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Plume à Aboubacar Diallo du 22 Avril 2015

dialloQui aurait cru que le sacrifice de tout un peuple aurait été aussi vain ? Que son combat pour l’avènement d’un régime démocratique et d’un véritable Etat de droit, aurait fini de cette manière en eau de boudin ? Qu’on en serait à discuter du bout des gras et à se crêper le chignon cinq longues années durant ? Une rectification du tir, ne s’impose-t-elle pas ?

A la fin, on a envie de se demander tout ça pour ça ? Tout ça pour en arriver à discuter du sexe des anges, à chipoter, à chicaner, à ruer dans les brancards, à tourniquer, à tournoyer, comme des âmes en peine, à continûment se crêper le chignon pour ne récolter que des nèfles, pour ne récolter que feu et sang, pour ne récolter que psychodrame et pleurs ? A savoir que voici bientôt cinq ans, mon pays n’offre que le même et triste spectacle de dessèchement, de dépérissement politique, social, économique, de faillite morale et de déclin de son élite et de sa société civile, à savoir que voici bientôt cinq ans, mon pays occupe le devant de l’actualité mondiale sous le prisme avilissant et rabaissant des querelles de clocher, des querelles byzantines de prétendus hommes politiques qui nous promettent monts et merveilles, mais qui en réalité, se découvrent à nous comme de misérables narcissiques qui mettent à l’abri des tumultes, leur propre progéniture pour envoyer à la boucherie celle des autres, quel long et funeste chapelet de morts depuis bientôt cinq ans !, à savoir que depuis qu’Alpha Condé est au pouvoir, sans trêve, sans discontinuer, notre pays a vécu et vit au rythme de manifestations à la pelle, chaque fois plus couteuse en vies humaines, en sévices corporels et psychiques, en destructions de biens publics et privés, en pertes colossales pour son économie exsangue, et qui ne s’est pas remise encore d’une moins value de plus de mille milliard de nos francs, rien qu’en 2013, à savoir que notre pays ne renvoie au reste du monde entier, à longueur de jours et semaines, que les mêmes images de grabuges, de scènes de guérilla urbaine, d’intifada entre forces de sécurité et manifestants, les mêmes images de blessés par balles ou par armes blanches ou encore par cailloux, transportés emplissant nos hôpitaux, les mêmes images de fourmilière humaine raccompagnant à leur dernière demeure d’innocentes âmes consumées dans les flammes incandescentes et inconscientes des turpitudes des mêmes soi-disant hommes politiques, sous les pleurs nourris de consternation et de révolte intérieure de proches, à savoir que ce sont les mêmes images de jeunes manifestants interpelés, jugés à la soviet et condamnés à la va-vite, et dont la libération est ensuite et toujours réclamée à cor et à cri et même érigée en préalable, à savoir que ce sont les mêmes, ceux-là même, il y a un peu plus de cinq ans en arrière, semblaient afficher une unité circonstancielle de façade au sein de ce qui avait été appelé « les forces vives » et semblaient se battre pour le même idéal, en ayant en face la même cible à abattre, la junte au pouvoir à l’époque, que ce sont les mêmes qui s’entredéchirent aujourd’hui à pleines dents, qui se mordent et échafaudent des plans à la mors-moi le nœud les uns contre les autres, mettant en péril l’existence même de ce que nous avons en commun, notre patrie, à savoir qu’en espérant que le pouvoir aux mains des civils qu’ils sont, au terme des premières élections démocratiques de la Guinée indépendante, constituerait une rampe de lancement pour enfin un début de décollage tant souhaité mais jamais arrivé, à savoir que notre espoir a été douché, trahi, à savoir qu’avec la même classe politique, les mêmes acteurs, d’Alpha à Cellou en passant par Sidya, Kouyaté, Sylla, Telliano, Faya, Mouctar, j’en passe et d’autres, on restera à jamais le bec dans l’eau, enfoncé dans l’auberge espagnole, à savoir que qu’il soit au pouvoir, les autres lui mèneront la vie dure, s’il est qu’il est partisan aussi du dialogue de sourds, il urge de penser à rectifier le tir finalement mal ajusté de 2010, finalement, on s’en rend compte, un autre grand rendez-vous manqué de l’histoire chaotique et tumultueuse de ma Guinée natale. Par quels moyens, sous quelles formes ? Je n’en sais rien, il faut passer par une conférence nationale de la démocratie au bout de laquelle toute cette génération de prétendus hommes politiques, serait disqualifiée, jetée aux orties, renvoyée à jamais dans la poubelle de l’histoire de notre pays. L’heure est grave, il faut un remède de cheval !!!

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