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Plume à Aboubacar Diallo du 07 Septembre 2015

plumeElle profile comme un combat de nègres dans un long couloir sombre, très sombre. Ils sont huit à s’y engager, sans trop y croire pour la plupart, leurs esprits habités, taraudés par le doute, les questionnements et une forte dose d’anxiété. Malgré tout, ils s’embarquent comme dans une aventure, à issue qu’ils présument biaisée. Mais ils y vont tout de même. Pour espérer quoi au bout ?

 

Le point de non retour pour eux, enchaînés, pieds et poings joints, enferrés jusqu’à la garde, jusqu’au trognon, en route pour être sacrifiés sous l’autel. Ils savent leur sort scellé, irrémédiablement plombé, ils savent qu’ils sont conduits à l’abattoir, comme ces moutons donnés en sacrifice à une fête musulmane, à la seule différence, que eux ces moutons, ne sont guidés que par leur instinct grégaire. Eux, ce sont des humains, qui plus est, des hommes d’Etat, qui pour la plupart, ont été à des hautes sphères de cet Etat et y exercé de grandes responsabilités, ce qui fait d’eux, à priori, des hommes suffisamment mûrs et éclairés, pour savoir où ils sont menés, pour savoir qu’ils sont menés par le bout du nez, qu’ils sont menés en bateau, qu’ils sont menés à leur perte. Oui, qu’ils savent tout cela, oui qu’ils sont conscients de tout cela, mais comme des mauviettes, comme des chiffes, ils se laissent conduire à ce grand précipice, ils se laissent conduire à ce grand big bang ! Oui, j’entends du fond de leurs cœurs, du fond de leurs âmes dégoulinantes de doutes, leurs craintes d’un hold-up en préparation, d’un ‘’un coup KO’’, donc d’une victoire dès le premier round pour le sortant Alpha Condé, il n’y a pas l’ombre d’une hésitation, hanté par une seule obsession quasi hystérique, la seule qui vaille, la seule qui relègue tout au dernier plan, développement, Ebola, et que je sais-je, pouvant bien attendre, rempiler, se faire renouveler son bail à la tête de la Guinée, vaille que vaille, seul point de mire. Lui, il y croit dur comme fer ! Lui, il se donne les moyens d’y parvenir, d’abord, en faisant à profusion dans la campagne avant l’heure, la Haute-Guinée, sa forteresse imprenable, la forêt où il a du sang d’ancre à se faire, le cas Dadis étant une grosse arrête restée en travers des gorges dans cette terre meurtrie et contusionnée, du fait d’un lourd passif de violences de tout poil, la basse-côte, puis le Fouta, sur les terres d’El Hadj Cellou, ensuite, en faisant malicieusement dans de l’obstruction. Oui, au-delà du miroir aux alouettes de volontés factices exprimées à grand renfort de presse publique, par de seconds couteaux, en première ligne, l’homme à la foi candide, le garde des sceaux, le Caïd des négociations, pour une application stricto-sensu de l’entente du 20 Août, il y a un écran de fumée, une épaisse couche de brume, derrière lesquels, me dit mon œil, on peut soupçonner sa main noire. Sinon dites-moi comment est-on infichu de recomposer les conseils communaux jusqu’à date ? C’est pourtant ce minima dont ils se sont contentés, au nom de la paix, pour abandonner, s’il vous plait, leur revendication majeure, celle à laquelle ils semblaient accrochés becs et ongles comme aux prunelles de leurs yeux, celle pour la satisfaction de laquelle, il eût de nouvelles vies consumées dans la géhenne de nouvelles poussées de fièvre, et patati de nouvelles casses. On nous dit que la CENI ne disposerait pas de ce qui devrait être l’étalon de mesure de la clé de répartition des sièges au sein des nouvelles délégations spéciales à constituer, les résultats des législatives de 2013, dans leurs détails en l’occurrence. Des résultats, introuvables, emportés comme par magie, par un Mistral. Quid du fichier ? Sera-t-il totalement débarrassé de toutes les scories qui l’entachent, qui le corrompent ? Les atermoiements avant de voir le fameux comité d’experts se mettre en place et au travail, n’incitent guerre à l’espoir d’un fichier aseptisé, désinfecté, javellisé, pasteurisé, stérilisé, étuvé, garant d’un scrutin honnête au terme duquel chaque compétiteur ne récoltera que ce qu’il aura mérité. On n’en est loin du compte, à une petite trentaine de jours. Et pour solde de tout compte, comme pour ne rien arranger, le casus belli Hadja Ramatoulaye. Accusée de porter un trop-plein de ‘’ haine’’ à l’endroit d’une gouvernance qu’elle a pourtant servie, la récusation dont elle fait l’objet de la part de celle-ci, pourrait sonner le tocsin d’un nouveau tortillage. En dépit de cet amas d’incertitudes, en dépit de ce tombereau de vices et de parasites, d’embûches et de chausse-trappes, ils y vont quand même, comme pour offrir à Alpha Condé, des verges pour se faire châtier, pour se faire harakiri ! Pauvres d’eux !

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