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Plume à Aboubacar Diallo du 23 septembre 2015

plumeComme un retour à ses premières amours pour l’un, une plongée éhontée dans la grande marmite dans laquelle bout une soupe dans laquelle il a longtemps craché, pour l’autre, deux hommes politiques au parcours certes distincts, mais qui, jusqu’à récemment, criaient au même loup dans la bergerie, ont fini, par tourner casaque, pour soutenir celui qu’ils ont tous combattu et voué aux gémonies.

Au bout du bout, la fin, le commencement pour le pétale doré de la vie politique guinéenne, qui s’est étiolé et en voie de se faner. Au soir d’une carrière politique certes pleine, mais remplie d’inconstance telle la météo, telle la girouette, ponctuée de yoyo digne de world street, il avait le choix entre une action désespérée, vouée de toutes les façons à l’échec, en s’alignant dans une course qu’il sait perdue par avance, n’ayant jamais su se ménager tout le long de son odyssée kafkaïenne une assise électorale bien charpentée, il avait le choix entre cette sortie de piste pour le ravin d’une scène politique qu’il a contribuée à animer à sa façon, il avait le choix entre ce saut vers l’abîme de l’histoire et le fait de se ménager un atterrissage moins chaotique, une sortie plus ou moins honorifique. Oui, l’un des derniers mohicans de la vie politique tumultueuse de la Guinée, avait beau jeu de se résoudre, après avoir longtemps cavalcadé, après avoir longtemps voltigé, à jouer son baroud d’honneur aux côtés de son vieil ami, compagnon d’infortune, sous l’ancien régime, avec qui, il a subi son bizutage, avec qui, il a tout subi, en course pour rempiler à la tête du pays. C’est vrai que par intermittence, il a semblé se fâcher contre celui-ci, tout en prenant soin de ne pas trop le heurter, de ne pas porter un trop violent coup de canif dans ce qui fait la sève même de leur amitié, une amitié finalement qui a résisté à l’épreuve du temps, mais l’homme, invariablement, c’est peut-être là la seule constance qu’on peut lui trouver, au sortir de sa longue carrière de vieux bonze, n’a jamais renié un seul instant, leur passé à eux, ils étaient quatre, deux ont rejoint le royaume des cieux, ils ne sont plus que deux, oui, il n’a jamais renié ce passé dont il s’est, a contrario, toujours glorifié, rappelant à satiété à qui veut l’entendre, le sens de leur combat à l’époque, et l’unité d’action qui caractérisait toujours tous leurs sacrifices pour l’avènement de la démocratie en Guinée. Oui, plus que ses moments de valse-hésitation, qui ont donné du tournis à l’analyste politique le plus futé, je retiens la forte conviction de l’homme dans les valeurs de démocratie et d’Etat de droit, son combat à voir son pays emprunté enfin le chemin d’un développement qui profite à tous, d’un développement que le peuple se doit de revendiquer, eu égard l’incroyable potentiel naturel de son pays. Tout à l’antipode de lui, à mille lieux d’être au-dessus de tout reproche, il y a toute une matelote d’apprentis-sorciers, qui n’ont pas résisté plus longtemps que plus de quatre ans, au terme desquels, ils ont vu tout leur fonds de commerce politique, fondre comme cire au soleil, pour finir par boire la soupe dans laquelle ils avaient longtemps craché, pour finir par retourner excusez de peu, à leur vomissure. Leur rang n’a eu de cesse de croître, à mesure qu’ils se sont desséchés eux-mêmes, à mesure qu’ils ont été rendus à leurs propres contradictions et manques de convictions. Depuis Don Kass, qui avait poussé plus loin que l’imaginaire les crampons du dénigrement et de la diabolisation du régime qu’il a fini par servir, au point d’en être celui qui est en première ligne pour reconduire celui-ci, qu’il pourfendait, vouait aux gémonies, jusqu’à il y a récemment, depuis Don Kass, de l’eau a coulé sous le pont, depuis lui, que de soi-disant leaders, qui avaient longtemps rué dans les brancards, parfois sur les capots de véhicules dans des manifestations sur les places et voies publiques, depuis lui, il y a eu Big Up, il y a eu Fodé Mohamed Soumah, il y a eu Abé Sylla, il y a eu Jean Marie Doré, il y a enfin, le plus impromptûment du monde, Bah Baadiko. Qui l’eût cru ? A croire que eux tous étaient sans conviction, que eux tous, allaient à la fin, tous lui courber l’échine, c’est triste, c’est affligeant, c’est inquiétant !!!

 

Commentaires

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1 Commentaire

1 Comment

  1. Harouna Diallo

    15 octobre 2015 at 14 h 02 min

    Que Dieu te donne longue vie, tu nous éclaire du jour au lendemain sur l’actualité politique en Guinée à travers ta fameuse plume, merci beaucoup.

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