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Bouréma Condé : Le vrai visage de l’homme (Opinion)

Bouréma-CondéC’est lui le fameux Bouréma Condé. Oui, c’est bien lui le nouveau ministre de la décentralisation nommé par le Professeur Alpha Condé, pour remplacer Alassane Condé. Pour quels objectifs?
Ce Général de l’armée guinéenne, connu sous le nom de Takoura bouréma pour ses intimes, est familier des militants du parti au pouvoir, le RPG, notamment ceux de la Haute Guinée. Sous le régime Conté, il avait
promis haut et fort au Général Lansana Conté, à l’époque, de déstabiliser le RPG en Haute Guinée en commençant par la sous-préfecture de Banankoro, dans Kérouané, en passant par Mandiana. Aux yeux de Conté, cette promesse était intenable. Mais comme tout bon chef, il décide de nommer Bouréma Condé d’abord Sous-préfet de Banankoro. Parce que pour
Conté, les soutiens économiques d’Alpha Condé et son
parti viennent de Banankoro, des riches exploitants de diamant. Du coup, après sa nomination comme Sous-préfet de Banankoro, la chasse commence avec les bérets rouges déployés le mois suivant dans Banankoro cent pour cent acquis au RPG. Les populations se retrouvent face à un Sous-préfet millitaire, derrière lui un contingent militaire. La petite localité diamantifère pendant ces années a tout vu, tout vécu: les meetings toujours violés, suivis d’arrestations politiques nocturnes, de transferts à Kissidougou ou à Kankan. Nuitamment. Destination: les casernes millitaires. Les militants ou sympathisants arrêtés sont exposés à des travaux forcés. Homme comme femme, pendant des mois, de nombreux exploitants de diamants quittent Banankoro pour s’installer à Kissidougou afin de mettre les familles à l’abri des violences. Les miniers ne savent plus quoi faire et où aller. Ils acceptent leurs destins en subissant toutes sortes de traitements inhumains; certains pouvaient faire deux semaines de détention dans les centenaires à la Sous-préfecture, pendant 5 bonnes années, de 1997 à 2002.
Mon Général, rappelez-vous de Monsieur Mamady Diawara, Secrétaire politique de la sous-section du RPG à Banankoro. Ce chef de famille de 53 ans, marié à 3 femmes et père de 13 enfants que vous avez déshabillé, le mettant nu devant tout un monde, lors d’un meeting qu’il animait au siège du RPG en 1999. Rappelez-vous encore de Monsieur Ibrahima Sory Condé, le seul et unique professeur de Mathématiques au Collège de Banankoro. Il fut arrêté sous vos ordres par les bérets rouges. Pendant un mois, tous les matins, il recevait 150 coups de fouets. On l’exposait au soleil toute la journée. Deux mois après sa libération, il a rendu l’âme. Conséquence: la Sous-préfecture de Banankoro reste sans professeur de maths pendant plusieurs années. Mon Général, je retiens encore certains de vos propos contre celui qui est devenu aujourd’hui votre patron. Je veux parler du Président Alpha Condé. Sachez que votre nomination a fait pleurer ses pauvres militants du RPG, pour lesquels vous n’avez jamais eu une once de pitié sous le regime Conté. Oui, ces militants sont plus qu’indignés. En vous nommant ministre, je ne peux pas ne pas me souvenir d’un Djélimandjan Dioubaté de Kankan, de Nounfodé de Siguiri, de Fodé wouya wouya de N’zérékoré, dont les familles sont les plus oubliées aujourd’hui par votre pouvoir. Les enfants de ces familles errent avec leurs diplômes en poche sans espoir. Les veuves de ces hommes sont oubliées. Même une simple salutation ne leur parvient pas.
Cher Général Bouréma Condé, alias Takoura Bouréma, alias Bagama Bandjou, nous n’oublions pas ces propos qui disaient en bon Malinké: « alou la bolokolon wo a té ké foyi di yan fougary kamarenba ». Oui des ennemis devenus des amis. Encore plus touchant, vous disiez en parlant de votre patron d’aujourd’hui: « Qui vous a dit qu’il est de BARO? Allez-y à BARO et demandez sa famille ou ses grand-parents. Personne ne vous montrera une trace qui prouve qu’il est de BARO ». Heureusement que le ridicule ne tue pas.
Pourquoi le Général Bouréma, après tous ses propos contre le Président Alpha Condé et ses militants, pendant ces périodes difficiles du RPG, est aujourd’hui encore ministre? Le gouvernement lâche des arguments fantômes. Je reste pessimiste. Je suis convaincu que la vraie raison de la mission de Bouréma Condé n’a pas été dite. Comme le dit un adage anglais: time will tell.
Mon Général Condé, un beau jour s’est levé à Banankoro: le jour de votre départ, Bagama Bandjou. Ce pseudo était plus dicible que votre nom devenu funeste pour la population de Banankoro. Parce que prononcer votre nom au cours d’une causerie pouvait créer des problèmes.
Donc, le surnommé BAGAMA BANDJOU est nommé préfet à MANDIANA, capitale du WASOULON. Son jour de départ donc fut une journée de danse à Banankoro pour marquer la fin d’une dictature militaire.
Quand Mandiana accueille Takoura Bouréma dit Bagama Bandjou, celui-ci a d’abord amadoué la population en donnant le courant. Quelques temps après, les premières mesures tombent: personne n’a le droit de travailler dans les mines d’or, dès les premières pluies. Destination: les champs, comme le Président Conté lui-même est au champ, dans les plaines de Koundjan, une sous-préfecture de Mandiana. Tous ceux qui s’opposent à cette décision migrent vers Siguiri, Kankan, pendant la saison des saisons de pluies à Mandiana et ils ne revenaient
qu’après l’hivernage.
Autre rappel: Bouréma Condé stoppé au beau milieu du pont Milo par les jeunes de Kankan koura. C’était pendant l’état de siège. Ce jour, il faillit être jeté dans le fleuve Milo, n’eût été l’intervention des
sages de Kankan. Les négociations avaient duré de 20h jusqu’à 23h.
Pourquoi Bouréma Condé est nommé ministre de la décentralisation en cette période aussi difficile pour la vie politique de notre pays? N’est-il pas en mission commandée pour un hold-up électoral? On se souvient encore de l’annulation des voies du RPG durant les années Conté, organisées à l’époque par les mêmes personnes. Bouréma Condé, Takoura Bouréma pour les intimes, Bagama Bandjou pour les banankoroka… Que pourra-t-il faire en tant que ministre de la décentralisation? Va-t-il frapper l’opposition militairement?
C’était encore lui à N’Nzérékoré, Préfet et Gouverneur, ouvrant le combat avec un moto taxi maitre en pleine circulation qui a failli le renverser, au su et au vu de tout le monde. Il n’eut son salut que grâce à l’intervention de garde du corps. La grosse question que certains militants du RPG se posent est la suivante: Pourquoi nommer Bouréma Condé comme ministre qui souvent a le courage de demander pardon aux
militants du RPG dans ses rencontres pour ses comportements contre eux sous Conté? C’était le cas notamment à la mairie de Kankan, dans la
salle de réunion, devant les militants du RPG où il a demandé pardon publiquement à tout le monde.
J’ai écouté avec intérêt l’intervention de l’Honorable Aboubacar Sylla, porte-parole de l’opposition. Je doute que vous le déceviez. Il dit vous avoir connu comme un homme de dialogue. Oui, je suis d’accord. Mais je demande au Président Sylla Aboubacar de bien garder une copie de cette lettre ouverte dans ses archives. Car je sais bien qu’il va me donner raison un jour. Je lui donne un tout petit exemple: quelques 6 mois après les remous des jeunes de Missiran, un quartier de Kankan, par rapport à une route en chantier abandonnée par la société Guiter S.A, mais qui était devenue une source d’inondation. Quand il pleut, les eaux envahissent les familles voisines. Le fameux Général Condé a fait le déplacement sur le terrain pour calmer ces jeunes, en qualité de sapeur-pompier. Hélas, il ira jusqu’à insulter le père d’un jeune manifestant. Celui-ci en retour insulte le père du Général. On lui avait même interdit de descendre de sa voiture. C’est grâce à l’intervention du Colonel Diané, Commandant de la troisième région militaire, qu’il a été sauvé et qui a refusé catégoriquement de faire usage de la force militaire contre les jeunes comme l’avait voulu le Général.
Je me limite là pour ne pas décourager le Président Aboubacar Sylla. Néanmoins, je sais qu’il me donnera raison dans les mois à venir. Donc, wait and see! Je vous promets de vous écrire une autre lettre si toutefois la mission que le Président vous a confiée, mon Général, se poursuit et se termine dans de bonnes conditions, parce que vous aurez associé tous les fils et filles du pays. Dialogue franc, respect du consensus, respect des engagements issus de vos dialogues. De mon côté je ne serais pas surpris de vous voir rééditer vos prouesses tordues, au vu de votre CV de BANANKORO, MANDIANA et N’ZEREKORE.
Vous souhaitant bonne réception, Monsieur le Ministre, veuillez agréer l’expression de ma plus haute réserve.

Moussa Tatakourou Diawara
Journaliste a Mosaiqueguinee.com
Contact: 622 47 70 08
Email: tatakourou@gmail.com

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