Chroniques

Plume à Aboubacar Diallo du 15 Avril 2014.

Un nouveau palier de franchi dans la querelle de leadership à l’UFDG, le pied de nez ce week-end en France, du subalterne hiérarchique au capitaine à bord, est symptomatique du climat exécrable qui règne au sein du principal parti de l’opposition guinéenne. Du pain bénit pour le parti au pouvoir dans la perspective d’échéance cruciale comme la présidentielle de 2015.

Tant va la cruche à l’eau qu’elle finira par se briser ! Point n’est exagéré de dire qu’à l’UFDG, le spectre d’une scission se fait précis. La longue et lancinante guerre fratricide entre les meilleurs frères ennemis, se fait troublante, spectaculaire et dévoreuse des fondements même du parti. Oui à l’UFDG, on fait bon gré contre mauvaise haleine, on tente de sauver le décorum, avec un tantinet un air goguenard trompeur sur les agissements du trublion, mais il est que c’est une vérité qui tombe sous les sens, que le parti pique du nez, brinquebale, titube, gagné par le doute et l’incertitude à dose homéopathique pour le moment certes. Mais à cette allure bougrement endiablée de confrontation de logiques et de visions, où le fossé se fait abyssal entre les deux protagonistes, à cette allure d’un antagonisme à toute vapeur et débridé, il y a de quoi s’autoriser quelques conjectures sur l’avenir immédiat du parti à l’aune des échéances à grands enjeux qui se profilent. Puisque l’adage enseigne qu’il n’y a jamais deux capitaines à bord d’un même bateau, il est à se demander jusqu’où iront les deux têtes pensantes du parti qui se déchirent à pleines dents au grand bonheur du camp d’en face qui s’en pourlèche les babines ? A coup sûr il en restera forcément un seul au bout du rouleau de ce mano à mano à deux pour un, mais à quel prix ? Là est la question ! En attendant, il est à dire que c’est Bah Oury, puisque c’est de lui qu’il s’agit, qui ne rend pas service, que dis-je, qui est comme tenté de commettre un infanticide. Tuer le bébé qui est né entre ses mains. Devenu inexorablement inconsolable, pour s’être senti abandonné à son triste sort de diable d’exilé au cou duquel pend une condamnation, l’homme est apparemment bien décidé de mettre les pieds dans la fourmilière quitte à ses risques et périls. Le casse-cou n’en demande pas plus, lui qui adore les situations conflictuelles. Mais en agissant à sa tête, mesure t-il seulement tout le mal qu’il fait à lui-même et à tout un parti qu’il a aidé à bâtir de chaux et de sable ? A quoi ça rime que de se mettre dans une posture dangereusement démolisseuse en se cabrant systématiquement et en regimbant contre l’autorité établie de celui auquel les textes reconnaissent légalité et légitimité jusqu’à nouvel ordre ? Il n’y a de gloire à tirer d’une telle balourdise politique que pour ceux qui sont aveuglés par le désir maléfique de commettre le mal, possédés par le démon. Autrement, il suffit d’une once de bon sens, de raison, pour se ressaisir et arrêter de ruer dans les brancards, la rossarde de comédie commence à le faire. Mais tant qu’elle durera, le camp d’en face ne boudera point son plaisir, prêt à tirer ses marrons de l’escarbille qui s’échappe de la maison de l’adversaire politique le plus à perturber son sommeil. Mais si le spectacle Outre-mer du week-end écoulé, doit se reproduire ailleurs, jusqu’à un prochain congrès, en ce moment il est à craindre qu’il y ait feu au lac. Jusqu’à quand l’élégant capitaine qui tient le gouvernail UFDG continuera t-il à avoir le dos large ? Les échéances elles n’attendent point, celle de tous les enjeux, c’est dans moins de 600 jours, c’est demain, le camp d’en face se goberge et se délecte…

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