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Des victimes laissées pour compte et un acquittement qui font penser à un simulacre de procès dans l’affaire Koulé, N’Zérékoré et Beyla ? s’interroge la LIGUIDHO

EbambaDans la nuit du 15 au 18 juillet 2013, un incident éclaté à Koulé a dégénéré en violences intercommunautaires entre koniankés et guerzés, violences qui se sont très rapidement propagées dans les villes de N’Zérékoré et de Beyla, au Sud-est de la Guinée.

Une mission d’enquêtes conduite par la Ligue Guinéenne des Droits de l’Homme (LIGUIDHO) avait établi un rapport faisant état d’au moins 217 morts dont 73 femmes et 48 enfants et 273 blessés dont 142 femmes et 104 enfants avec des dégâts matériels considérables dont l’incendie des lieux de culte (13 églises incendiées ou saccagées et 11 mosquées incendiées ou saccagées).

L’ampleur des crimes commis dénote une responsabilité de milliers d’auteurs et de commanditaires. Malheureusement, seulement 18 personnes ont été traduites devant la Cour d’assises de Kankan qui a rendu le mardi, 5 avril 2015, un arrêt condamnant 13 accusés et acquittant les 5 autres.

D’après l’une des victimes qui s’est exprimée en fondant en larmes, « parmi les personnes acquittées, se trouve l’un des vrais commanditaires des crimes commis en juillet 2013. Mais, comme c’est un ancien commis de l’État, il a bénéficié d’une totale impunité à travers ce procès.»

Les milliers de victimes n’ont pas été rétablies dans leurs droits par l’allocation de dommages et intérêts à leur profit.

« L’État dont l’une des missions régaliennes est d’assurer la sécurité de ses populations et de leurs biens, en vertu du principe de la responsabilité de protéger, avait cruellement failli à cette obligation lors des violences intercommunautaires de juillet 2013. S’il est vrai que nous sommes dans un État de droit, c’est bien l’État qui aurait dû être condamné à dédommager toutes les victimes. Faute de quoi, les victimes n’auront jamais le sentiment que la justice a été rendue », a affirmé un observateur sur un ton pathétique.

La Ligue Guinéenne des Droits de l’Homme (LIGUIDHO) est une Organisation Non Gouvernementale, basée à Conakry, qui œuvre pour la promotion, la protection et la défense de l’ensemble des droits établis par les instruments juridiques de protection des droits humains. Son slogan est ’’ Agir ensemble pour les droits humains ’’

Communiqué signé M. Emmanuel Bamba,

Président LIGUIDHO

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