Actualités

CONCOURS PROFESSIONNELS : Quand les imams passent le probatoire !

IMG10107Ce Dimanche 26 Avril 2015, les concours professionnels se tenaient sur toute l’étendue du territoire national, à l’initiative du Ministère de la fonction publique, de la réforme de l’Etat et de la modernisation de l’administration. Parmi les candidats, des enseignants évoluant dans les établissements franco-arabes. La majorité d’entre eux assume, à coté des taches professionnelles, celles sacerdotales de guides religieux ou, plus clairement, d’imams.
Qui a dit que tricher est un péché ?
De toute évidence, on peut se méprendre de ceux dont l’enseignement des préceptes moraux est une prédilection. D’ailleurs, qui a dit que pécher est un péché ? Le constate est que nos très révérés imams se confondaient, en la circonstance, aux élèves les plus tarés des écoles dont ils sont doublement les maitres. Quand l’épreuve de culture générale est lancée, c’est la quête, à tout prix. Celle-ci devient même une conquête laborieuse lorsque le grand imam d’une ville pieuse de basse guinée est vu entrain de farfouiller dans son téléphone dans l’espoir, peut-être, qu’internet lui apporte le précieux sésame. Mais on est loin d’être au bout de la surprise. En quelques minutes, les deux salles du probatoire franco-arabe se transforment en une ruche ou ouvriers et reines mères butinent, sans se soucier, pour le moindre, des surveillants qu’ils appellent affectueusement « m’madih », mon fils en langue soussou. Certains se sont permis tout bonnement de faire comme au bon vieux temps, lorsque les examens en Guinée étaient à la merci des messies qui environnaient les établissements scolaires. Quand ils n’appellent pas pour se faire épeler les réponses, ce sont donc les soldats restés dehors qui viennent à la rescousse. Des conversations qui pouvaient durer des lustres pour un examinateur impuissant à rappeler même qu’il s’agissait d’un examen, un vrai. Ou, si rien de tout ça, les échanges de cahiers et autres bouts de papiers, les substitutions de copies, ces « colis » apportés de l’extérieur et les conversations en cette langue arabe dont le surveillant est un Non initié semblaient donner à l’examen un gout d’ordinaire ou du moins de cette extra ordinaire bizarrerie lorsqu’elle vient d’un homme de « Dieu ». Et dire que dans ces deux salles, on pouvait dénombrer une dizaine d’imams de grandes mosquées ou de mosquées de quartiers.
Vient en deuxième paire l’épreuve de spécialité langue arabe. Hommes et femmes arabisants, comme hantés par un mauvais diable, ne connaissent plus de retenue que lorsque, par intermittence, le surveillant peut leur lancer cette petite phrase pour les obliger à se rendre serein : « le délégué arrive ». En cette période ou l’unité nationale est rudement affectée, certains revendiquent pour eux le droit d’inventer la nouvelle forme de solidarité qui peut sauver tous les candidats, et d’un jeune imam on entend cette petite remarque : « c’est ici que nous pouvons nous entraider, notre fraternité, nous devons la vivre ici plutôt que dehors » Eh oui ! Quand les imams passent le probatoire, pourquoi vont-ils s’offusquer de tous les préceptes qu’ils enseignent si fidèlement à leurs fidèles et qui pèsent si lourds sur eux ? Vont-ils seulement prendre le temps de se juger et savoir que tricher est toujours égal à tricher, même dans une salle d’examen ? A moins qu’ils ne fassent porter aux autres le fardeau qu’ils ne peuvent porter eux mêmes !

Denis GAMY

Commentaires

commentaires

Ajouter un commentaire

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


*

To Top