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Libye: nouveau drame des migrations au large de Zouara

Nouvelle image_120_0Un bateau transportant au moins 300 clandestins a fait naufrage au large de la ville libyenne de Zouara, dans la nuit du 27 au 28 août. 198 d’entre eux ont pu être secourus selon le Croissant-Rouge, qui avance également un bilan provisoire de 76 morts. La recherche des derniers corps doit se poursuivre aujourd’hui. Il y aurait encore des dizaines de disparus.

Certains rescapés ont passé neuf heures dans l’eau en attendant que les gardes-côtes libyens viennent à leur secours. Des gardes-côtes libyens qui mènent les opérations de sauvetage avec des moyens limités et des bateaux empruntés à des pêcheurs. Les navires de sauvetages internationaux n’ont pas pu intervenir, car l’embarcation des migrants a chaviré peu après son départ.

« L’accident s’est passé avant l’arrivée dans les eaux internationales, à une dizaine de milles en mer, explique Foued Gammoudi, coordinateur de Médecins sans frontières en Tunisie, et le bateau était dans un tel état qu’il ne pouvait pas aller plus loin. Il était trop près du rivage, et les bateaux de MSF sont un peu plus loin dans les eaux internationales. »

Vendredi soir, alors que les recherches se sont arrêtées à cause du manque de lumière, les corps sur les plages de Zouara étaient encore visibles. Les cadavres posent le plus de problèmes, car l’hôpital n’a pas de morgue assez grande pour accueillir les dépouilles. Des corps ont déjà été transférés dans des hôpitaux voisins. Le Croissant-Rouge, aidé de pêcheurs locaux, continue de récupérer des corps coincés sous la coque du bateau qui s’est retourné.

Le sort des survivants

Les rescapés, eux, ont ensuite été conduits dans la ville de Sabratha, à l’ouest de Tripoli, d’après l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Ils ont été principalement amenés à l’hôpital de la ville et dans des bâtiments publics pour les moins touchés.

Flavio Di Giacomo, le porte-parole de l’OIM en Italie, s’inquiète du sort des survivants au vu de la situation instable dans le pays. « On sait seulement qu’ils ont été emmenés dans un centre de détention […]Et là encore, ce qui va se passer pour ces rescapés n’est pas vraiment clair. Ils vont être enfermés pendant des jours, des semaines, des mois, ça dépend. C’est pour ça qu’on est toujours préoccupés sur la situation des migrants en Libye. »

Cinq passeurs arrêtés      

Cinq passeurs ont été arrêtés à Zouara, qui est l’un des principaux points de départ des migrants vers l’Europe. Mais les autorités locales ne se font pas d’illusions. L’Union européenne refuse de négocier avec la mairie. Selon les élus, l’UE ne peut passer des accords qu’avec un Etat. Or, la Libye n’a plus de gouvernement unique depuis plus d’un an et les négociations internationales sont bloquées.

Au mois d’août, près de 18 000 migrants sont partis de Libye pour arriver en Italie selon les chiffres de l’OIM. Ils sont près de 400 à avoir péri pendant la traversée. Dans un communiqué, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon s’est déclaré « horrifié et affligé par la mort de réfugiés et de migrants », faisant allusion à ce drame et à celui qu’a connu l’Autriche récemment. « Il faut faire bien davantage» pour résoudre la crise migratoire en Méditerranée et en Europe, a -t-il précisé ce vendredi, annonçant une réunion sur le sujet le 30 septembre à New York, en marge de la session annuelle de l’Assemblée générale de l’ONU.

RFI

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