Actualités

A Kankan, la mamaya n’est plus une danse historique de nos ancêtres, mais plutôt une danse politique

mamayOn en verra de toutes les couleurs avec cette campagne électorale en cours en Guinée, des mûres et des vertes.

Preuve si besoin en était que cette campagne, c’est aussi les excès et les dévissements sacrément dangereux auxquels celle-ci peut donner lieu, à Kankan, il a été donné d’assister cette année à une métamorphose politique d’une tradition, d’un pas de danse, pourtant resté préservé de tous les tumultes liés à une mondialisation à tous crins, la Mamaya, en l’occurrence.

Il faut rappeler d’un mot que la mamaya à Kankan, c’est cette danse historique léguée par les aïeux et qui a traversé le temps et les générations, pour continuer à se perpétuer jusque de nos jours.

Elle a lieu à la faveur de chaque Tabaski (Grande fête musulmane NDLR). Elle dure 3 jours à la suite de la célébration de cette fête.

Elle se tient au grand carrefour Chérifoula et est l’occasion de grandes réjouissances et surtout de grandes retrouvailles entre fils du Gbèkandiamana, ceux restés au terroir et les ressortissants venant des quatre coins du monde.

Cette année, il a été constaté que cette mamaya est désormais politisée, et du coup, vidée de sa substance historique, foulée au pied et jetée à la poubelle.

Cela s’est démontré par le mode vestimentaire qui a miraculeusement changé cette année pendant les 3 jours, du fait de la coloration politique que celui-ci a pris.

En effet, du tout au tout pour la cuvée de cette année, c’est le jaune, la couleur favorite du parti au pouvoir, le RPG-ARC-CIEL, qui a régné.

Sinon, de tout temps, par tradition, ce pas est dansé selon un schéma vestimentaire connu et respecté de tous que voici : le Bazin blanc le premier jour, le Bazin de bleu Baga le 2è jour, et celui de couleur bleue ciel le dernier jour, et avec pour particularité pour les hommes que ceux-ci dansent munis, soit d’un mouchoir blanc ou d’un bâton blanc.

Malheureusement, la politique et la campagne électorale pour la présidentielle du 11 octobre, se sont invitées dans la chose, pour la colorer entièrement en jaune.

Non seulement, la couleur du mouchoir et du bâton, a viré au grand jaune du RPG-ARC-CIEL du président candidat Alpha Condé, en lieu et place du mouchoir blanc, c’était le mouchoir jaune, le bâton lui à son tour, a été peinturé en jaune, pire, tous les habits étaient aux couleurs du parti au pouvoir, pour une mamaya assez spéciale, assez singulière, dénaturée du tout au tout.

En dépit de toutes les critiques qui ont fusé de partout il y a trois ans, lorsque le même jaune a été porté par certains au dernier jour de la mamaya, avec à la clé cette moquerie restée célèbre « wouladjan toma séré », traduisez du Maninka, couleur chatoyante, perceptible au loin, en dépit de l’opposition farouche de certains fils de Kankan à cette métamorphose d’une tradition séculaire, la manipulation et la démagogie politiques, ont fini par l’emporter, par triompher.

Attention !!! Nos cultures, nos traditions, hors de la politique svp.

Moussa Tatakourou Diawara

Commentaires

commentaires

Ajouter un commentaire

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

To Top