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Deux journalistes molestés à Kindia, des téléphones et du matériel d’enregistrement confisqués : le film de la forfaiture

journalisteTout commence par la scène cocasse de l’accident d’un véhicule blindé lors d’une manœuvre des soldats de la compagnie des engins lourds dans un quartier périphérique du camp qui abrite la première zone militaire de Kindia. A 9 heures, Le char dont on avait perdu le contrôle a fini sa course dans la maison d’un riverain, après avoir fait sur son passage de nombreux blessés dont certains seraient, dit-on, dans un état grave. Les deux confrères, Mohamed Mbemba et Mohamed Lamine Fofana, employés de la radio privée sabou fm sont alors alertés et se rendent sur le terrain pour fins d’enquêtes. L’accueil n’est pas des plus chaleureux, des soldats postés là leur interdisent l’accès, voire d’interroger des témoins sur place, encore moins la victime, alors même qu’ils étaient munis de leurs cartes de presse qu’ils ont vite fait de brandir, espérant quelque compréhension. Face à leur attitude inflexible et la répugnance qu’ils commençaient à montrer en qualifiant les journalistes d’escrocs, nos deux confrères se résolvent à attendre. A 13 heures, arguant d’ordres qu’ils auraient reçu de leurs supérieurs- c’est le slogan pour justifier leurs forfaits-, les soldats confisquent la moto des deux journalistes et leur intiment l’ordre de quitter les lieux dans l’immédiat. Ce à quoi, naturellement, ces derniers n’ont pas obéit, exigeant qu’on leur restitue leur véhicule. Pendant que Mohamed Mbemba passe aux explications, il s’entend fuser du groupe cette phrase, du moins, inopportune : ta gueule là ne passera pas ici, imbécile.

Contrarié, il réplique : pourquoi m’insultes-tu ? Je ne bougerai pas ici sans ma moto. S’engage alors l’épreuve de force, les militaires voulant le chasser à tout prix. Alors que son compagnon d’infortune tente de le tirer de leurs griffes, les deux journalistes sont pris à partie et tabassés comme de sales gosses, sur fonds de grossièretés et de menaces de tous ordres. Sur le champ, ils sont dépossédés de leurs téléphones et leurs enregistreurs, blessés, humiliés. Et comme si cela ne suffisait pas, ils s’entendent dire à chaque fois : chez nous il y a de l’ordre. A l’heure où nous mettons ces mots sous presse, les deux journalistes attendent toujours la présence de leur Directeur Général, qui aurait déjà eu une conversation téléphonique avec le Colonel Ange-Marie Camara, commandant de la première région militaire de Kindia. Plainte ? Pas de Plainte ? Ce serait trop tôt de le dire. Mais ce matin, un des journalistes a confirmé qu’une rencontre est prévue au camp, à la demande du commandant de la région militaire, sans doute pour des compromis réparateurs. Au fonds, une question va demeurer : Qui donne l’ordre aux militaires de tabasser des journalistes ? La hiérarchie militaire semble en effet infestée de supérieurs fantomatiques qui, de leur tanière, donnent des ordres aux conséquences nuisibles alors qu’eux restent malheureusement invisibles. Affaire à suivre.

Denis GAMY

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