Politique

Fièvre Ebola à Conakry : la clientèle se fait rare dans les boucheries

Les boucheries de Conakry paient au plus fort prix, la découverte du virus hémorragique Ebola en Guinée. Entre rareté de la clientèle  du au sentiment de suspicion qui s’installe chez les citoyens et les nombreuses quantités de viandes jetées à la poubelle tous les jours, les bouchers risquent de mettre la clé sous la porte.
 
Boubacar Diallo est revendeur de viande de bœuf au marché de Kaporo. Avant l’éclatement de la fièvre Ebola en Guinée, il revendait 200 kilo par jour. Aujourd’hui, il en revend moins de 30 kilo par jour. Ce jeudi, assis devant sa boucherie avec un air pensif, il explique qu’il n’a revendu que 8 kilo depuis le matin. La clientèle se fait rare. Dans son frigo, il reste encore plus de 100 kilo de viandes non revendus :« Ici à Kaporo la viande de bœuf ne marche pas depuis qu’on a dit que cette maladie est venue en Guinée. Nos frigos sont plein de viande. Tous les jours, nous jetons de la viande. Avant, nous revendions à peu près 200 kilo par jour mais actuellement, nous vendons moins de 30 kilo par jour. Les clients ne viennent plus ».
 
Juste à coté de lui, Alpha Oumar Bah à sa boucherie. Depuis le matin, il n’a vendu que 15 kilo sur plus de 100. Ce qui le gène surtout, c’est la méfiance et la peur qui se sont  installées chez ces clients. Il interpelle le ministère de la santé à communiquer sur cette maladie. Les pertes sont énormes. Ce revendeur de viande de bœuf indique qu’il vit actuellement de sa petite économie qui s’épuise progressivement. « Vous voyez, ce sont les mouches que nous chassons. La viande est là et il y a plus de 100 kilo dans le frigo. C’est notre argent que nous prenons pour acheter de la viande de bœuf mais a ce rythme, nous risquons de fermer la boucherie. Nous n’enregistrons que des pertes tous les jours », a-t-il déclaré.
 
La vente et la consommation des viandes provenant des animaux domestiques ne sont pas prohibées notamment celle du bœuf, rassure docteur Gnériké Gbamou, médecin dans une clinique à Cosa. Il ne comprend pas la rareté de la clientèle constatée dans les boucheries. Si la clientèle continue de se faire rare dans les boucheries, les revendeurs de viande ne pourront pas tenir longtemps le coup, affirme ce médecin. Pour lui, cette peur doit être combattue par une bonne communication des autorités compétentes.
 
Les citoyens rencontrés devant les boucheries sillonnées n’ont pas voulu s’exprimer à nos micros. Mais ils  ont  indiqué que la consommation de la viande du bœuf ne doit faire objet de polémique à Conakry.

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