Actualités

Ebola : c’est reparti à Kindia

1ebola sierra lneeeLes kindiakas n’ont pas eu le temps de savourer lontemps leur victoire sur Ebola. Alors que la ville venait d’être déclarée indemne au bout de la période d’observation des derniers contacts, le virus de l’Ebola vient de resurgir dans la ville et ses périphéries, constituant à nouveau la hantise des populations.

Trois nouveaux cas ont été confirmés par les autorités sanitaires de la ville et l’institut pasteur, qui abrite le tout nouveau centre de recherches épidémiologiques et de soins de santé offert par le gouvernement russe. Comme pour les précédents cas, le danger est venu d’ailleurs.   Il s’agit d’un patient de 70 ans, qui aurait contracté le virus lors d’un séjour à Dubréka. Sa présence et surtout son décès dans une famille à Kindia est le premier acte de la dernière trilogie inatendue qui a relancé l’épidémie. Car deux autres cas vont completer la scène en un temps record, faisant de Kindia un nouveau foyer actif. Il s’agit d’un autre voyageur à risque venu de Gongoré, dans la préfecture de Mamou ; puis, le plus spectaculaire de tous, une femme en provénance de Kassadou, dans la préfecture de Gueckedou, présenté pendant des mois comme l’épicentre de l’épidémie en Guinée. Elle est décédée dans une famille de la sous-préfecture périphérique de Damakania. Après donc la gestion, on ne peut mieu, efficace des derniers 1670 cas contacts, l’opération de recensement des nouveaux cas est en cours.

Ce recent épisode n’est pas seulement symptomatique de l’impuissance de la Guinée à en finir avec Ebola. Il traduit surtout que le triomphalisme précoce face à l’épidémie est une des principales ménaces qui pèsent sur le pays, en plus de la violation récurrente des mesures de prévention. A ce rythme, et cela est à regreter, Ebola risque encore de prendre son temps dans un pays exsangu par une crise sanitaire et économique sans précédent et aux prises avec ses vieux démons de l’insubordination et l’incivisme dont les guinéens semblent assez bien s’accomoder, même au prix de leur vie.

Denis GAMY

Commentaires

commentaires

Ajouter un commentaire

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

To Top