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Soldats soupçonnés de viols en RCA: les réfugiés de Mpoko en colère

réfugMercredi, le journal britannique The Guardian a révélé l’existence d’un rapport de l’ONU accusant des soldats français déployés en Centrafrique d’agressions sexuelles sur une dizaine d’enfants. Une affaire sur laquelle la justice française enquête depuis l’été dernier. Les faits se seraient déroulés entre décembre 2013 et mai 2014 au camp de Mpoko, où près de 20 000 réfugiés étaient surveillés par les militaires français.

Le camp Mpoko de l’aéroport de Bangui est divisé en plusieurs zones, pour faciliter sa gestion. Sinaé est le chef de la zone 1. Il dit avoir été témoin de violences sexuelles a priori commises par des soldats : « C’était la nuit, raconte-t-il. Les militaires français ont donné des petits paquets de rations aux enfants et ils les ont violés. D’autre part aussi, les militaires géorgiens. J’étais présent quand ils étaient trois sur une fille de 16 ans dans leur guérite à l’entrée de l’aéroport. »
Marie Valentine a 65 ans. Cette vieille femme dort depuis plus d’un an dans une tente déchirée. Après avoir appris ces nouvelles, elle en veut aux militaires. « Ça ne nous intéresse pas, on ne veut pas les voir ici, s’indigne-t-elle. Les soldats sont venus pour nous sauver, mais ils sont aussi venus pour faire du mal aux petits enfants qui sont sur le site. Il y a des malfaiteurs qui ont commis des viols sur les femmes, sur les petites filles, sur les petits garçons. »
Le procureur de la République a ouvert une enquête, mais celle-ci s’annonce difficile. Les agents de la Section de recherche et d’investigation (SRI) de Bangui vont devoir démêler le vrai du faux dans cette affaire.
L’ONU soulagée, mais des questions demeurent
Ce scandale sexuel implique une quinzaine de soldats français ainsi que cinq soldats tchadiens et de Guinée équatoriale lors de leurs déploiements en Centrafrique. Une dizaine d’enfants du camp de déplacés de Mpoko à Bangui auraient été obligés de pratiquer des actes sexuels en échange de nourriture. Le rapport a été divulgué par un cadre de l’ONU qui s’est dit choqué par l’inertie de sa hiérarchie. Le siège de l’ONU, régulièrement attaqué pour son manque de transparence sur ces affaires d’abus sexuels se défend d’avoir cherché à étouffer l’affaire.
Au bureau des opérations de maintien de la paix à New York, c’est le soulagement qui prédomine, rapporte notre correspondante au siège des Nations unies, Marie Bourreau. en effet, ces accusations d’abus sexuels concernent des soldats français déployés dans le cadre de la force Sangaris en Centrafrique et des soldats tchadiens et équato-guinéens qui appartenaient à force panafricaine de la Misca. Ils ne sont donc pas directement liés aux opérations de maintien de la paix de l’ONU.
C’est dès lors la principale ligne de défense du secrétariat général et de la commission des droits de l’homme qui estiment avoir suivi la procédure régulière : une enquête de terrain pour établir les faits dès le mois de juin 2014, puis la rédaction d’un rapport qui est remis aux autorités françaises au mois de juillet.
Mais de nombreuses questions restent en suspens : pourquoi a-t-il fallu neuf mois pour voir cette affaire révélée au grand jour ? Pourquoi Anders Kompass, le cadre de l’ONU accusé d’avoir divulgué ce rapport, n’a été mis à pied que la semaine passée ? Et pourquoi l’ONU aurait empêché les autorités françaises d’interroger les enquêteurs qui ont travaillé sur le dossier ?
La France, à travers son opération Sangaris en Centrafrique, est un acteur important du maintien de la paix dans la région. Et à ce titre, un soutien essentiel à l’ONU.

RFI

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