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Plume à Aboubacar Diallo du 27 Avril 2015

dialloAussi effarant que cela puisse être, alors que c’est d’elle que devrait venir le déclic, au moment où tout semble aller à vau-l’eau, elle, elle reste comme médusée, dépassée par les événements, surtout en panne d’inspiration et d’initiative. Un amorphisme loin d’être fortuit ! La perte de crédibilité est passée par là.

Où es-tu société civile guinéenne ? Où es-tu cette brave à trois poils toujours à l’avant-garde des combats qui vaillent, des combats qui ont à un moment ou à un autre de l’histoire politique assourdissante de la Guinée, ont eu le don de redresser la marche de la nation. La grande vaillante, la teigneuse, la tonitruante de 2006, 2007, son âge d’or, grâce à laquelle, grâce aux sacrifices de laquelle, le pays fut sauvé d’un déluge qui semblait inéluctable, tant la déliquescence, le délitement des ressorts et symboles de l’Etat, donc de cet Etat lui-même, en pleine tourmente, avaient atteint un point qui semblait celui du non retour, cette audacieuse et à la limite intrépide société civile, qui se refusa à toute compromission compromettante, à toute manipulation de quelque nature, semble s’être éteinte à jamais, du moins la flamme de la rectitude et de l’exactitude de ses choix et actions, qui illuminait ses pas. A jamais, elle semble appartenir au passé, à jamais, cet âge d’or, cette belle épopée semble révolue, ses artisans soit ayant fermé les paupières, ou rendu les armes pour avoir blanchi sous le harnais. Depuis, qu’est-ce qui l’a bien précipitée dans l’abîme de la décrépitude ? Face au constat de dépérissement, de désarticulation et de désagrégation de ce qu’on appelle encore pharisaïquement société civile, Ben Sékou, Ibrahima Fofana et bien d’autres, rappelés à Dieu, se retournent, transis de déception dans leurs tombes, Rabiatou, le symbole de la bravoure au féminin en Guinée, elle, le regard hagard, devrait être, en toute vraisemblance, à son tour, comme frappée d’émoi, de pitié, mais aussi d’un sentiment de révolte intérieure. Oui, de nos jours, il y a de quoi ne pas pavoiser, tant la société guinéenne, est aux abois, mise en coupes réglées, putréfiée, du fait de mesquines querelles de leadership, de quel leadership mon œil, pour en prétendre, il faut en avoir ! Du fait aussi non seulement de liens à la limite incestueux avec les politiques, toujours prompts à vouloir la happer, mais aussi d’une espèce de propension devenue prononcée au fil des ans, à se servir d’elle comme d’un viatique, un tremplin pour s’élever socialement, politiquement et par ricochet économiquement, puisque finalement, ce qui est en jeu, c’est aussi de basses considérations pécuniaires et matérielles. Combien y sont passés pour atteindre d’autres rives ? Par ces agissements, par ces forfanteries, la société civile guinéenne, s’est ridiculisée dans le soap public, fissurant voire galvaudant son capital de minimum de confiance qui lui restait. En sus, à savoir que les plates-formes qui prétendent agir sous ce vocable de nos jours, sont si divisées, si dressées chacune sur ses ergots, qu’il n’y a à l’horizon point de lueur de sa renaissance. Et pour solde de tout, les soupçons-vérités de détournement de milliards, qui pèsent encore sur la principale organisation de cette société civile, le CNOCSG en l’occurrence, mystère et boule de neige jusqu’à quand sur ce scandale qui semble l’avoir clouée au pilori, même si bon an mal an, elle tente de renaître de ses cendres, tel un sphinx, sous un nouveau leadership jeune. Quid des autres ? La CONASOC, oui la CONASOC est celle qui fait le plus pâle figure, pour ne pas dire qu’elle est appelée à disparaître, si elle n’est que caisse de résonnance du pouvoir dans lequel sert son ectoplasme de président. La PCUD, oui, à maints égards, c’est cette plate-forme par qui l’heure du réveil, de l’électrochoc devrait sonner, mais elle souffre d’une dose de trop d’obséquiosité de son président. Tout de même, elle trace son chemin, certes jonché d’embûches et de tranchées qui ne sont pas que du fait de sa diplomatie du tout carotte. La preuve par neuf, son projet refondateur et rédempteur d’une société civile à la renverse, les états généraux de cette entité, vrombisse tel un vieux moteur. Finalement, de qui viendra le salut ? Qui pour arrêter tout ce tintamarre, qui pour mettre le holà à ce dérèglement qui nous guette ? Du ciel, oui, car elle qui sauve quand tout semble déraper, est en faillite ! Le nouveau souffle, c’est peut-être la COJELPAID et son jeune téméraire président, demain vous appartient !

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