Chroniques

Plume à Aboubacar Diallo du 10 Novembre 2014

Un mois d’anniversaire assombri, et déjà que l’esprit n’était pas à la fête, Ebolavirus oblige, l’Armée guinéenne voit rouge comme une écrivisse. Par des agissements qui relèvent d’une autre époque, de brebis galeuses, elle a vu en l’espace de 48 heures, son image d’une armée réformée, d’une armée disciplinée plus que jamais, s’écrouler comme un château de cartes.

La Grande muette, cette eau dormante, a ceci de singulier habituellement, comme le laisse penser son nom au figuré, d’être ce temple de la parole discrète, ce temple de la parole rare, ce fanum à la tranquillité de Baptiste. Oui, la grande muette, la nôtre, c’est bien cette vaillante à la notoriété établie, au palmarès des plus élogieux pour avoir aidé à la libération de quantité de pays du continent-repaire des damnés de la terre, mais la grande muette, la nôtre, c’est aussi 26 années de feu Général Lansana Conté, 26 années de retard, 26 années de déconstruction, 26 années pour des nèfles, c’est aussi la douloureuse parenthèse de chape de plomb de Dadis, un an de mégalomanie, un an de turpitudes de tout acabit, c’est enfin l’épisode chaotique du fossoyeur sur un plan économique, mais à ne point oublier, c’est tout aussi l’épisode de l’aube nouvelle de la démocratisation tant voulue, tant souhaitée, rendu possible par le taiseux Général, désormais patron de la force africaine en attente. L’Armée guinéenne, c’est tout cela, c’est toute cette mixture, tout ce patchwork de behaviourismes ragoûtants et rétrogrades, mais aussi de hauts faits d’armes à inscrire en lettres de marbres. L’Armée guinéenne, c’est tout cela jusqu’aux réformes remèdes de cheval qu’on a voulus lui administrer pour la remettre en selle au sortir d’une période de toutes les bévues, de toutes les ignominies et de tous les excès. On croyait à un remède panacée, on croyait, tel qu’on nous le chante et vante, on croyait cette époque où les bidasses pavant les rues, la gâchette facile, la main baladeuse, l’épiderme sensible, l’outrecuidance débordante, on croyait cette sombre époque derrière, c’était compter sans savoir que contrairement à ce qu’on tintinnabule, il y a loin de la coupe aux lèvres. Il y a loin de troupes et surtout d’officiers supérieurs à la discipline consommée. Oui, finalement, on s’en rend compte, c’est une réforme, une RSS qui laisse à désirer, une RSS qui bégaie, qui bafouille, sinon dites-moi comment un homme de la race de Mohamed Lamine Diarra a pu réintégrer le corps alors qu’on sait de science certaine qu’il est une tête de linotte au passé obscur, doublée d’une brute primitive dans l’âme, dites-moi comment s’est-il retrouvé à la tête d’une unité d’élite tel que le BATA, creuset où sont sélectionnés au trébuchet les éléments de la garde prétorienne. Si vous vous l’expliquez, moi non. Il n’y a que le mot complaisance pour comprendre une telle incongruité. Que celui dont on dit que c’est lui qui assena une giroflée à cinq feuilles à l’époque au Général des troupes déchaînées, se rende coupable de coups administrés à un petit juge, oui juste pour ironiser, il n’y a rien de surprenant. Allez savoir comment cet officier de la pire espèce qui a osé venir attaquer jusque dans son antre toute une institution, le judiciaire, par quelle bravache mène-t-il ses troupes ? Je fulmine de rage de savoir que c’est une sanction aussi infinitésimale qu’on lui a infligée, c’est insuffisant, c’est un insignifiant. Oui, cet officier et ses deux complices méritaient une punition mémorable, une correction exemplaire, signal fort à l’endroit d’autres Diarra qui sommeillent en d’autres bidasses et à même de mettre un baume au cœur du corps de la magistrature, mais cela n’en a pas été, c’est navrant, c’est choquant. Quid de ces troufions trublions venant de singulières et mystérieuses forces spéciales sorties des entrailles de Sékoutoureya, venus camper devant chez Sidya en quête d’un déserteur visiteur encombrant et indésirable qui s’y est introduit comme dans un moulin, qu’avaient-ils y à faire ? Que Maître Abdoul Kabèlè en vienne à demander à l’ancien PM-opposant de faire sortir le visiteur indésiré, au lieu d’agir comme cela s’impose en pareilles circonstances, et que par la suite, il parle de fable, c’est une capitulation, c’est une démission, je dis non Maître, non vous avez tout faux, ce n’est pas de la science-fiction, assumez et répondez aux interrogations, on ne vous demande que ça !

 

 

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