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Guinée : Cellou Dalein Diallo et Dadis Camara, une alliance contre nature ?

DDDEn 2009, les soldats de Moussa Dadis Camara tiraient sur les camarades de Cellou Dalein Diallo. Aujourd’hui, l’ancien putschiste et l’opposant s’allient pour empêcher la réélection d’Alpha Condé…

Bien que non officielle, l’annonce de cette alliance a fait l’effet d’une bombe. Cellou Dalein Diallo, leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), principal parti d’opposition, et l’ex-putschiste Moussa Dadis Camara ont désormais – selon leurs termes bien harmonisés – « des convergences de vue ». Ils se disent prêts à « travailler ensemble » pour barrer la route au chef de l’État, Alpha Condé, candidat à l’élection présidentielle d’octobre.

Oubliées les divergences d’hier et les petites phrases distillées juste après le massacre du 28 septembre 2009, lorsque la manifestation pacifique organisée par les leaders politiques, dont Cellou Dalein Diallo, avait été réprimée dans le sang (157 morts) par les soldats de Moussa Dadis Camara, alors au pouvoir depuis neuf mois. Le chef de l’UFDG, blessé dans la manifestation, avait réclamé la démission du militaire. Les deux hommes qui se renvoyaient la responsabilité de ce carnage se lanceraient presque des fleurs aujourd’hui…

Aubaine pour Dadis

Pour Dadis Camara, en exil au Burkina Faso depuis 2010, ce rapprochement est une aubaine. Il permet de légitimer son jeune parti, les Forces patriotiques pour la démocratie et le développement. En revanche, pour Cellou Dalein Diallo, l’équation est plus compliquée. Comment convaincre son électorat majoritairement peul, qui a payé le plus lourd tribut lors du massacre de 2009, du bien-fondé de cette alliance inédite ? Une formalité pour le vice-président de son parti, Amadou Bah Oury : « C’est Sidya Touré qui a provoqué un véritable séisme en annonçant début juin le divorce entre son parti, l’UFR [Union des forces républicaines, troisième force politique du pays], et l’UFDG. Il a fait réapparaître le spectre du scénario de la présidentielle de 2010, qu’on pourrait résumer par « tous contre les peuls ». Du coup cette alliance rassure la communauté. »

Face à ce revirement, Sidya Touré s’est refusé à tout commentaire avant de concéder, lapidaire : « Je ne vois pas du tout où cette stratégie peut mener. » Et l’un de ses lieutenants, plus bavard, d’ajouter : « Dadis n’est jamais passé par une élection et n’est plus sur le terrain depuis cinq ans ! Personne ne sait aujourd’hui quel est son poids électoral en Guinée forestière et si les électeurs de cette région respecteront ses consignes de vote en cas de second tour. Et encore moins s’il sera dans la course, la justice pouvant à tout moment le rattraper au sujet des événements de 2009. »

Jeune Afrique

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