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Plume à Aboubacar Diallo du 05 Mai 2015

dialloDes colonnes de fumée s’élevant vers un ciel desséché, des cailloux jonchant les rues où brûlent de la pneumatique avachie, des scènes d’intifada et des courses poursuites, le tout imbibé du sang humain, voilà le triste décor d’un pays qui culbute, à force de s’enliser dans une crise qui n’en finit point.

Les médias du monde s’en délectent, ils en font leurs choux gras, oui, depuis de longs mois, depuis bientôt cinq ans, les absurdités guinéennes occupent hideusement le devant de la scène diplomatique et médiatique, qu’à terme, tout le monde s’en lasse, tout le monde en a ras-le bol, tout le monde en est soupé. De l’intérieur comme de l’extérieur de la Guinée. Ne faut-il que l’on entende parler de notre pays que sous ce prisme du miroir brisé ? Que sous cet angle d’écran de fumée, de scène de guérilla urbaine, d’intifada, de chasse à l’homme, tout ça soldé par une infinitude de vies humaines tailladées, ébréchées, abrégées ? J’en parle le cœur en marmelade, j’en ai marre de tout ça bon sang de Dieu, j’en ai marre qu’on ne présente mon pays que sous un jour de manifestations, d’Ebola, et encore de plus de manifestations, j’en ai honte, j’ai honte de voir que mon pays est la risée de la sous-région et du continent. Turlupiné, me vînt à la tête cette question qui mérite qu’elle soit posée : où est passé le vaillant peuple de Guinée ? Où est-il peuple du NON historique à De Gaules ? Où es-tu peuple de 1958, peuple de 1985, peuple martyr de 2006-2007, vaillant peuple de Guinée, toi qui as toujours su redresser la trajectoire de la marche du pays, chaque fois qu’elle a été semée d’aspérités, où es-tu passé ? Aujourd’hui, je ne te reconnais plus, tu as un visage défait, une tronche d’aboulique, balafrée, boursouflée de commissures et de rainures, du fait des divisions et clivages par lesquels, des politicards, sans foi ni loi, guidés par d’obscurs mobiles, ont réussi à transpercer et à mettre en charpie, ce qui a toujours fait le ferment et le ciment de ton endurance à l’adversité, ta cohésion et ton unité, en l’occurrence. Aujourd’hui qu’ils ont réussi à te fragmenter, à te mettre en coupes réglées et calibrées sur leurs intérêts égoïstes et sordides, tu es réduit à quia, points et pieds joints, pris à leur otage, infichu de changer quoi que ce soit à la condition, au destin de damné de la terre qu’on est en train de t’imposer. Quand comprendras-tu que c’est toi le grand perdant au bout, que c’est toi le dindon de la farce ignominieuse ? Que c’est toi, toi seul qui paye le tribut de la chienlit orchestrée pour t’assassiner ? Quand te réveilleras-tu ? Quand te libéreras-tu des fers, des chaînes de cette division qui les arrange, cette division dont ils puisent leur force du mal ? L’heure du grand sursaut a sonné pour que s’arrête à jamais la comédie qui se joue depuis bientôt cinq ans, il est venu pour qu’il soit mis fin à toutes ces escobarderies, à toutes ces pantalonnades, la récréation a trop duré. Aujourd’hui que le constat amer comme du chicotin, est fait, qu’ils ne s’entendront jamais, qu’ils sont comme un panier à crabes, qu’à tout scénario écrit qu’on puisse imaginer, jamais, ils ne sauront se surpasser, surpasser et surclasser leurs égos surdimensionnées, contenir leur boulimie du pouvoir, la seule raison qui vaille pour eux, il est venu le temps que le peuple se ressaisisse et s’assume, il est venu le temps que le peuple se fasse entendre, qu’il charrie sa colère, et enfin qu’il dégoupille la bombe d’une révolution censée le sauver du chavirage, censée le sauver du déluge ! D’abord, une pause ou une suspension de tous les processus électoraux, puis une conférence nationale de la démocratie et des droits de l’homme, s’imposera, au terme de laquelle seront disqualifiés à jamais tous ces politicards qui depuis cinq ans mettent notre pays à feu et à sang, ensuite un nouveau cycle d’élections, auquel ils n’auront pas droit de cités, auquel ne prendront part que des hommes neufs, une nouvelle classe politique faite de fils et filles de la Guinée, qui auront acquis le savoir et le savoir-faire requis pour redresser la trajectoire tordue de la marche cahoteuse de notre pays, le salut de la Guinée, sa renaissance même, passent par là…A bon entendeur salut !

 

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