après la justice, cette justice qu’on leur doit !

 

Rappelons que c’était il y a sept ans à travers toute la Guinée. Brandi comme un seul corps, le peuple outré de Guinée s’engageait dans une levée de boucliers sans précédent contre l’éboulement de l’Etat sous Lansana Conté. Les forces de l’ordre, les nôtres, trouvaient en cette manifestation une opportunité unique, un camp d’entrainement  à la guerre moins contraignant. Ce fut un autre de ces sombres jours où l’instinct guinéen du mal et du mépris a pris de l’ascendant sur l’infime homme qui a calvaire de nous habiter.

Depuis, familles rasées de douleur et organisations de défense des droits de l’homme crient au loup et tintamarrent pour que justice soit rendue, mais rien n’y fait, on se moque bien ici de leur chagrin. Des équipes viennent et passent à la crête de l’Etat, mais les priorités sont tout sauf d’écouter la solitude de la veuve et les larmes de l’orphelin.

J’en veux pour preuve les sépultures communes et gratuites qui ont pavé les sentiers guinéens, de l’indépendance à  ce jour, et pour lesquelles personne n’a jamais daigné apporter plus d’éclairage. Pauvres de vous ! Associations de nos heures noires qui militez en faveur de justice pour les victimes de la barbarie légitime. En Guinée, et c’est tout comme, quand l’Etat vous tape, Dieu vous a tapé !

Faut-il donc définitivement enrouler ce parchemin funeste de notre histoire et nous conformer à la logique d’une justice sélective ? Et c’est là ce qui mortifie de plus belle. Il y avait encore de la justice pour faire éclairage sur l’attaque, juillet dernier, du domicile du chef de l’Etat ou pour réunir les arguments qui incrimineraient tel journaliste. Mais, plausible constat, cette justice fortement réactive perd automatiquement de ses crocs quand elle sait qu’elle doit mordre l’Etat !

Avec Alpha Condé, nous nous sommes fait le loisir d’espérer qu’une fine oreille entendrait la justice agonisant et se mourant à vives flammes. Mais c’était avant qu’il nous servit la surprise de laisser Nzérékoré et une grande partie de la forêt s’embraser pour faire honneur à l’étranger. Quelle honte ! Les boutefeux de Zogota courent toujours, si seulement leurs victimes pouvaient faire autant.

L’heure, c’est donc aujourd’hui. L’Etat doit désormais sortir de son giron de promesses creuses pour donner au guinéens ce qu’ils attendent depuis peu après l’indépendance.

Je n’y espère plus en vérité, mais je le ressasse tout de même parce qu’aujourd’hui, des centaines de familles veulent croire à cet idéal, accorder un autre bénéfice à la même équipe qui, trois ans en arrière, promettait de soulager leurs peines.

D’ailleurs avec un nouveau Ministre tout frais, tout empreint de la sensibilité française, nous voici repartis pour nos mille-et-unes attentes !

Commentaires

commentaires

Ajouter un commentaire

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

To Top