Chroniques

Plume à Aboubacar Diallo du 09 Avril 2014.

On attendait de lui un acte fort, une décision à même de mettre du baume au cœur de ceux qu’il gouverne et qui ont été offusqués par les révélations de soupçons de détournement au ministère des TP, mais au lieu de poser ce geste qui sauve plus sa personne, Alpha Condé a plutôt commis un autre pas de clerc.
A nouveau, un autre acte du professeur président, un autre acte comme une ribambelle d’autres, qui vous saisit de répulsion et de révolte intérieure. Oui, je vous fiche mon billet qu’au choc violent de l’injustice criarde qui vous assomme en plein cœur à l’énoncé du décret de restructuration du ministère des travaux publics, vous ne pouvez que ressentir du dégoût et de la déception. Voici 48 heures que j’en reste interdit et baba, le regard hagard, perdu dans l’infini océan d’injustice, de traitement deux poids deux mesures, de la poussée de l’ethno stratégie dans mon pays, la Guinée. On attendait mieux d’Alpha Condé, quand on le portait au pavois de notre nation en 2010. On attendait de lui qu’il eût été et qu’il soit un régulateur de conscience, de bonne conscience, un redresseur de torts, un apôtre et un chantre du combat contre les antivaleurs qui ont toujours eu raison de ce pays, mais bon sang de Dieu, pas un objecteur de bonnes pratiques. Permettez que je crie mon indignation. Aussi hallucinant que cela puisse paraître, dans le cas d’espèce, il est à peine croyable que celui qui du temps où il était un irréductible opposant et troublait le sommeil de feu Général Lansana Conté, et lui taillait des costards à mesure de la profusion de scandales financiers, il est à peine croyable que c’est le même qui se coltine aujourd’hui, que dis-je, qui se montre on ne peut plus complaisant voire complice s’agissant de crimes de l’acabit du scandale aux TP. Monsieur le président, au vu des dénonciations et révélations abondamment faites sur ce supposé scandale de détournement de deniers publics, alors que l’OREDEF a ouvert une enquête pour situer les responsabilités et les niveaux d’implication des uns et des autres, alors qu’une plainte d’un collectif d’ONG est pendante devant une juridiction de la place, alors que l’opinion attend que la vérité éclate dans ce dossier, comment avez-vous trouvé moyen de succomber aux propositions de restructuration de la république pourrie des TP, tenue des mains impropres de celui qui semble être le cerveau du crime ? Comment vous vous êtes vous laisser piéger ? Avez-vous céder aux sirènes populistes et pressions aigre-douce de votre parti ? Bon sang de Dieu, comment avez-vous fait ? Vous seul savez ce qui sous-tend votre démarche. Mais ce qui crève les yeux, c’est bien ce deux poids deux mesures avec lequel vous avez traité les deux protagonistes du scandale en question. Pourtant, on attendait de vous tout à fait autre chose. On attendait de vous à défaut de reconnaitre le courage et la bravoure de l’un, que si sanction il devait y avoir, qu’au moins tous les deux soit dégommés, mais que l’un soit contre toute attente aussi porté au pinacle, renforcé dans sa position à causer plus de dégâts, à chiffonner plus nos maigres ressources censées sauver nos infrastructures routières de la lente et insidieuse décrépitude qui les ronge et que l’autre soit aussi descendu de son piédestal, alors que sa culpabilité n’est point établie ? Sommes-nous dans quelle République où il n’y a de justice que pour les militants et sympathisants ? Au vu de ce qui nous a été montré depuis trois ans, on ne peut qu’en rester à deux ronds à flan. Dommage pour un changement qui bave et qui bégaie !!!

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