Chroniques

Plume à Aboubacar Diallo du 11 Novembre 2014

Et le Sénégal qui se plie aux oukases de l’organisation sous-régionale, la CEDEAO et qui se montre enfin un tantinet condescendant vis-à-vis des voisins qu’il avait pariarisés. Mais une décision qui ne réjouit pas si grandement, tant la plaie du mal de l’inimitié manifeste exercée à l’encontre de ces derniers, reste béante.

Espace aérien rouvert à nous pays et peuplades pestiférés, oui le Sénégal s’y résout enfin au prix de gymnastique diplomatique des plus surréalistes, le Sénégal se résout à franchir ce premier Rubicon au terme de maquignonnages beaucoup plus inspirés par des enjeux d’un moment dus à un somment grandeur nature qu’il doit accueillir et à cause duquel les yeux du monde seront rivés sur lui. Oui, ce n’est donc pas une aumône que le Sénégal nous fait, ce n’est point un assaut soudain d’une amabilité singulière manifesté à l’endroit de nous pour étancher nos pleurs et nos meurtrissures. Ce n’est point rien de tout. Si tel était le cas, on ne nous aurait pas rouvert une porte en en laissant d’autres fermées. Pourquoi rouvrir seulement l’espace aérien si ce n’est que pour servir ses intérêts égoïstes nés autour d’un rendez-vous dont le pays dit de la Téranga veut tirer meilleur parti. Meilleur parti sur les multiples plans économiques et géostratégiques, mais aussi d’un point de vue Image aux yeux du monde de la francophonie et du reste de la planète terre. Oui le Sénégal avait grand besoin de se sortir du guêpier dans lequel il s’était mis tout seul pas par maladresse ou par inadvertance, mais par intolérance, par méchanceté, par cruauté, par insensibilité, par défaut d’esprit de solidarité, propre à toutes relations de voisinage. Macky, ne sachant plus quoi faire tant il avait heurté ses voisins, tant il les avait froissé dans leur amour-propre, Macky était à l’affût d’une occasion, pour se tirer d’épaisseur, pour se tirer une épine qui se faisait douloureuse de ses pieds. Oui, il était difficile d’imaginer un sommet de l’envergure de celui de la francophonie, dans un pays qui se veut, que dis-je qui se prévaut d’une hospitalité prodigieuse, mais qui a succombé au test de l’épreuve du temps, il était tout de même inimaginable un tel sommet sans la Guinée pour aucun prétexte du monde, pour aucune raison valable du monde, qu’elle soit liée ou pas à un impératif de mettre les siens à l’abri d’un mal qui effarouche la terre entière, l’épidémie d’Ebola en l’occurrence. Le Sénégal ne pouvait le justifier, le Sénégal ne pouvait s’en défendre pour rien au monde. D’autant plus que, au moins deux autres voisins aux pays où sévit Ebola, ont soit laissé leurs frontières, elles toutes ouvertes ou les ont momentanément fermées pour les rouvrir toutes un temps après. Et ces voisins, ont-ils pour autant pris toute la punition, toute la damnation due à cette maladie ? Ont-ils pour autant été envahis, submergés de cas venus, importés depuis l’espace du bec du perroquet de la maladie? Non, je dis non. Le Sénégal, certes, a fini par lâcher du lest, mais il faut qu’il en prenne graine sur la Côte d’Ivoire, mais beaucoup plus sur le Mali. Oui, le Maliba a fait montre de plus que de la solidarité à l’égard de nous pays se débattant contre la malédiction qui s’est abattue sur nos têtes tel un astéroïde. Jamais ce grand pays à la fierté légendaire et à l’hospitalité éprouvée, tirées des sources mêmes du grand Manding intemporel, jamais ce pays nous a sevré de sa magnanimité proverbiale, de sa débonnaireté débordante, mieux, oui c’est dans l’adversité qu’on reconnait ses vrais soutiens, le président IBK est venu jusqu’à nous dans l’antre d’Ebola, pour nous serrer les mains, pour nous témoigner de son amitié et de son affection face à la dure épreuve à laquelle nous sommes confrontés. Ce qui est fait l’est déjà, le mal de l’antipathie est abyssal, ses contrecoups seront ressentis encore pour longtemps. Tant que vous continuerez de nous traiter comme des parias, comme de sacrés indésirables de la terre, tant que vos frontières terrestres et maritimes resteront closes, tant que vous continuerez d’être sans concession, sans condescendance, sans commisération avec nous. Vous nous avez assez heurté, vous nous avez assez choqué, vous nous avez assez humilié pour qu’on oublie tout cela, pour qu’on biffe tout cela d’un trait de gomme…

 

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