Politique

Le Haut Commandement de la Gendarmerie : une machine à tuer ?

La Coordination des Organisations de Défense des Droits Humains (CODDH) a dans une déclaration dit que le haut commandement de la gendarmerie nationale, direction de la justice militaire est devenu une machine à tuer. C’était lors d’une conférence de presse qu’elle a organisé ce mardi à la maison commune des journalistes à Coléah.

C’est avant tout, Souleymane Bah, président du CODDH qui a dit que les officiers de police judiciaire (police ou gendarmerie) sont chargés de rechercher les infractions, d’en rechercher les preuves, de rechercher les auteurs en vue de les traduire devant les juridictions compétentes.

« En dépit de tous ses instruments, le haut commandement de la gendarmerie, direction de la justice militaire, chargé en principe au respect de ses normes et principes commet de graves violations des droits de l’homme en toute impunité », dit-il.  Au nombre de ses violations, il a cité entre autres les arrestations et détentions arbitraires ; La pratique courante de la torture ; Des atteintes graves à l’intégrité physique ; L’homicide, …

Pour illustrer ces propos, Mamadou Cellou Bah, secretaire exécutif du CODDH note les cas de violations qui ont été enregistrés récemment dans les préfectures et villes de Fria, Kankan et Conakry.  

Pour le cas de Fria, M. Bah précise en ses termes, « Suie à la bastonnade à mort du jeune El Hadj Tafsir SYLLA soupçonné de consommation illicite de chanvre indien, le mercredi 26 février 2014 sous instruction de la gendarmerie, des jeunes gens en colère ont prit à parti les locaux de la gendarmerie, de la prison civile, les bureaux de l’administration (Conseil Préfectoral des Organisations de la Société Civile, Eaux et Forêts, CEPI) pour protester ce qu’il convient d’appeler la dérive meurtrière de la gendarmerie. Dans le cadre de la répression de ses actes de pillages et de vandalismes, plusieurs violations des droits de l’homme ont été enregistrées, notamment la bastonnade à mort du jeune El hadj Tafsir SYLL ; Des atteintes graves à l’intégrité physique à l’occasion de la répression ; De l’arrestation et de la détention de deux responsables locaux en lieu et place de leurs enfants qui seraient présumés auteurs des actes de vandalismes et de pillages ; La détention prolongée et sans inculpation dans un camp militaire de six (6) personnes ».

En ce qui concerne les violations des droits de l’Homme commises dans la région de Kankan, le secretaire administratif du CODDH dénonce ce qu’il appelleune affaire de mort sous la torture qui débouche sur une émeute urbaine dans la région en décembre 2013. Pour le cas de Conakry, il évoque la mort d’une personne poignardée par un gendarme à lambanyi et ‘’l’affaire Tomboliya’’.                                                                                  

Au regard de toutes ces violations affirme le CODDH, aucune mesure active ou judiciaire n’a été entreprise par les autorités compétentes. Ce qui traduit la survivance du règne de l’impunité en Guinée qui est due à un manque de volonté politique.  

Après avoir dénoncé un règne de l’impunité à tous les niveaux de la vie des guinéens, le CODDH recommande de relever de ses fonctions tout agent des forces de défense et de sécurité soupçonné de torture et autres mauvais traitements, jusqu’à ce que les allégations le concernant puissent faire l’objet d’une enquête indépendante et impartiale.

Effectuer des enquêtes, impartiales et indépendantes, dans un délai raisonnable, dans tous les cas d’allégations de torture ou autres mauvais traitements ; traduire en justice tous les auteurs et responsables présumés de ces actes conformément aux normes internationales d’équité et sans recourir à la peine de mort et soutenir les victimes et leurs familles dans leurs démarches judiciaires en garantissant leur sécurité et celle de leurs avocats.    

Mamadou Oury Bah

bmamadououry80@gmail.com; 660 70 33 25 

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