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Un journaliste victime d’agression, d’injures, de menaces et de séquestration : Sa rédaction s’indigne et appelle à bannir toutes formes de violences contre les journalistes (Déclaration)

NBGuineematin.com a le regret d’informer l’opinion publique nationale et internationale que notre Directeur de Publication, Thierno Amadou Camara, a été victime d’agression, d’injures, de menaces et de séquestration le vendredi 31 juillet 2015 à Taady Club lors du congrès de l’ancien parti au pouvoir, le Parti de l’Unité et du Progrès (PUP).
Après deux jours avec les responsables et militants de ce parti au siège national du PUP (le mercredi 29 juillet 2015) et à Taady Club où s’est tenu le congrès (les jeudi 30 et vendredi 31 juillet 2015), Thierno Amadou Camara rédigeait un article sur les coulisses du congrès qui était en cours quand il a été arrêté.
Les faits :
Un officier de la police a demandé au journaliste de s’identifier : « Je m’appelle Thierno Amadou Camara… », a commencé le journaliste. « De Guineematin ? », lui a-t-on demandé. « Oui », a répondu Thierno, heureux d’être si facilement identifiable. C’est alors qu’on lui a demandé de présenter son badge.
Après avoir fouillé ses poches et son sac, le journaliste s’est rendu compte qu’il a oublié ce document et demandé qu’on lui permette de faire intervenir un des responsables du PUP. « Ils me connaissent tous et ils vous diront que je suis là avec eux depuis le début », a-t-il dit, en vain. Sans le laisser finir, le policier a débranché son ordinateur et demandé aux agents de « le foutre dehors ». Ayant suivi les discussions, les agents n’ont pas obtempéré. L’officier a alors appelé d’autres policiers pour venir ramasser le journaliste, le violenter, l’injurier et l’embarquer sans chaussures, ni ses biens. Dans leur pic up, les agents ont giflé deux fois le journaliste qui a été blessé, surtout très atteint par les injures et les menaces. A leur arrivée au commissariat de la police de Nongo, il a crachera du sang devant ceux à qui il a été confié et qui interviendront d’ailleurs en sa faveur contre les injures proférées par les agents de la CMIS (Compagnie Mobile d’Intervention et de Sécurité) de Enco5 qui l’ont déposé.
Détention illégale et arbitraire
Près de 2 heures, nous avons tout fait pour savoir où se trouvait le Directeur de Publication dont on a appris l’interpellation par le deuxième journaliste que nous avions dans ce congrès, mais qui ignorait où son confrère a été conduit.
De multiples appels téléphoniques nous ont permis de savoir que le parti organisateur du congrès n’était pas étranger à ce qu’on faisait subir au journaliste. « Votre journaliste n’avait non seulement pas de badge, mais il s’est comporté comme un politicien », a dit par exemple Elhadj Fodé Bangoura, un des candidats à la présidence du PUP. Son challengeur, Cheick Amadou Camara, lui, n’a pas décroché nos appels ; ainsi que plusieurs ministres et hauts responsables de l’administration qu’on a essayé de contacter pour nous aider à repérer et faire libérer le journaliste.
Finalement, lorsqu’on a pu repérer et retrouver le journaliste, il nous a été dit qu’on ne pouvait pas sortir du commissariat avec lui et qu’il a été confié par la CMIS de Enco5. Après plusieurs échanges infructueux, c’est monsieur Boubacar Yacine Diallo, ancien ministre de la Communication et ancien président du CNC qui interviendra au téléphone en sa faveur. « Le ministre Yacine Diallo a plaidé coupable et nous prie de libérer le journaliste », a dit le commissaire qui demandera à ses agents s’il faut accepter ou pas cette plaidoirie… nous avons finalement obtenu sa libération et quitté le commissariat avec lui.
Mais, dans la soirée, Thierno Amadou Camara viendra au bureau nous faire part des contusions qu’il avait sur son dos, les épaules, les pieds et montrera la blessure sur son épaule. C’était d’ailleurs devant le ministre de la Communication, monsieur Alhousseiny Makanéra Kaké qui appellera personnellement le Directeur national de la police pour expliquer ce qu’il a vu et entendu.
Monsieur le Directeur national de la police appellera Guineematin.com pour exprimer ses regrets, présenter ses excuses et promettre des sanctions.
Avec les douleurs qui persistaient sur plusieurs parties de son corps, nous avons accompagné la victime à la clinique « Mère et enfants » où il a été consulté et a reçu une ordonnance médicale aux alentours de 22 heures.
Lors de la réunion du lendemain, samedi 1er août 2015, certains journalistes ont rappelé que c’est la troisième fois, depuis le mois de février dernier, que les journalistes de Guineematin.com sont maltraités en plein exercice de leur métier.

– Abdoulaye Oumou Sow a été victime de coups et blessures volontaires de la part du gendarme Tambassa Keïta, le 19 février 2015, alors qu’il couvrait une manifestation organisée par la société civile contre l’impunité ;
– Ibrahima Sory Diallo a été molesté à Cosa avec deux autres journalistes. Et, c’est le reporter de Guineematin.com qui avait reçu des coups et a été embarqué de force par des agents de la police sur leur véhicule Toyota Hilux, pick-up blanc, VA 4084 A ; alors qu’il couvrait une manifestation organisée par l’opposition ;
– Et, le cas de Thierno Amadou camara ce vendredi 31 juillet 2015 lors du congrès du PUP.
Le personnel a alors échangé sur les causes qui pourraient être à l’origine de ces freins à notre travail et les dispositions que nous pourrions prendre pour éviter d’autres actes similaires.
Finalement, nous avons décidé de porter plainte contre les agents de la police et d’inviter nos confrères journalistes, les associations de presse, les organisations de défense des droits humains et toute autres structure ou personne de bonne volonté de nous aider à faire punir par le tribunal ces policiers ; tout en espérant que ceci pourrait aboutir et dissuader d’autres agents indélicats de la sécurité.
Par ailleurs, physiquement et moralement atteint par ces actes d’un autre âge des agents de la police nationale, le Directeur de la Publication de Guineematin.com s’est rendu dans son village de M’Bonet à Dinguiraye, ce dimanche 02 août 2015, pour voir sa famille dont sa maman très inquiète suite à l’annonce de son arrestation.
En attendant son retour, nous avons consulté un avocat, maître Salifou Béavogui, qui avait bien assuré la défense de notre collègue, Abdoulaye Oumou Sow et qui a accepté de nous accompagner de nouveau pour ce cas de Thierno Amadou Camara.
Par la présente déclaration, nous lançons un appel à l’opinion nationale et internationale, à tous nos compatriotes épris de paix et de justice, tous nos confrères de la presse publique et privée, toutes les associations de presse et les organisations des droits humains, les avocats et personnes de bonne volonté de nous aider mettre fin à de tels comportements de ces agents de la police qui ont brutalisé, insulté, menacé, giflé et détenu de façon illégale et durant des heures notre journaliste.
Nous sommes d’autant plus préoccupés que nous rédigeons cette déclaration au onzième jour de la disparition d’un confrère, Chérif Diallo, JRI, d’Espace Tv, la télévision du groupe Hadafo Médias. Depuis le jeudi 23 juillet 2015, ce journaliste a quitté la maison familiale et n’a été plus été revu, ni par ses parents, ni ses amis, encore moins ses collègues d’Espace Tv, malgré toutes les recherches et tous les appels de ses parents, de ses amis et de son employeur, le groupe Hadafo Médias.
Conakry, le 02 août 2015

Nouhou Baldé
Fondateur et Administrateur Général de Guineematin.com

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