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Soupçons de chantage contre le Maroc: les deux journalistes inculpés

EricLes deux journalistes français soupçonnés d’avoir fait chanter Mohammed VI, le roi du Maroc, ont été mis en examen et placés sous contrôle judiciaire. Ils sont poursuivis pour « chantage » et « extorsion de fonds ». Leur interpellation remonte à jeudi dernier, alors que les deux journalistes sortaient d’un restaurant parisien avec un représentant du Maroc qui leur aurait remis une importante somme d’argent. Les principaux concernés, eux, parlent d’un coup monté.

Après plus de 24 heures de garde à vue, Eric Laurent et Catherine Graciet ont été mis en examen et remis en liberté sous contrôle judiciaire. Ils ont interdiction d’entrer en contact entre eux ou avec tout autre protagoniste du dossier.

Arrêtés jeudi dernier à Paris, les deux journalistes venaient de toucher 80 000 euros en liquide lors d’un rendez-vous avec un représentant marocain, selon l’avocat du roi. Une rencontre écoutée et surveillée par la police.

Ils ont été « piégés » par des « enregistrements sauvages », assure Eric Moutet, l’avocat de Catherine Graciet, qui a également reconnu qu’une « transaction financière » avait bien eu lieu avec le Maroc.

Informations compromettantes

L’affaire remonte à la fin du mois de juillet quand Eric Laurent contacte le cabinet royal marocain. Il propose, moyennant trois puis deux millions d’euros, de renoncer à l’écriture d’un livre avec Catherine Graciet sur le roi Mohammed VI. Un livre qui révélerait des informations compromettantes sur le monarque.

Le Maroc dépose alors plainte à Paris et une enquête est ouverte. « Un stratagème », selon l’avocat de Catherine Graciet, les deux journalistes étant connus pour avoir déjà publié une enquête accusatrice sur le roi, Le Roi prédateur. C’est désormais à l’instruction de déterminer le rôle de chacun.

Une affaire largement commentée au Maroc

Il y en a qui s’étonnent de la version des faits livrée par le Maroc : « Comment un confrère expérimenté comme Eric Laurent » a-t-il pu se faire prendre ainsi « la main dans le pot de chocolat ? », s’étonne un journaliste marocain sur Facebook, invitant ses confrères à la « prudence » le temps que les choses s’éclaircissent.

Mais tous ne s’encombrent pas de cette précaution. Dès jeudi soir, plusieurs éditorialistes ont qualifiés les journalistes français de « prédateurs ». Ce sont « des mercenaires de la plume », écrit même la Vie Eco, auxquels « font probablement appel les milieux français « hostiles » au Maroc ».

Dans l’une de ses dépêches envoyée par son bureau de Paris, l’agence officielle MA va plus loin : « Le journalisme en France va mal. La pratique du noble métier dans le pays de Balzac, Zola et Camus est aujourd’hui en proie à toutes les dérives. […] Cette affaire est une insulte pour le métier. Une infamie. » En résumé, comme le regrette l’écrivain Gilles Perrault, « c’est une triste histoire qui risque de déconsidérer à l’avance « toute critique » et le travail de ceux qui essaient de donner une image objective du Maroc ».

RFI

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