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Le coronavirus MERS en Corée du Sud : Sept décès, 95 contaminations, peur panique dans toute l’Asie

MERSLe coronavirus MERS a fait une septième victime en Corée du Sud, une femme de 68 ans entrée en contact avec un patient dans un hôpital de Séoul fin mai dernier. Selon le dernier bilan du ministère de la Santé, la Corée du Sud compte aujourd’hui 95 personnes infectées. Un phénomène qui commence à avoir des répercussions sur la vie économique et sociale du pays.

Un plan d’urgence a été décrété par les autorités pour endiguer l’épidémie d’ici à la fin de la semaine. Un plan qui se voit dès l’arrivée à l’aéroport de Séoul, avec ces panneaux présentant une image de dromadaires et un personnage portant un masque, ainsi que des recommandations aux « personnes ayant voyagé au Moyen-Orient », leur demandant d’en informer l’officier chargé de la quarantaine.

Tout a commencé le 20 mai dernier, un premier cas a été diagnostiqué sur un homme revenant d’Arabie saoudite et d’autres pays du golfe. Tous les cas de contamination concernent des personnes en lien avec les hôpitaux, et les personnes décédées étaient de santé fragile, précisent aujourd’hui les autorités sanitaires.

3 000 Sud-Coréens en quarantaine

Des propos qui sont loin de calmer les doutes et les critiques concernant la gestion de la crise. Pour une grande partie de l’opinion coréenne en effet, l’Etat n’est pas en mesure de lutter contre l’épidémie. Des doutes qui subsistent alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) déclarait il y a quelques jours, sur l’antenne de RFI, que l’épidémie est au contraire en passe d’être jugulée.

Il a fallu en effet attendre près de trois semaines avant qu’un plan d’urgence soit décrété, un délai beaucoup trop long pour certains. Un plan qui consiste aujourd’hui en une gigantesque mise à l’isolement des personnes qui ont fréquenté les hôpitaux ayant reçu des patients contaminés. Près de 3 000 Sud-Coréens sont actuellement en quarantaine, chez eux ou à l’hôpital, et 2 000 écoles, pour la plupart situées à Séoul ou dans la province voisine de Gyeonggi, sont fermées.

Selon les dernières analyses de l’institut Pasteur de Séoul, le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS) n’aurait pas encore muté. Découvert en 2012, le MERS infecte les poumons des malades, provoquant également fièvre et difficultés à respirer. La Corée craint en fait de se retrouver dans la position de Hong Kong et de la Chine en 2003.

Plus mortifère, mais moins contagieux que le SRAS

À l’époque, le Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) avait fait près de 800 morts dans le monde. Le MERS est plus mortifère, mais moins contagieux que le SRAS. Plus de 20 pays ont été touchés par le virus, et pour l’instant il n’existe aucun vaccin ou traitement.

Face à cette menace, la population a évolué dans sa réaction. Il y a eu d’abord un mouvement de panique, une ruée notamment sur les masques en papier dans les pharmacies. L’épidémie paralyse la société, avec la peur de sortir de chez soi. Les centres-ville des mégalopoles coréennes sont étrangement vides et toute la Corée sort masquée.

Cela donne des images qui pourraient paraître amusantes dans les journaux, si le sujet n’était pas aussi tragique. On a ainsi vu circuler notamment l’image d’une photo de mariage où tous les convives ainsi que les mariés portaient un masque blanc en papier. D’autres songent carrément à annuler leurs noces, car la plupart des invités se désistent, racontait un journal la semaine dernière.

Manque d’information

Même chose pour l’anniversaire traditionnel des « un an » du petit dernier. Des centaines d’évènements publics, de voyages scolaires et de manifestations sportives ont pour cette raison été annulés. Et puis il y a aussi la colère. De nombreux Sud-Coréens doutent de l’efficacité des pouvoirs publics et critiquent le manque de transparence des autorités. 700 élèves ont ainsi été faire un bilan de santé entre le 23 et le 30 mai à l’hôpital Pyongteak Sangmo dans la province de Gyonggi, sans avoir été avertis que l’établissement avait reçu un patient contaminé.

Une femme enceinte diagnostiquée porteuse du virus pour la première fois ce mardi, avait été au chevet de sa mère dans un hôpital de Séoul. Là encore, elle n’aurait pas été mise au courant. Devant ce manque d’information, un site Internet a décidé de publier une liste des hôpitaux qui ont reçu des patients contaminés, les autorités ayant là aussi tardé à divulguer le nom des 24 établissements où des cas d’infections ont été signalés.

Conséquences sur l’économie

Colère aussi de ces habitants d’un village situé à 280 km au sud de la capitale. Toutes les routes menant au village sont bloquées par des hommes en combinaison blanche, suite à la mort d’un homme de 72 ans qui avait contracté le virus. « C’est la guerre, personne ne nous a prévenus, on n’a même pas reçu de préavis » s’emporte un habitant cité par le South China Morning Post à Hong-Kong.

Hong-Kong vient d’ailleurs de mettre en place une alerte rouge sur les voyages non essentiels vers la Corée du Sud. Le virus a donc aussi des conséquences sur l’économie sud-coréenne. D’abord à l’intérieur du pays, la peur du coronavirus se traduit par une désertion des cours du soir par exemple dans les grandes villes. Les Coréens ne vont plus au cinéma dans les multiplexes, de peur d’être infectés, ils évitent les concerts ou les matchs au stade.

À tel point que la présidente Park Geun-Hye a appelé ses concitoyens à ne pas « surréagir » pour éviter « l’affaiblissement de l’économie ». La réaction des pays voisins n’a pas tardé : plus de 45 000 visiteurs, en majorité des Chinois, auraient annulé leur séjour en Corée du Sud au cours de la première semaine de juin, selon l’office du tourisme du pays.

Jusqu’à présent, le ministère français des Affaires étrangères ne déconseille pas les voyages en Corée du Sud.

Avec RFI

 

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