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Plume à Aboubacar Diallo du 04 Mai 2015

dialloL’éternel chiffon rouge des audits, des bonnets d’âne comme à chaque fois, décernés à tout vent, jusqu’à ses propres collaborateurs, c’est un chef d’Etat toujours engoncé dans la tunique d’opposant historique, qui s’est adressé il y a quelques jours, à la classe ouvrière de son pays, pour finalement se confondre en aveux d’impuissance.

Ouf ! on en est sorti comme à chaque fois, la tête dans le guidon, le regard hagard, l’esprit à la renverse, sous un déluge de questionnements, oui, aujourd’hui plus que jamais, se pose un faisceau d’interrogations sur la direction même dans laquelle est conduite notre chère patrie, si après cinq ans de gouvernance, on en est à partir continûment en bibérine, à pédaler dans la choucroute et à semer à tout vent ses propres tâtonnements-errements, plus par méconnaissance du pays et de ses cadres comme il prétend le dire cinq ans après, que par mégarde, un peu pour se faire absoudre de ses propres fautes commises plutôt par incompétence que par autre chose, dur apprentissage, bizutage laborieux que celui de celui qui sera resté opposant pur jus pur laine, jusqu’au trognon, opposant jusqu’à son propre régime. Ambivalence criarde, singulière, étonnante et incompréhensible à la fois. Et patati et patata, et de s’engager dans la même logorrhée sans tête ni queue, comme à son habitude, s’en prenant au tiers et au quart, leur rejetant toute la faute, leur décernant des bonnets d’âne à tous à tout vent, les couvrant des sept péchés capitaux d’Israël, sans discernement aucun. Cinq après, ce sont eux, les autres qui ont pillé, agenouillé et sectionné tel un saucisson le pays, ce sont eux qui ont démonté et vendu les rails de la colonisation, ce sont eux qui vendu Air Guinée, et que sais-je encore ? J’en oubliais un qui lui colle aux lèvres, le souffre-douleur des Friakas, l’usine pour parler prosaïquement. Oui, s’il était que c’était eux qui ont mis le bled en coupes réglées comme vous le martelez à chaque sortie, s’il était que ce sont eux qui l’ont mis en retard de plus d’un demi-siècle sur ses voisins, comme vous le martelez aussi, il est temps cher président-réformateur-bâtisseur, mon œil, pour une fois, que vous joigniez l’acte à la parole, en étalant à la face du monde, toutes les horreurs, toutes les absurdités et monstruosités, si tant était que c’était le cas, de leur gestion que vous n’avez de cesse de qualifier de catastrophique. Certes ! Pourquoi pas ? Mais encore, que cela a besoin d’être prouvé, cela a besoin d’être étayé d’éléments de preuves troublantes, accablantes, donc compromettantes. Vous avez dit vérité, vous avez dit que le peuple a besoin de connaitre la vérité, le peuple n’en demande pas plus. Mais il ne peut en rester indéfiniment à deux ronds à flan, vivement ces fameux audits dont il ne reste plus pourtant grand secret, une bonne partie de leur teneur et celle du patrimoine issu du contentieux franco-guinéen, ayant été déballée, sans que cela ne fasse l’effet escompté. C’était plutôt un gros coup de sabre dans l’eau, un gros pétard mouillé. Mais qu’on se le tienne pour dit, c’est bien beau que le peuple sache la vérité sur la gestion passée, celle de vos prédécesseurs, aujourd’hui, vos adversaires-pourfendeurs, mais cette vérité ne doit pas être morcelée ni limitée, elle doit être intégrale et concerner votre propre gestion, car Dieu seul sait combien on vole, combien on détourne, combien on s’enrichit sous vous, combien de scandales il y a eus, sous vous, sans qu’aucun de leurs auteurs, n’en soit le plus royalement du monde inquiété. Au-delà, cher monsieur président-réformateur-bâtisseur, vous avez intrigué plus d’un en disant que si vous les aviez connus, la moitié de ceux qui sont vos ministres aujourd’hui, ne l’auraient pas été, soit ! Mais qu’attendez-vous cher monsieur président-réformateur-bâtisseur, pour les renvoyer, pour les congédier et les poursuivre s’il était avéré qu’ils sont convaincus de crimes économiques, maintenant que vous les connaissez ? Paradoxe des paradoxes ! Vous rejetez la faute du déclin du système éducatif guinéen aux mêmes ministres qui ouvrent des écoles à tour de bras, sauf que vous gardez les mêmes ministres aux mêmes postes, pour espérer quoi à la fin du compte ? Aussi, vous ne nous dites pas ce que vous vous avez fait en cinq ans pour changer la donne d’un iota. Face à la hantise sécuritaire de la plèbe, vous vous êtes demandé si elle ne vivait pas sur la planète mars, non monsieur le président, elle vit bien sur la planète farwest sécuritaire de Guinée. Il ne suffit pas d’équiper la gendarmerie de blindés et d’en élever des éléments à des grades supérieurs, ignorant l’autre corps, le tigre ne clame pas sa tigritude, le tigre bondit et dévore…

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