Interview

Grande Interview: ‘’J’ai besoin d’une chambre qui regroupe toutes les corporations concernées afin de relever le défi immense …’’, dixit Cheick Fantamady Camara

Cheick Fantamady Camara, secretaire générale de la chambre du commerce, de l’industrie et de l’artisanat de Guinée a dans cet entretien parlé de l’élection de la chambre du commerce. Sans langue de bois, il nous explique entre autres les problèmes de l’annulation de l’élection du bureau communal de Kaloum, les guéguerres entre les candidats, l’importance de la chambre du commerce, lisez…. 

 

Mosaiqueguinee.com : Depuis un certain temps, votre structure a enclenché le processus de renouvellement de ses structures, dites où en sommes nous ? 

Cheick Fanatamady Camara : Comme vous venez de le dire, nous avons commencé l’élection de la chambre du commerce, de l’industrie et de l’artisanat de Guinée. Cette élection a trois niveaux dont les niveaux préfectoral et communal, régional et national.  Au mois de mars dernier, on a tenu l’élection des bureaux préfectoraux et communaux et 37 sur 38 bureaux ont été installés. Exception faite pour la Commune de Kaloum où l’élection n’a pas été validée par le comité national de supervision. 

Comment avez-vous invalidé ce bureau de Kaloum ? 

Certaines imperfections constatées au niveau de la liste électorale de cette commune, nous sommes obligés d’invalider cette élection et de tenter de la reprendre. Les gens ont été recensés n’importe comment. Ensuite, sur plus de 400 électeurs, seulement moins de 10% étaient règle. Nous avons constaté que le règlement intérieur n’a pas été respecté et je ne pense pas que ce soit la première fois qu’une élection ait été annulée. Donc, au lieu d’un vote économique, le vote était devenu un vote populaire. Cette fois –ci, nous nous sommes dit qu’il faut avoir les papiers de Kaloum pour être électeur ou éligible à Kaloum. Et cela, pour faire en sorte que les bureaux qui seront installés puissent être les représentants de toutes les corporations (commerce, industrie, artisanat, institution financière…). On n’a repris la liste électorale et cela se fera la semaine prochaine.

Vous savez qu’il y a trois commissions de supervision, notamment au niveau communal et préfectoral, au niveau régional et au niveau national. Et s’il y a des dysfonctionnements dans un bureau préfectoral ou régional, c’est au comité de supervision communal ou régional de remonter la plainte et le PV du bureau de vote au comité national. Le comité national examinera ainsi la plainte et faire des propositions au ministre sur la validation ou non du PV. C’est ce qui a été le cas de Kaloum. Sur proposition de la commission, le ministre du commerce a invalidé le vote de Kaloum. 

 Il y a deux camps qui prétendent chacun de  diriger le bureau de Kaloum. Le premier, celui de la dame qui avait d’ailleurs remporté le scrutin affirme que le vote a été annulé parce que ce n’est pas le candidat favorable au pouvoir qui a vaincu. Quelle analyse faites-vous de cela ? 

Je pense qu’il y a toujours un gagnant et un perdant dans une élection. Chacun est libre de donner son point de vue, mais, je ne me reproche de rien. ‘’Ne se mouche que celui qui se sens morveux’’, je ne rentre pas dans les détails. Ce qui est important, c’est le rôle qu’incombe la chambre sur le plan national et international. Ce n’est pas un problème de personne qui est chez moi, mais un problème de principe et d’opérationnalisation. J’ai besoin d’une chambre qui regroupe toutes les corporations concernées afin de relever le défi immense. Tel candidat(e) est du pouvoir et tel ne l’est pas n’a pas d’importance.

La chambre doit être le support incontournable des entreprises, parce qu’elle doit aider le fonctionnement et le développement des entreprises. C’est ce qu’on attend de la chambre. Mais si cela est contre l’intérêt de quelqu’un, c’est son problème. Le fait que certains ont pris cette affaire comme un problème personnel est une erreur. L’essentiel, c’est d’aller de l’avant, se placer dans le sens de la construction. 

Le 13 avril dernier, toutes les 7 régions du pays avaient élues leurs bureaux exception faite pour la région de Conakry, pourquoi ? 

On n’a pas voulu élire le bureau régional de Conakry sans la Commune de Kaloum. On pouvais bien sûre éliminé Kaloum et les 4 autres communes élisent le bureau régional. C’est parce que nous voulons une élection inclusive, transparente en assainissement le fichier électoral. 

Parlant de l’élection du bureau exécutif national, les problèmes commencent déjà à apparaître. Chérif Abdalla crie à la fraude, M. Nabé accuse Sory Doumbouya de chantage. Comment expliquez-vous ces guéguerres en tant que technicien ? 

Je ne me confonds pas aux différents états-majors. Ils sont libres de gérer leurs problèmes entre eux. C’est un problème de positionnement, d’intérêt personnel qui les poussent à faire cela, mais nous, notre préoccupation, c’est l’intérêt national. Vous savez que la Guinée est en retard et il y a le débat public privé qu’on ne peut pas bien animé si le secteur privé est absent de la scène. Si les différents candidats s’entre accusent, cela n’engage qu’eux et cela ne regarde pas souvent la commission nationale de supervision. 

Quel appel avez-vous à lancer au peuple de Guinée en général et aux opérateurs économiques en particulier ?   

Il est temps d’avoir une chambre nationale du commerce, d’industrie et d’artisanat vue son importance. Si cela est fait, le problème d’emplois sera résolu. Il y aura des critères en amont et en aval pour booster les entrepreneurs et c’est ce qui donnera la chance à la création de l’emploi. Si nous regardons aujourd’hui le nombre de jeunes diplômés sans emplois, on doit beaucoup s’appuyer sur le secteur privé qui est générateur d’emplois. Et c’est la chambre du commerce qui est le porte flambeau de ce secteur privé. Il y aussi le fait que sur plusieurs aides, les partenaires ne veulent pas traités directement avec l’Etat, ils veulent associés le secteur privé. Mais si ce secteur n’est pas bien représenté, il y a  un retard et cela ne profite pas à la Guinée.   

Je demande à tout le monde de mettre la balle à terre, sans rentrer dans la querelle de personnes. Mais de voir le rôle de l’institution dans le débat public privé afin de pouvoir sortir la tête de l’eau. 

Réalisée par Mamadou Oury Bah

bmamadououry80@gmail.com

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