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Activité de contrôle technique automobile : Si L’Etat était le seul fossoyeur des vies humaines en Guinée ?

centre de visite techniqueAu gré d’un décret de réactualisation de la réglementation de l’activité de contrôle technique, des conditions d’implantation des centres dédiés à cette activité, ainsi que la concession de ce service public à un concessionnaire, pris à la date du 15 Avril dernier, par le président Alpha Condé, soudain resurgissent toutes les réminiscences et guerres de tranchées livrées par les sociétés intéressées par l’exercice de cette activité.

Le décret réaffirme une clause de la convention de base de juin 1997, appelée clause d’’’Exclusivité’’, en faveur de SIVITA, société industrielle de visite technique automobile. Aussitôt se posent des questions sur la pertinence et la justesse de cette décision, du moment où cette société Sivita n’est plus opérationnelle depuis des années, depuis que ses installations ont été mises à sac à Matam, suite à une intox qui voulait que son PDG était un financier de la rébellion des années 2000.

On est si en droit de s’interroger sur la justesse d’une telle décision que depuis de longues années, la Guinée est le seul pays de la sous-région où il n’y a pas un seul centre de visite technique automobile, les engins roulants, ayant roue libre et carte blanche pour tuer. Combien d’accidents ont été enregistrés depuis, dus à des défaillances techniques ? Nul ne saurait le dire.

Face à ce constat, comment comprendre alors que l’Etat guinéen réattribue l’exclusivité de l’activité de visite technique automobile obligatoire, à une société, Sivita en l’occurrence, qui n’existe plus que de nom ?

Voici ce qui agite les esprits. N’y avait-il pas moyens de permettre à d’autres sociétés d’exister ou d’être opérationnelles, pour celles qui ont des installations, telle que la Socotac ? Voici la question, voici le chiendent !

Après enquête, il ressort de nos observations :

-que l’Etat guinéen reste et demeure lié à la société Sivita, par une concession de base en date du 24 juin 1997, portant concession de l’activité de visite technique dans la zone de Conakry et Coyah, pour une durée de 15 ans ; A la destruction de ses installations, la Sivita n’avait joui que de 4 ans de cette convention.

-que le même Etat a signé des conventions similaires avec ladite société pour lui concéder l’exclusivité de l’exercice de la même activité dans les sept autres régions du pays;

-mais qu’au même moment, alors que ces conventions avaient cours légal, le même Etat via le ministère des transports, a octroyé des agréments à d’autres sociétés, et signé des conventions avec certaines, pour la même activité notamment dans certaines zones comme Conakry-Coyah. C’est le cas de Antazer, Vitech Sarl et Socotac…

-que la cour suprême de Guinée, au terme d’une décision de juin 2012, suite à un recours de Sivita, a annulé la convention de base de juin 2007 signée entre l’Etat et la société Vitech Sarl, ainsi que toutes les conventions de concession de visite technique automobile dans les zones de Conakry et Coyah, délivrées en faveur d’autres sociétés, pour détournement de pouvoir ;

-qu’en définitive, l’Etat guinéen a péché par ses errements, par son incapacité à attribuer un domaine viable à la Sivita aux fins qu’elle y réinstalle ses équipements pour reprendre ses activités, conformément aux clauses de la convention qui les lie.

-Il est coupable, le seul coupable de toutes les vies humaines arrachées et englouties dans des accidents dus aux défaillances techniques dont on pouvait faire l’économie si l’activité de visite technique automobile était une réalité en Guinée.

NB : L’activité de visite technique automobile est confiée à un concessionnaire unique, compte tenu de son caractère spécifique. La pratique est de mise dans de nombreux pays au monde. Donc ce n’est pas un secteur ouvert à la concurrence !

Aboubakri

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