Politique

Recomposition paysage politique guinéen : Un regroupement de l’opposition républicaine extra-parlementaire en gestation

Des concertations sont en cours en vue de la mise sur pied d’un  regroupement de l’opposition extra-parlementaire. Par mails et par téléphones, entre Paris et Conakry, les contacts s’intensifient entre des leaders de partis politiques ne siégeant pas à la nouvelle assemblée nationale et des membres de partis déçus de voir leurs leaders pactiser avec le pouvoir en place. Premières escarmouches, cette diatribe signée de Billo Savané de l’UFR. Lisez plutôt !

Trois ans après son « élection », M. Alpha CONDE a enfin consenti à la mise en place d’une Assemblée Nationale.
Des députés y ont été désignés, en apparence par une élection dont chacun reconnaît qu’elle s’est déroulée dans des conditions qu’aucun pays d’Afrique Subsaharienne n’aurait acceptées.

Chaque Parti politique de l’opposition officielle parlementaire s’est vu octroyer par le « président » CONDE et un clan bien identifié, un certain nombre de députés, selon son implantation régionale ethnique.

Certains des « leaders » de l’opposition parlementaire semblent adhérer à ce mode ethno-régional de désignation des députés. De ce fait, la fragmentation ethnique de notre pays, souhaitée par M. Alpha CONDE, risque d’être institutionnalisée avec leur concours. Ainsi donc, le vote ethnique sera « légalement » consacré dans notre pays.

Ce risque, démesuré et insensé, n’est pas tolérable pour une Nation en construction.

Une présidentielle arrangée, suivie d’une trop tardive législative, toute aussi ethniquement arrangée par M. Alpha CONDE au profit de son parti-État, le R.P.G., a d’abord décrédibilisé notre pays.

La gouvernance farfelue depuis décembre 2010 l’a ensuite ridiculisé, et finalement livré à la voracité de groupes dont les intérêts ne coïncident pas forcément avec ceux de notre peuple. Les intérêts majeurs de notre pays sont renvoyés au second plan pour des raisons qui restent «  mystérieux ».

Notre pays est entrain de devenir une sorte de « poubelle-Land » pour des pacotilles venant de tout horizon, et une arrière-cour foncière pour quelques hautains princes pétroliers.

Aucun patriote ne peut tolérer que le sol de ses ancêtres soit ainsi livré à la merci de quelques rapaces peu scrupuleux, nationaux et étrangers.

Un État policier visant à intimider d’abord, à terroriser ensuite pour finalement installer chaque Guinéen dans une insécurité individuelle, personnelle et permanente, est insidieusement instauré. Ainsi, chacun devient le délateur de l’autre, on obtient alors la soumission généralisée et l’auto-surveillance.

Ce processus est déjà entamé. Aucune sécurité, aucune garantie sur rien, si on n’est pas lié directement ou indirectement à un réseau de pouvoir.

Avec le régime instauré par M. Alpha CONDE, n’importe qui, s’il est inséré dans un réseau juridico-policier, peut impunément tout vous enlever, y compris votre vie. Tout Étranger, africain et non africain, de bonne foi, peut attester de ces faits.

Un État de Droit ne peut fonctionner de cette façon. 

Depuis 2010 jusqu’à la date d’aujourd’hui, des combines institutionnelles ininterrompues, initiées ou encouragées par des « partenaires » dits de « développement », sont montées pour donner une apparence légale à un pouvoir qui en est absolument dépourvu.

Est-il besoin de rappeler ici les reports successifs inconstitutionnels du deuxième tour de la présidentielle de 2010, suivi de la désignation également inconstitutionnelle entre les deux tours d’un autre président de la C.E.N.I. à la convenance de M. Alpha CONDE ?

Que penser de son refus catégorique durant trois ans, de mettre en place une Assemblée nationale représentative de toutes les composantes du pays, de la moindre manifestation politique réprimée dans le sang, des massacres de populations innocentes à N’ZEREKORE, ZOWOTA, SIGUIRI, KANKAN, LABE, KINDIA, CONAKRY ?

Pendant trois ans, M. Alpha CONDE a pris des engagements contractuels ruineux pour le futur de notre pays. A aucun moment de notre histoire, la Guinée n’a été si divisée, le tribalisme utilisé à ce point comme méthode de gouvernement.

Cela n’est pas tolérable.

Chers compatriotes,

Il n’y a pas d’ordre constitutionnel sans une constitution bénéficiant de l’assentiment du peuple auquel il s’applique. Celui-ci doit avoir été éclairé par un débat public, contradictoire sur l’ensemble du pays. Et c’est à l’issue de ce débat national qu’il est invité à donner ou pas, son accord à la constitution qui lui est soumise : c’est le référendum.

Il n’y a pas d’autre voie que celle-là. Tous les pays, même en crise aigue, y compris ceux du Maghreb, ont emprunté la seule voie possible, pour sortir leur pays de l’ornière.

Les arrangements institutionnels en faveur de M. Alpha CONDE en 2010, tolérés par ses concurrents d’alors, ont conduit notre pays dans la déchéance qu’il connaît aujourd’hui.

Le peuple de Guinée n’a pas été consulté. Dans la précipitation, certaines personnes ont été cooptées pour siéger au Conseil National de la Transition (C.N.T.). Si l’idée était recevable, le critère de choix et la qualité des cooptés n’étaient pas toujours les plus souhaitables.

Cela a donné le C.N.T. (conseil national de transition) tel qu’il a fonctionné. C’est le texte concocté par cette institution discutable.

Rapporté par Aboubacar Diallo

Commentaires

commentaires

Ajouter un commentaire

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

To Top