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Kindia : les réceptifs hôteliers en souffrance à cause de l’épidémie d’ébola

hotelAprès  la capitale Conakry, la ville de Kindia abrite sans doute les meilleurs hôtels du pays. Ville touristique favorisée par sa proximité avec Conakry, Kindia offre des destinations de charme comme le voile de la mariée ou les chutes des eaux de kilissi, très prisées par de nombreux visiteurs. L’hôtellerie y est très développée et les réceptifs succèdent les uns aux autres, aussi bien en nombre qu’en qualité. Seulement, depuis le déclenchement de l’épidémie de fièvre ébola, ce secteur est touché de plein fouet par la crise qui affecte l’économie guinéenne.
Les patrons de ces réceptifs espéraient arriver à terme de cette période de disette, notamment en raison du slogan  zéro ébola en soixante jours qui était récemment celui de la campagne contre ce qu’on croyait être les derniers foyers de la maladie. Mais ce ne fut que vain espoir car la résurgence de nouveaux foyers dans la ville de Kindia même et dans certaines localités périphériques a fini par décimer les attentes de ces promoteurs hôteliers qui, à l’image de madame Aissatou Barry, gérante principale de l’Hôtel masabi, sont aux abois.
La voix cassée, elle a tenu à expliquer en quoi se limite leur activité, à savoir assurer le juste minimum pour quelques rares clients qui passent par là. Son mal être apparent est relayé par le maitre d’hôtel, Fodé Ibrahima Camara qui souligne que « l’impact d’ébola est un peu plus sérieux  parce que pas de clients, pas de sous », autant on n’a pas de clients, a-t-il renchéri, autant le stock d’aliment que nous achetons pour la restauration ne pouvant excéder deux semaines, est jeté aux chiens. « Heureusement que nous avons un gros chien », finit-il par ironiser.
Les conséquences sont perceptibles sur les principaux hôtels comme Boungalow, Masabi ou l’hôtel Kanya. « Depuis plus de neuf mois, nous dit Monsieur Diallo de l’hôtel Boungalow, seulement le tiers de nos chambres a été régulièrement occupé, les chambres ne trouvent que peu de preneurs ». Et ce sont les travailleurs de ces réceptifs qui en payent le prix. Les salaires réduits de moitié, le personnel licencié ou en chômage technique forcé traduisent l’amertume de la situation.
Pourtant, ce ne sont pas les mesures d’hygiène qui font défaut. Car en dépit des dispositions en vigueur comme le  lavage des mains au chlore ou l’utilisation du thermoflash, certains patrons ont exigé à leurs travailleurs le sacrifice de changer et désinfecter deux fois par jours leurs habits. Mais toutes ces mesures n’auront pas suffit pour atténuer la crainte de la clientèle dont l’essentiel, en ce moment, est constitué d’agents engagés dans la lutte contre l’épidémie d’ébola.
Il y a plus d’une semaine, la mort d’une femme dont les résultats d’analyse ont révélé la maladie à virus ébola et les risqués élevés de contamination au sein du personnel médical et des parents de la victime, est venue assombrir une situation déjà désespérée. Une centaine de contacts ont déjà été recensés.  Ce qui sous entend que l’épidémie vient d’être définitivement relancée  à Kindia.
L’air morose et la mort dans l’âme, les patrons d’hôtels scrutent le ciel et implorent pour une fin rapide de l’épidémie d’ébola. Sauf que pour le moment, leurs prières peinent d’être exaucées. Espérons que l’autre slogan, « Ebola, ça suffit », soit de bonne augure pour éloigner le spectre  de la mort de l’activité hôtelière à Kindia.

Deni Gamy, notre correspondant à Kindia

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