Chroniques

PlumePlume à Aboubacar Diallo du 21 Avril 2014. à Aboubacar Diallo du 21 Avril 2014.

Leur pêché, avoir osé exiger le respect de leurs droits suite à leur licenciement pour motifs économiques dit-on, d’une société minière. Il n’en fallait pas plus pour qu’une colonne d’agents des services dits de sécurité, leur tombent dessus drus, tels des moineaux sur un morceau d’Avoine.

Avec un zèle de missionnaires, que dis-je d’exterminators, la hargne au cœur, ployant sous le charge de l’instrumentalisation, ils ont fait irruption dans la petite localité minière de Léro, aussi abominable qu’incompréhensible cela soit, ils ont eu une main de poigne et d’enfer, en terrorisant et suppliciant leurs propres frères et sœurs. Bon sang de Dieu ! La Guinée, pays de tous les paradoxes ! Qu’ont-ils fait pour être humiliés et châtiés avec autant de cruauté ? L’amertume de ma plume est à la hauteur des avanies infligées à eux, mes frères en pleines vapes, congédiés sans autre forme de commisération d’une société minière tenue par ces sans-cœurs de russes qui se croient tout permis sur un territoire destiné à leur façonnage. Oui, ils ont roue libre d’en faire à leurs têtes, de disposer de nous et de nos ressources à satiété, de sang d’ancre, ils n’en ont guère à se faire. Oui face à un Etat-roseau, un Etat complaisant, il ne peut en être autrement. Pour qu’ils en viennent à se cabrer et à se regimber, mes 246 frères victimes de la roublardise et de la rudesse des russes, ont bien avant fait montre de souplesse, de patience, en épuisant toutes les recettes de négociations, rien n’y fait ! Les portugaises ensablées de mégalomanie, les poumons refoulant de l’inhumanité, la comprenette dure, ils n’entendront jamais raison. Mais ils oublient que les temps ont changé, les hommes aussi. Le temps du bagne et du servage est à mille lieux de nous. Ils oublient que tout travail est désormais sous la gouverne d’une législation qui s’impose à tous. Alors est-ce un crime que d’exiger que celle-ci soit observée à son égard après s’être vu contraint au départ ? Dans quel pays sommes-nous où on subit à Pâques et à la Trinité des géants de l’industrie de l’argent ? Dans quel pays sommes-nous où l’Etat a capitulé devant les multinationales libres d’agir comme elles veulent ? Je dis à cet Etat qu’il a laissé pourrir une situation qui était loin d’être hors de portée. Que n’ont-ils pas fait, ces nouvelles gueules cassées de l’ignominie russe, quelle tribulation judiciaire, pour entrer dans leurs bourres ? Oui, jetées à la rue comme des kleenex, abandonnés à leur miséreux sort par celui qui est censé les protéger de l’injustice, leur propre Etat en l’occurrence, ne sachant à quel vent se laisser balancer ni dans quel giron aller pleurer son désarroi, les nerfs à la rupture, ils semblaient n’avoir de choix que celui de la protestation. Mais ils le regretteront pour toujours suite à la chape de plomb qui s’est abattue sur eux tout le week-end durant. Sans discernement, aveuglés par la folie de commettre le mal, de pressuriser les siens, ceux qui sont chargés de leur sécurité, leur ont fait boire le calice jusqu’à la lie, en les pourchassant, les arrêtant, et les maltraitant. Bon sang de Dieu ! La Guinée, pays de tous les paradoxes. On leur prend leurs mines, on les renvoie comme des pestiférés, et on leur administre une correctionnelle à la matraque et au bois vert, sous un feu roulant de tirs des plus effroyables, damnés de la terre, bien plus malheureux que vous, il n’y en a pas…j’entends du tréfonds de moi leurs cris de détresse !

Commentaires

commentaires

Ajouter un commentaire

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

To Top