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Plume à Aboubacar Diallo du 21 Avril 2015

dialloQui aurait parié un Kopeck que sans en finir avec le virus Ebola, La Guinée recontracterait le virus politique, une maladie qu’elle traine tel un boulet au pied, depuis l’avènement au pouvoir d’Alpha Condé. Ouf que la note est salée pour un pays qui était déjà dans le sixième dessous, tout ça par la faute d’un seul homme.

Un air fétide de chao flotte tel un drapeau noir sur un bout de terre du trou du cul du monde que ses occupants ont décidé de brûler, d’incendier, de mettre à feu et à sang. Ce bout de terre, c’est la Guinée, la Guinée de mes ancêtres aux mânes en peine, irritées, effarouchées, au fond de leurs tombes desséchées, racornies par d’interminables convulsions, qui semblent désormais atteindre leur point culminant. A trop jouer avec le feu, il finit par brûler. Et l’adage d’enseigner : tant va la cruche à l’eau qu’elle finira par se briser. Oui, la Guinée est dans le Radeau de la Méduse, la Guinée est sur une pente raide, une pente savonneuse, la moindre peccadille de trop, la moindre poussée de trop, la goutte d’eau de trop, le vase débordera. Loin de nous de jouer les Cassandres ou les prophètes de malheur, mais la réalité crève les yeux, la Guinée semble bien enferrée jusqu’à la garde, voici bientôt cinq ans qu’elle s’enfonce à petits pas dans l’abysse, du fait d’une crise qui n’aurait pas dû être, qui n’aurait pas dû exister, ou qui aurait trouvé solution aussitôt qu’Alpha Condé l’aurait voulu, car enfin, bon sang de Dieu, tout part de lui, tout se ramène à lui, seul à vouloir se jouer de tous et à toujours tirer ses marrons du feu, mais aussi seul responsable du pataquès et du branle-le bas en cours. A l’alpha, Alpha Condé, l’homme à qui tout souriait à son arrivée au pouvoir, celui qui fut perçu comme le messie, l’homme providentiel, avait toutes les cartes en main, pour rassembler tous les guinéens, y compris surtout ceux qui ne l’ont pas élu, pour ensuite les conduire tous vers un même objectif de redémarrage économique, de pérestroïka, si tant était qu’il avait une once de bonne foi, d’esprit d’ouverture et de rassemblement. Non, au lieu de cela, il dilapida tout le capital d’atouts et de circonstances favorables qui s’offraient à lui, en choisissant une autre voie, celle du dialogue de sourds, de la confrontation permanente comme s’il se plaisait aux castagnes. Pire, bon sang de Dieu, celui qui nous est venu comme le Mandela et le Obama de la Guinée, et qui s’est révélé plutôt ni l’un ni l’autre, le président qui aura claqué tout un mandant à recoller les morceaux au lieu de reconstruire un pays en ruine, a depuis bientôt cinq ans, fait du reniement de ses engagements son sport favori, voulant toujours et systématiquement se jouer de ses adversaires. Oui, si aujourd’hui, l’opposition se refuse à retourner à la table du dialogue, parce que le dialogue a été dévoyé, cannibalisé, vidé de son substrat, parce que finalement, le dialogue en Guinée, c’est du jeu, le dialogue, c’est jeter de la poudre dans les yeux de l’adversaire, c’est poser devant les objectifs des caméras pour se donner bonne image auprès de la communauté internationale, parce qu’au bout du bout, ce qui en résulte, soit est rangé au rebut ou superbement renié. Le dernier round des pourparlers au terme duquel tous les acteurs avaient convenu de l’exclusion du couple Waymarck-Sabari Technology, se rappelle à notre esprit comme si c’était hier. Que s’était-il produit par la suite ? Désaveu cinglant d’Alpha Condé pour ses envoyés, Mr Cheick Sackho au premier chef. Comment faire confiance alors qu’on sait à priori que c’est simplement pour le décorum et qu’après c’est le reniement systématique ? Il faut qu’Alpha Conde arrête de prendre les enfants du bon Dieu pour des bêtes sauvages, il faut qu’il arrête de mettre tant notre pays sur le gril, la note est déjà si salée, tant de vies humaines hachurées, tant de personnes atteintes dans leur chair et dans leur âme, tant de dégâts, tant de psychodrame…On a envie de dire Charlie arrête ton char, il a suffisamment ravagé, il a suffisamment dévasté, trop c’est trop ! De tout ça, le peuple en est lassé, de tout ça, le peuple en est soupé, de tout ça le peuple n’en veut plus entendre ! Mais si demeurez dur de feuille, si vous vous continuez de camper en Ayatollah, à force de jouer au funambule, au prestidigitateur, ça vous retombera un jour sur le râble ! La Sainte canaille en a marre, et quand c’est le cas, elle est capable de secousses les plus inattendues. Attention ! Attention !!!

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