Interview

Grande interview : « Nous ne sommes pas à l’assemblée pour nous opposer à tout », déclare Honorable Fodé Oussou Fofana.

Dans cet entretien qu’il nous a accordé, Honorable Fodé Oussou Fofana, Président du groupe parlementaire des libéraux-démocrates nous parle de la session des lois de la nouvelle assemblée nationale guinéenne, prévue pour ce Lundi 05 avril 2014, du fonctionnement du parlement guinéen, des relations opposition-mouvance à l’hémicycle. Actualité oblige, il aborde avec grande désolation la question de la fièvre Ebola qui continue de faire des victimes en Guinée. Grande Interview… 

 

Mosaiqueguinée : La première session de l’assemblée nationale, dite session des lois s’ouvrira ce lundi. Comment les libéraux-démocrates, le groupe parlementaire dont vous êtes le Président la prépare t-elle ? 

Honorable Fodé Oussou Fofana : Nous préparons la rentrée parlementaire avec beaucoup de sérénité. Vous savez, depuis le temps de feu Président Général Lansana Conté, c’est la première fois que nous allons avoir un parlement démocratiquement élu. Nous sommes 37 députés. Donc, nous représentons le tiers du parlement guinéen. Dans notre groupe parlementaire, nous avons des compétences dans divers domaines. C’est la session des lois qui s’ouvre. Ça veut dire que nous allons non seulement examiner les lois proposées par le gouvernement, en tant que groupe parlementaire, nous nous sommes retrouvés, nous avons mis en place une commission  qui y a réfléchi, mais nous allons également faire des propositions de lois pendant cette session des lois qui va durer environ 90 jours. Soyez assurés, le groupe parlementaire des libéraux- démocrates est complètement prêt. Nous aborderons cette session avec beaucoup de sérénité dans un esprit sincère. Nous ne sommes pas là pour nous opposer à tout. Nous aurons pour principe, chaque fois qu’une loi nous sera proposée et qu’elle aille dans le sens de l’intérêt de la Guinée, nous validerons. Dans le cas contraire, nous nous opposerons avec des arguments sûrs et irréfutables. 

De quoi sera-t-il question au cours de cette session ? 

Nous allons déjà faire la session plénière le 07 et une réunion du bureau le 08 et la conférence des présidents le 09 Avril. A partir de là, nous aurons une idée de tout ce que nous aurons sur la table comme projet de lois. Mais nous allons commencer le travail par le règlement intérieur de l’assemblée elle-même pour voir exactement ce qui ne marche pas et apporter des amendements pour que les prochains députés qui viendront trouvent un travail plus cohérant et plus net. 

Qu’est ce que votre groupe entend proposer comme projet ? 

Je ne peux pas déjà mettre sur la place publique ce que nous avons comme projet de loi alors que la session n’est même pas ouverte. Ce qui est clair, c’est que des commissions ont été constituées au sein de notre groupe parlementaire. Ce samedi (05 avril), nous devons nous rencontrer pour valider des activités qui leurs ont été soumises. Pendant cette session des lois vous verrez effectivement ce que nous proposerons. 

Depuis environ trois mois nous avons appris que les indemnités des députés n’ont pas été payées. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Je ne veux pas parler de cela parce que je ne suis pas membre de la commission des finances. Nous attendons qu’elle statue là-dessus et qu’elle nous en informe. 

Le fonctionnement actuel de l’assemblée vous rassure t-il ? 

Nous sommes dans des locaux inappropriés pour une assemblée. Nous avons trouvé le Palais du peuple dans un état de délabrement total. Nous sommes installés dans des conditions inacceptables : nous avons des problèmes de toilette dans les bureaux comme c’est le cas ici. Je suis obligé de sortir pour allez chercher des toilettes. L’objectif, c’est de trouver le siège d’un parlement à l’image de tous les pays du monde. Le palais du peuple n’est pas approprié puis qu’il s’y tient des mariages et autres spectacles. Nous réfléchissons pour qu’avant la fin de notre mandat qu’on trouve un siège pour le parlement guinéen. 

La Ceni sera-t-elle dans vos projets ? 

Nous allons tout examiner. Pas seulement la céni. Nous allons examiner le code électoral qui regorge beaucoup de faiblesses. Tous les députés seront à cette tâche. Nous tirerons des leçons des élections passées dans l’intérêt du peuple de Guinée. 

Relations opposition-mouvance ? 

Pour le moment nous travaillons dans la cohésion totale. Nous n’avons pas l’intention de faire de cette assemblée une caisse de résonance. Nous partageons tous ce point de vue. Nous ne ferons pas des votes mécaniques. Nous essayerons de débattre  sereinement, argument contre argument pour  l’intérêt de la Guinée. 

Pourquoi la guéguerre persiste t-elle entre Honorable Cellou Dalein Diallo et Bah Oury ? 

Ecoutez ! Elhadj Cellou Dalein Diallo est là. Je crois qu’il a été clair. Il est le Président du parti UFDG. Je peux même vous aider à avoir un rendez-vous avec lui pour mieux vous situer par rapport à votre question. Cependant, l’Ufdg est le parti le mieux implanté sur l’étendue du territoire national. Nous représentons le tiers du parlement guinéen.  Elhadj Cellou fait l’unanimité au sein du parti, ici et à l’étranger. Vous avez vu ce qui s’est passé lors de sa dernière tournée à l’intérieur du pays, notamment au Fouta. Nous sommes entrain de préparer une autre tournée pour la Haute Guinée et la Guinée Forestière. Et nous finirons par la Basse Guinée. 

Comment L’Ufdg prépare t-elle la présidentielle de 2015 eu égard la dissension au sein du parti ? 

Il n’y a pas du tout de querelle au sein du parti. Dissension entre qui et qui ? Le parti c’est d’abord le Président, le conseil politique et le bureau exécutif. Nous sommes le seul parti du pays capable de tenir une assemblée générale hebdomadaire. Toutes les décisions de l’Ufdg se tiennent au niveau du bureau exécutif, du conseil politique. C’est un parti qui fonctionne parfaitement bien. Nous préparons les élections dans la plus grande sérénité. Nous partons à ces élections pour gagner. Je pense que 2015 sera l’année de l’élection d’Elhadj Cellou Dalein Diallo. 

La fièvre Ebola continue de faire des victimes depuis Quelques mois en Guinée. Avez-vous peur ?

Je pense que la mobilisation doit être totale. Il faut multiplier la sensibilisation des populations sur les mesures d’hygiène. En effet, je pense que les médias doivent jouer un rôle fondamental. Dès lors qu’il n’y a ni traitement ni vaccin, c’est la prévention qui va compter. Personne n’est à l’abri. Nous demandons aux citoyens de respecter les consignes : cesser de transporter les corps, cesser de manger les animaux de la brousse, se laver complètement la main avant de manger et aller à l’hôpital dès l’apparition du premier signe. Nous avons été très ému de savoir que certains malades  de la clinique chinoise ont été guéris. Il faut saluer l’effort du gouvernement. L’action citoyenne doit prévaloir, parce que ce n’est pas un problème politique mais plutôt un problème national. 

A vos yeux, le gouvernement s’en prend-il bien ou pas du tout avec cette maladie ? 

Ça dépend du résultat qu’on va obtenir. Nous avons interpellé le gouvernement en dénonçant le concert de l’artiste sénégalais Youssou N’dour qu’il a été obligé de l’ajourner. Cela avait fait un tollé dans la cité. Nous avons estimé qu’au cours de ce concert, c’est des milieux de personnes qui allaient se retrouver. Donc, la sueur et le contact humain allaient vraiment créer des problèmes. Il faut saluer tous les partenaires au développement, l’OMS et tous ceux qui nous soutiennent et qui investissent beaucoup d’argent pour éviter la propagation de ce virus maudit qui tue à 90 %. Il faut aussi saluer l’effort du ministère guinéen de la santé. Il faut également louer l’effort des pharmaciens. A 48 heures des déclarations annonçant la présence de la maladie, les pharmaciens grossistes ont donné beaucoup médicaments : les hypochlorites, les antiseptiques  au ministère. Les pharmacies ont accepté de diminuer le prix de certains médicaments pour soutenir la lutte contre cette fièvre hémorragique.

Certains pays comme le Sénégal ont fermé leurs frontières avec la Guinée.  Cette attitude prête à confusion. Qu’en dites-vous ? 

Il ne faut pas dramatiser ça. Placé dans les mêmes conditions, la Guinée aurait pris les mêmes dispositions pour éviter la propagation de la maladie sur son territoire. Cela n’affecte en rien nos relations avec le Sénégal. Il faudrait plutôt qu’on explique à la population, la même manière qu’on refuse de transporter le corps d’un point A à un point B, c’est mieux de faire très attention. Je pense que le Sénégal a pris des dispositions pour éviter la propagation de la fièvre. Il ne faut pas oublier qu’il y a des milliers de guinéens qui vivent au Sénégal qui est un pays frère. Quand il y a des épidémies de cette envergure cela se fait partout dans le monde. C’est comme si vous mettez dans une bassine d’eau, l’eau de javel et vous demandez à tous ceux qui arrivent chez vous de laver leurs mains. Ça ne veut pas dire que vous les méprisez, non pas du tout, c’est juste un moyen de prévention. La décision de l’Arabie Saoudite s’inscrit dans la même logique. Je souhaite qu’on puisse maîtriser rapidement cette fièvre pour qu’on sorte de cette situation aux conséquences énormes. Il faut qu’on maintienne nos relations avec nos voisins. Ce n’est pas la fin du monde car ce n’est pas la première fois qu’on ferme les frontières. Ce n’est pas eux qui nous ont donné le virus ébola. Il était nécessaire qu’on puisse circonscrire la maladie afin de la combattre. Pour ce faire, il faut donner la  priorité à la communication. Il faut que la RTG arrête la « Mamaya », cesse de jouer la musique les samedi soirs, passe les médecins pour communiquer sur cette maladie. 

Entretien réalisé par Moussa Diawara

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