Politique

Quand Ebola impacte le trafic pour la région forestière. (2)

 

Depuis l’annonce de la fièvre Ebola en Guinée, le transport est paralysé vers la région forestière. Ils sont rares les passagers qui quittent la forêt pour la Capitale. Le contraire est quasiment impossible.

Maitre Teli Mitty pratique le transport Conakry-Nzérékoré depuis 1977, mais la situation actuelle le préoccupe : « Depuis 35 ans je suis sur cette route. Mais ça ne va pas du tout. Le mouvement a chuté. D’abord pour obtenir ton tour, il faut patienter un mois.

Ton tour arrive, tu charges pendant dix jours mais depuis l’annonce de cette maladie c’est pire » se lamente t-il.

La peur a dominé les esprits : « les gens ne vont plus en forêt de peur d’être contaminés ». Avant souligne ce chauffeur, les transporteurs étaient confrontés à d’autres difficultés : « Entre Mamou, Faranah, Guéckedou, Kissidougou chaque nuit, un chauffeur se faisait attaquer par les coupeurs de route».  Solidarité oblige. Les  quelques rares chauffeurs qui rentrent de voyage doivent partager de l’argent à ceux qui sont restés sur place avant de faire face à l’entretien de leurs véhicules et à leur propre famille.

Abdoulaye Barry lui est sur la ligne de Guéckédou : « Nous transportons généralement les commerçants. Mais depuis l’annonce de cette maladie, si nous transportons les commerçants, ils ne retournent plus. Nous attendons des journées personne n’ose repartir ». Barry ne comprend pas la peur qui hante les esprits des gens : « pourtant la ville est pleine. Le marché est plein. Les gens vont à l’hôpital et reviennent ».

Mamadou Adama Diallo est sur la ligne de Macenta : « Depuis trois jours je devrais repartir mais pas de passagers. Les gens ont peur. On a appris l’existence de cette maladie. Dieu merci je n’ai même pas vu une personne atteinte par Ebola. » Quand il rentre de voyage, la méfiance est grande même dans les rangs des transporteurs : « on nous regarde comme des extra-terrestres. Les  n’acceptent même pas de nous saluer». Si les recettes sont épuisées les transporteurs ont un plan : « Nous tendons la main aux autres qui reviennent fraichement. Nous avons des familles, il faut payer la location».

Ibrahima Oularé syndicat relativise : « Au début, les gens étaient paniqués. Le trafic  a baissé de 70%. Mais le rythme recommence petit à petit. La semaine dernière cinq bus sont partis ». Oularé ne nie pas l’existence de la maladie mais un  doute plane : « les autorités au plus haut niveau ont dit que la maladie existe je ne peux pas dire le contraire, mais nos parents qui sont au village n’admettent pas ça »

Mamadou Sadio Baldé

 

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