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Plume à Aboubacar Diallo du 11 Mai 2015

dialloLes chimères d’un pays qui ne s’avoue pas enferré dans une nasse d’où finalement seul Dieu le tirera. En tout cas, ce n’est point d’un tête-à-tête entre deux protagonistes qui campent chacun en Ayatollah et qui ont brûlé leurs vaisseaux, qu’il faut espérer le salut. Il ne vaudra pas perpette !

Dieu sauve la Guinée du précipice, Dieu sauve la Guinée de l’abîme qui la guette, Dieu sauve la terre de mes ancêtres des balafres d’un basculement que tous ses fils redoutent tout en agissant pour qu’elles leur pendent au nez ! L’heure est grave en Guinée, très grave, très très grave ! La terre de ma Guinée natale se dessèche, les âmes des humains et mêmes des animaux dégoulinantes de peur, d’affolement, le ciel assombri d’un amoncellent de gros nuages annonciateurs d’un branle-le bas de combat, d’un sauve-qui peut. Safourlaye ! Safourlaye mille fois ! Diantre ! Loin de nous de jouer les Cassandres, loin de nous de jouer les prophètes du malheur ! Mais à regarder de près la situation guinéenne, on ne peut que palpiter de frousse, tant les strangulations, tant les convulsions, les commotions politiques et sociétales, ont ébranlé les ressorts et socles mêmes de ce qui est présentée comme une nation. L’heure est grave, grave d’autant que, ça crève les yeux, le pays semble comme assis sur un baril de poudre que la moindre peccadille suffira pour que celui-ci explose. Si l’horizon n’est pas bouché, il est bien assombri du fait de positions irrémédiablement irréconciliables, chaque camp ayant juré sur le palpitant devant les dieux et démons de la politique d’usure, de s’accrocher becs et ongles, l’un à ce qu’il croit être la ligne rouge, à savoir, ne jamais se laisser périr avec un mandat hors délais constitutionnels, et l’autre, à des revendications qu’il sait vouées à l’échec mais sur lesquelles il ne bouger pour tout l’or du monde d’un iota, vogue la galère, le décompte macabre qui s’allonge, vogue la galère, les contrecoups subis aussi bien par l’économie nationale que par un secteur privé dans le creux de la vague. Avec un tel tableau, une telle radicalisation outrancière, on veut nous présenter le fameux tête-à-tête Alpha-Cellou, comme une rencontre panacée, celle par la magie de laquelle, des solutions tomberont telles des alouettes toutes cuites, du ciel. On veut nous présenter cette rencontre comme celle de tous les espoirs, celle du cap de bonne espérance, celle d’où jaillira le déclic, le déclic d’une décrispation peut-être, mais pas d’un dénouement ne serait-ce que momentané de la crise dans laquelle notre pays est englué. Je le dis pas parce qu’atteint d’un pessimisme pascalien, pas parce que la situation guinéenne, est comme la quadrature d’un cercle, non, plutôt parce que je ne vois pas quelles concessions chaque protagoniste peut-il faire à même de satisfaire les désidératas de l’autre vice-versa. Du moment où pour Alpha Condé, il y tient comme aux prunelles de ses yeux, il est hors de question de revenir sur un calendrier que lui-même n’a pas pris, qui plus est un calendrier qui met au premier plan justement l’organisation de la présidentielle à bonne date, ce qui lui offre l’occasion de se faire renouveler un bail qu’il n’acceptera pour rien au monde, de voir tomber en désuétude, dites-moi que peut-il d’autres concéder à Cellou dont celui-ci peut se satisfaire et ainsi abandonner la logique de la rue comme seul et dernier recours ? A contrario, sur quels points Cellou peut-il lâcher du lest pour qu’enfin nous sortions de ce bourbier ? Sur le calendrier ? Non, je ne crois point, après tant de tribut payé par ses militants, ils ne le lui pardonneront jamais, sur la CENI, non, je ne crois point, oui, puisque c’est elle l’arbitre, c’est elle qui goupille tout, et comme telle, Cellou ne lui fait guère confiance en plus du fait qu’il estime que son camp y est finalement sous-représenté, d’où la question de sa recomposition. Dites-moi finalement, sur quoi voulez-vous que cette fameuse rencontre débouche ? Que faut-il en attendre, s’il est qu’aucun camp, aucun protagoniste n’offrira à l’autre ce qu’il demande. Alpha Condé voyant dans la volonté acharnée de l’opposition d’obtenir des locales avant la présidentielle, un piège pour le pousser hors jeu pour défaut de mandat, l’opposition voyant dans le calendrier de Kindia, une machination pour orchestrer une fraude gigantesque en faveur d’Alpha Condé, voici tout le chiendent ! Le poker mentir peut se poursuivre !

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