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Coup de force au Burkina Faso : Le grand espoir des peuples africains va-t-il être étouffé ? s’interroge l’OGDH (Déclaration)

THIERNO-MADJOUAprès la révolution populaire qui a mis fin à 27 ans de règne sans partage du président Blaise Compaoré, les forces vives du Burkina Faso viennent de se faire voler leur transition, obtenue au forceps, suite à un putsch militaire orchestré par les forces du Régiment de la Sécurité Présidentielle (RSP) le 16 Septembre dernier. Le RSP est une force spéciale qui était au service du président Compaoré lorsqu’il était aux affaires. L’un de ses hommes de main, le Général Gilbert Diendiéré,ex chef d’état major particulier, est à la tête des putschistes. Tout est parti de l’irruption dans la salle du conseil des ministres d’un contingent du RSP venu mettre aux arrêts le président du gouvernement de transition Michel Kafando, le premier ministre Isaac Zida et certains membres du gouvernement dont le professeur Augustin Loada, ministre de la Fonction publique.

Cette nouvelle incursion de l’Armée intervient au moment où deux événements majeurs de la transition étaient en cours. La publication du rapport de la Commission de la Réconciliation nationale et des Réformes préconisant la dissolution du RSP et le dépôt, annoncé pour les prochaines semaines, du rapport d’enquête du Juge en charge du dossier sur l’assassinat du Président Thomas Sankara. Des indices qui laissent penser que ce putsch vise à torpiller le processus de transition lorsqu’on sait le rôle joué par le chef des putschistes dans tous les événements qui ont marqué les 27 ans de pouvoir du président Blaise Compaoré.

– Fidèle aux principes qui fondent la république, la démocratie, la bonne gouvernance et le respect des droits de l’Homme, convaincue que l’Etat de droit ne saurait se construire dans un contexte d’anarchie où les forces de défense et de sécurité, selon leur bon vouloir, peuvent à tout moment mettre en cause l’ordre constitutionnel légalement établi en niant la volonté du peuple, respectueuse des dispositions contenues dans le Pacte international des droits civils et politiques, la Charte Africaine pour la Démocratie des Elections et de la Gouvernance (CADEG)et le protocole de la CEDEAO sur les élections et la démocratie,

l’OGDH (Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l’Homme et du Citoyen):

Condamne fermement ce coup de force qui vient perturber un processus de transition qui a reveillé aussi bien le peuple burkinabè que l’ensemble des forces du progrès de l’Afrique.

Lance un appel

À la société civile burkinabé notamment au mouvement citoyen burkinabè, à tous les démocrates, aux organisations de la société civile ouest africaine afin qu’ils se mobilisent et forment un front uni pour contrer ce retour à la mauvaise gouvernance dans un pays qui n’a que trop souffert du règne de la corruption et du crime organisé (déstabilisation des pays, assassinats ciblés…).

La solidarité manifestée par la société civile ouest africaine lors de la crise électorale sénégalaise en 2012 pourrait bien être rééditée dans la situation actuelle du Burkina en faveur de l’application de la nouvelle loi électorale

Aux forces de défense et de sécurité burkinabè qui doivent réagir avec fermeté au côté du peuple, pour mettre hors d’état de nuire cette bande armée agissant au nom d’une armée qui n’a pas besoin d’une telle réputation dans un contexte de remise sur pied de l’Etat de droit.

À la justice burkinabé pourque toute la lumière soit faite sur les assassinats et autres crimes commis sous le régne de Blaise Compaoré

A la CEDEAO et à l’Union Africaine, afin qu’elles fassent preuve de fermeté dans le respect des dispositions contenues dans la CADEG et le protocole de la CEDEAO sur la démocratie et les élections. Elles ne doivent pas transiger encore moins user de la langue de bois lorsqu’il est question du respect des principes républicains. Le général Gilbert Diendiéré n’est pas un interlocuteur crédible du président en exercice de la CEDEAO. Toute négociation avec ces putschistes doit avoir pour fondement la remise du pouvoir aux ayants droit que sont les autorités de la transition qui jouissent de la légitimité populaire pour conduire le processus électoral

A la communauté internationale, notamment les organisations intergouvernementales que sont les Nations Unies, l’Union Européenne et l’OIF afin que l’ensemble des sanctions prévues en pareil cas soient mises en œuvre et qu’une poursuite judiciaire soit engagée contre les auteurs des violences qui ont fait à ce jour 10 morts et 113 blessés.

Le Président

Dr SOW Thierno Maadjou

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