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Plume à Aboubacar Diallo du 28 Avril 2015

dialloLa Guinée et son cul-de-sac politique qu’elle traine depuis bientôt cinq ans. Le pataquès est tel que même une truie n’y retrouverait ses petits. Même les apprentis-sorciers acteurs du petit microcosme, en viennent à perdre leur latin, tout en restant, dressés fermes, chacun sur ses arçons.

 

La bouteille à l’ancre ! Et l’écheveau de continuer de plus belle, de manière quasi imparable, quasi inexorable, à la limite indéchiffrable, indémêlable, un patchwork aux exhalaisons miasmatiques. Qui l’aurait cru ? Qui aurait risqué un radis en pariant qu’on en serait, voici cinq ans, à chipoter, à chicaner et vétiller, qu’on en serait à ne parler et gérer que des manifestations de rue, à en dresser la même et funeste comptabilité, à égrener le même et long chapelet de morts, d’atteintes physiques, de coups de canifs dans les droits de l’homme, enfin de destructions toujours plus considérables, honte à eux tous, réduits finalement à quia, rendus à leurs propres turpitudes, infichus de mériter de la confiance et de l’espoir suscités et répandus au sein de la Sainte Canaille, une fois, le pouvoir retiré aux hommes en treillis, pour être confié à un d’entre eux. Pour y arriver à l’époque, ils semblaient tous emboucher la même trompette, présentant un décorum d’union d’action, mais en réalité loin d’un mariage de cœur et de raison, plutôt une alliance contre-nature, une alliance d’intérêt et de circonstance. Finalement, à l’épreuve, c’est la désillusion, c’est le désenchantement, c’est le désappointement. Voici quatre ans que le peuple n’entend que la même ritournelle, voici quatre ans que c’est le même débat de caniveau qui lui est servi, voici quatre ans que son pays vit comme sur un baril de poudre, voici cinq ans qu’il est pris en otage, en votre otage messieurs de la classe politique et de la CENI, quatre ans et plus que ce supplice dure, sans rémission. Et comme si cela ne suffisait point, vous avez décidé d’en remettre une, voire des louches, de nous faire boire le calice jusqu’à la lie, de nous faire tomber de charybde à scylla. Oui, à la fin, c’est de cela qu’il s’agit, exterminer le peuple et brûler le pays, puisque vous semblez vous inscrire dans une sorte final fight où chacun compte jouer son va-tout et abattre ses dernières cartes, jusqu’au trognon. Et puisque il faudra attendre le salut du ciel, les faiseurs de paix eux-mêmes gagnés par une lassitude aux allures de syndrome de Piter, tout porte à croire que cela va régler par la force du poignet. Oui, l’écran de fumée qui se projette est si épais, l’horizon si bouché parce que chargé de nuages s’amoncelant à perte de vue, qu’il y a de quoi se mettre Martel en tête. Oui que les positions sont à mille lieux les unes des autres, quasi-inconciliables. Oui, aujourd’hui, parce que acculé, pressé, le couteau sous la gorge, le pouvoir peut tendre la main au camp d’en face, en lui faisant du pied l’invite de rejoindre la table du dialogue, mais qu’a-t-il fait pour ne pas en arriver à ce blocage, qu’offre-t-il comme gages, tout le passif des réminiscences des dialogues à l’as de pique et à la flan, obérant toute perspective de retour de celui-ci ? L’opposition, elle, comme les portugaises ensablées à dessein, se fait sourde, imperméable à tout appel, tant que ses préalables n’auront pas trouvé de réponses, en clair, tant que le calendrier à ses yeux de la discorde, n’est pas rapporté et un coup d’arrêt mis aux activités de la CENI. Comment la ramener à composition, à fléchir, et à ployer sans satisfaire à rien du tout de son ticket d’entrée au dialogue? Là est le chiendent ! Là est le réverbère ! Oui, parce que tout le monde s’est lassé de nous, parce que tout le monde s’est lassé de jouer continûment les pompiers de service, que personne ne semble se magner les popotins, alors qu’il urge qu’il soit fait quelque chose, avant qu’il ne soit trop tard. Le feu couve sous la cendre, le ciel s’est assombri, le tonnerre tonne, la peur à son summum ! Ainsi va la Guinée à vau-l’eau, sans rémittence !

 

Commentaires

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2 Commentaires

2 Comments

  1. Diallo

    29 avril 2015 at 8 h 25 min

    C’est Bien analysé cette plume,mais je voudrais avancer mon point de vu face à ce libertinage en Guinée soit disant démocratie,dabore je ne suis pas un partisant du parti au pouvoire ni suporter l’un de ces opposants deja testé à l’excercice du pouvoire de ce beau pays,je constate qu’en Guinée on donne trop de liberté aux gens pour déraciner même les plantes de cette jeune démocratie ,mais on oublie que l’occident est basé sur des questions d’interets,éxemple palpable sur des pays appreciés ou parle même pas de liberté d’éxpression a plus forte prononcer le nom du président de la rép,à savoir la chine qui est aujourd’hui puissance économique et d’autres pays au moyen-orient,je termine en disant que mieu d’etre dictateur pour l’emmergence de ton pays que donner la dite monocratie à tout le monde.

  2. BARRY

    30 avril 2015 at 19 h 43 min

    Excelente plume mn cher Aboubacar Diallo
    un text pr l’elite de la langue de moliere

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