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Pourquoi y aura-t-il une minute de 61 secondes dans la nuit de mardi à mercredi ?

Seconde_intercalaire_1_640_360_s_c1_center_centerUne seconde intercalaire doit être rajoutée au temps universel pour que nos horloges restent calées sur la rotation de la Terre. A minuit (temps universel), les horloges afficheront «23:59:60».

On ne dirait pas comme ça, à voir chaque jour le Soleil se lever à l’Est et se coucher à l’Ouest, que notre système solaire n’est en réalité pas un modèle de stabilité… La Lune, par exemple, ne fait jamais deux fois la même ronde autour de la Terre : ballottée dans les jeux d’attraction avec sa planète et son étoile, elle s’éloigne de nous à hauteur de 3,8 centimètres par an ! Une autre conséquence des mêmes causes est le ralentissement progressif de la rotation terrestre. Pour que nos horloges restent bien calées sur la danse des astres, il faut donc régulièrement ajuster l’échelle du temps internationale.

C’est ce qui se passera dans la nuit de mardi 30 juin à mercredi 1er juillet. Entre 23h59 et minuit pile à l’heure universelle, soit entre 1h59 et 2h du matin heure française, la minute qui s’écoulera durera exceptionnellement 61 secondes. Bien sûr, aucun citoyen n’est tenu de corriger sa trotteuse comme lors d’un changement d’heure saisonnier, mais les grands gestionnaires officiels du temps, eux, appliqueront la modification. En France, c’est le Laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE) de l’Observatoire de Paris qui ajoutera cette seconde dite «intercalaire» à sa grande horloge électronique. Le service d’horloge parlante repose sur ses serveurs.

Un accord international de 1972

Cette procédure de correction du temps a commencé en 1972. Constatant qu’on ne pouvait pas continuer à s’appuyer sur la mesure de la rotation de la Terre, bien trop fantaisiste, pour définir l’étalon du temps, un accord international a établi la création d’un Temps atomique international (TAI), immuable et indépendant des caprices de la Terre. Ce TAI est calculé par des horloges atomiques à travers le monde, et c’est lui qui définit la durée absolue d’une seconde. Face à lui, le Temps universel coordonné (UTC) s’adapte au ralentissement de la Terre pour régler nos horloges dans les différents fuseaux horaires.

En 1972, le TAI et l’UTC ont commencé à emprunter leurs chemins séparés avec une différence de 10 secondes, qui est allée en s’accroissant. Le TAI n’est jamais modifié, tandis que l’UTC s’est vu rajouter des secondes intercalaires tous les 19 mois en moyenne. 25 secondes ont été rajoutées depuis 1972. Celle de mercredi sera la 26e (amenant la différence entre les deux échelles à 36 secondes au total).

Il est intéressant de noter que contrairement aux changements d’heure saisonniers, l’ajout de secondes intercalaires n’est jamais planifié à l’avance selon un agenda précis, car les relations entre Terre, Soleil et Lune sont si complexes qu’il est impossible de savoir exactement comment va évoluer la rotation de la Terre. Sans parler de nos aléas internes tels que déformation du noyau ou du manteau terrestre, ou changements dans l’atmosphère… Il n’est pas interdit de penser qu’un jour, la rotation de la Terre puisse regagner un peu de vitesse et qu’il faille retirer une seconde au temps universel au lieu de l’ajouter ! Les gros séismes raccourcissent régulièrement la durée du jour, mais leur effet se compte en microsecondes et cela ne suffit pas à compenser le ralentissement général. Les secondes intercalaires sont donc ajoutées au coup par coup, après réunion et décision de l’International Earth Rotation and Reference Systems Service (IERS), basé en particulier à l’Observatoire de Paris.

A lire aussi «On a décidé de rajouter une seconde cette année», notre interview de l’astronome Daniel Gambis de l’Observatoire de Paris, en 2008.

Concrètement, les horloges officielles qui appliqueront la seconde intercalaire afficheront mercredi «23:59:59», puis «23:59:60», avant de passer à «00:00:00».

Rigolo, mais pas aux yeux de tout le monde. L’Observatoire de Paris explique que le système «présente des inconvénients pour diverses communautés, notamment celles liées à la navigation par satellites, aux réseaux de télécommunications ou aux marchés financiers». La seconde intercalaire fait débat depuis quinze ans déjà, et une réunion aura justement lieu en novembre 2015 à Genève, dans le cadre de l’Union international des télécommunications, pour réévaluer sa pertinence.

Source liberation.fr

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