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Guinée: le chef de l’opposition « déçu » après sa rencontre avec le président Condé

cellou à sekoutoureyaLe chef de file de l’opposition guinéenne Cellou Dalein Diallo s’est dit « déçu » mercredi, à l’issue de sa rencontre avec le président Alpha Condé, censée leur permettre de discuter de la situation politique du pays, en proie à un bras de fer autour du calendrier électoral.

Aucun commentaire n’avait pu être obtenu dans l’immédiat auprès du pouvoir.

Lors de l’audience, tenue mercredi matin au Palais présidentiel à Conakry, « c’est moi seul qui ai parlé. J’ai été déçu qu’on n’ait pas échangé. Je m’attendais à mieux que ça », a affirmé à l’AFP M. Diallo.

« Le président Condé m’a dit: +Je suis là pour t’écouter. Je vais confronter tes propositions et observations à celles de la mouvance (présidentielle) et moi, en tant que président de la République, au-dessus de la mêlée, je prendrai une décision+ », a-t-il ajouté.

Selon lui, le président l’a interrogé sur l’origine « de la crise en Guinée aujourd’hui », il lui a répondu en citant notamment l’exemple des maires élus dont les mandats « sont échus depuis le 17 décembre 2010. » L’opposant a rappelé que le pouvoir avait « remplacé ces mairies par des délégations spéciales (des exécutifs locaux désignés par le pouvoir, ndlr) qui n’avaient que six mois » de légalité.

Cellou Dalein Diallo devait rencontrer avant la fin de la journée les autres responsables de l’opposition afin de leur rendre compte de cet entretien. « Ensemble, nous allons prendre une décision », a-t-il dit.

Cette rencontre entre MM. Condé et Diallo, à l’initiative du président, était initialement prévue le 8 mai mais avait été reportée à la demande du chef de l’opposition.

Elle suscitait l’espoir d’une solution à la crise politique en Guinée après plusieurs semaines de bras de fer entre le pouvoir et l’opposition autour du calendrier électoral avec des manifestations marquées par plusieurs morts et des dizaines de blessés.

L’opposition réclame l’annulation du calendrier électoral prévoyant un scrutin présidentiel en octobre et des élections locales en 2016. Les opposants souhaitent la tenue des élections locales avant la présidentielle.

Ils soupçonnent le pouvoir de vouloir utiliser les exécutifs communaux désignés par lui, faute de scrutin à cet échelon depuis 2005, pour orchestrer des fraudes, ce que dément catégoriquement Alpha Condé.

Dans un entretien à l’hebdomadaire Jeune Afrique paru le 10 mai, Alpha Condé a exclu toute révision du calendrier électoral tout en assurant être ouvert au dialogue et dans l’attente de propositions de l’opposition pour décrisper la situation.

AFP

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