Politique

Incendie criminel : ‘’ j’ai tout perdu’’ dixit Alsény Diallo.

Le drame a pour origine le vol des pièces de voitures. S’en suit une plainte. La personne incriminée meurt. Des inconnus viennent incendier la concession du plaignant.
Bonjour Monsieur Alseny Diallo, vous dites avoir subi un incendie criminel. C’est quoi l’origine de ce problème ?
 Le 1er avril j’ai constaté que j’ai été victime de vol. A côté de ma maison, il y a un parc payant. C’est là que je gare le surplus de mes voitures. J’avais quatre véhicules qui étaient garés dans ce parc. Le 1er avril je suis allé prendre un des véhicules. J’ai constaté que des pièces manquaient. Instinctivement j’ai regardé les autres véhicules, j’ai trouvé que sur toutes les voitures, il manque les mêmes types de pièces et le même nombre de pièces. J’ai dit que ce n’est plus un vol plutôt une foutaise et je vais porter plainte.

Vous avez portez plainte contre qui ?

J’ai rédigé la plainte et j’ai déposé le 03 avril à l’escadron mobile numéro 17 contre Monsieur Soumaoro, le gérant du parc pour vol de pièces dans son parc. Je ne l’ai pas indexé comme étant le voleur. J’ai dit que j’ai été volé dans son parc.  Le 05, il a été convoqué. On l’a entendu, il dit qu’il n’est pas seul dans le parc. Et les gendarmes ont demandé à ce qu’il vienne avec ses collègues. Le lendemain il est revenu ; les gendarmes lui ont dit de revenir avec ses collègues. Je suis resté jusqu’au 12 je n’ai pas eu de nouvelles. J’ai appelé la gendarmerie. Elle m’a dit que depuis qu’il est reparti il n’est plus revenu. Le 14 du mois, les gendarmes m’ont appelé pour me dire que le monsieur est dans leurs locaux pour une audition. Je dois m’attendre à une convocation pour une confrontation. J’ai appelé le soir pour savoir si je pouvais passer le matin avant de sortir. Ils m’ont dit non que l’interrogation n’est pas terminée et que le monsieur disait qu’il était malade, il cherchait un parent pour venir prendre la garantie pour lui permettre d’aller se soigner. Ce monsieur disait avoir un frère commandant de l’armée et qu’il a oublié son numéro de téléphone. On lui a dit de rester surplace jusqu’à ce qu’il se rappelle du numéro de son grand frère. Le soir sa femme lui a apporté un repas et du médicament. Il a mangé. Il a regardé la télé avec les gendarmes puis qu’il n’était pas enfermé. Jusqu’à ce qu’il s’en dorme. Le 16 avril  à 7 heures, la gendarmerie m’a appelé pour me dire que le monsieur a demandé les clefs de  la toilette  et il est tombé là-bas. Moins d’une heure après, la clinique a demandé à ce qu’on l’envoie dans un centre hospitalier qu’il se dirige vers IGNAS DEEN. La journée j’ai appelé ; on m’a dit que le monsieur est décédé. Ils sont entrain de faire les démarches au niveau de leur hiérarchie pour pouvoir annoncer  la nouvelle à la famille de la victime. J’étais absent de Conakry. Le soir j’ai appelé, ils m’ont dit  que la victime sera enterrée le lendemain si je pouvais faire quelque chose. J’ai appelé un ami, il a déposé du riz et de l’argent. Plus tard la gendarmerie m’a appelé pour me dire ‘’n’allez pas vers chez vous on a entendu des bruits. Ne passez pas la nuit chez vous si vous rentrez à Conakry’’. J’ai appelé ma femme pour lui dire de prendre les enfants et quitter les lieux.  Ma femme me dit qu’il n’y a rien et qu’elle bavarde avec tout le monde dans atmosphère est détendu. Un ami est venu chez moi au moment où il quittait, il a constaté qu’on avait commencé à jeter des pierres chez moi. Il a dit à madame de partir, elle a refusé. Il a pris les enfants, il est parti avec eux.  Le lendemain, à 6 heures, on m’appelle pour me dire que gens sont chez mois avec de l’essence, ils s’apprêtent à brûler ma concession. J’appelle la gendarmerie. Elle dépêche trois pickups. Arrivés à quelques mètres de chez mois imam Sacko, le chef secteur et le chef de quartier leur ont dit de replier pour ne pas envenimer la situation. ‘’Retournez à votre base, si on a besoin de vous on va vous rappeler’’. 

Par la suite qu’est  ce qui s’est passé ?

Aussitôt la gendarmerie repartie, ils ont brûlé la maison. Des amis ont fait venir des sapeurs pompiers, ils ont empêché le travail de ceux –ci.  J’ai appelé les gendarmes pour une deuxième fois, ils sont revenus, les assaillants les ont repoussé. Sous les yeux de cet imam du chef secteur et chef quartier. Ils ont laissé la concession consumée.

Globalement il y avait quoi à l’intérieur ?

Trois bâtiments ont consumé ; quatre voitures. Ils ont arraché les portes et les fenêtres, ils ont emporté tout ce qui était là. Même un morceau de papier ils n’ont pas laissé. Vers 17 heures ils sont revenus casser les murs pour récupérer les fers à béton qui supportaient la maison. Même les carreaux, ils ont arraché. Aujourd’hui même une tenue de rechange pour mes enfants, je n’ai pas.

Et la femme, comment a-t-elle pu s’échapper ?

Elle s’est enfuie, elle ne pouvait pas aller très loin. Elle est rentrée dans une maison. C’est vers 17 heures qu’on a pu la sortir pour qu’elle soit mise en sécurité. C’est comme ça. Depuis le 1er avril moi je n’ai pas vu le monsieur là. Jusque là l’Etat ne s’est pas impliqué. Ni le maire ni le gouverneur, on n’a pas non plus vu un ministre ou un membre du gouvernement. Aucune autorité ne m’a contacté ou venir constater les dégâts. Donc c’est un problème franchement je ne sais pas.

Qu’allez-vous faire maintenant ?

Je suis républicain, je suis légaliste. Je vais utiliser les voies que l’Etat me donne. Une fois que ces voies de recours sont terminées, et qu’il n y a pas de résultats j’utiliserai d’autres recours. De toutes les façons j’en ai suffisamment mais pour le moment, je suis légaliste je suis les règles édictées par l’Etat pour tous ses citoyens. Pour le moment je n’airai pas au-delà.

Mamadou Sadio Baldé

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