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L’OGAM livre son rapport de la couverture médiatique de la campagne présidentielle 2015

campagne_électoraleLa couverture d’une campagne électorale, est une phase d’application réelle pour les medias. Car elle impose aux journalistes, le respect strict de la déontologie et de l’éthique du métier. Elle est aussi par excellence, un moment au cours duquel les hommes politiques et leurs militants ont le plus besoin des medias pour plusieurs raisons. La première est liée à la nécessité des hommes politiques de faire passer leurs messages de campagne ; la seconde est l’envie des militants d’entendre ce que proposent les différents candidats et la troisième relève de l’information crédible. Pour s’acquitter de toutes ses taches, les journalistes utilisent des reportages, des interviews, des chroniques, des revues, des magazines, des commentaires, des journaux, des émissions, des publireportages, etc.

Dans l’exercice de ces genres, les journalistes sont exposés à de nombreux risques.

Le risque d’être corrompu, d’être agressé, d’être assimilé aux militants de partis politiques, et d’endurer de dures épreuves.

C’est pourquoi, dans ce rapport il est question d’exposer le constat de l’observation faite du comportement des medias Guinéens au cours de cette campagne.

DEROULEMENT DE LA COUVERTURE MEDIATIQUE

D’entrée il est à indiquer qu’il y a eu au cours de la couverture médiatique des disparités géographiques dans les rendus. Les medias Guinéens dans leur majorité se sont focalisés sur certaines localités au détriment des autres. Ainsi la région de conakry, capitale de la Guinée a été mieux couverte par des medias, se taillant 50% de tout le travail de la presse. Cette orientation s’explique par le fait que la plupart des medias sont basés à conakry avec un rayon de couverture qui ne revêt pas tout le territoire. A cela s’ajoute la modicité des moyens dont ils disposent. Mais également certaines capitales régionales Kindia, Mamou, Labé, Kankan et N’zérékoré en raison de la présence de quelques medias sur place mais aussi leur connexion avec ceux de conakry.

Aussi il est à noter que la présence égale des candidats dans les medias publics grâce aux initiatives de la Haute Autorité de la Communication a été effective, en dépit de quelques couacs.

En revanche, les candidats ont été inégalement traités par les medias privés. Principalement par des télévisions privées, certains sites d’informations et certains journaux. Dans ces medias, les candidats comme Alpha Condé du RPG ARC-EN-CIEL, Mamadou Cellou Dallein Diallo de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée(UFDG), Sidya Touré de l’Union des Forces Républicaines(UFR) et Lansana Kouyaté du Parti de l’Espoir pour le Développement National ont été plus présents à la une, dans des espaces publicitaires et avec plus de temps d’antenne que les quatre autres candidats. Mais parmi les candidats cités ci-haut, celui qui a le plus occupé les espaces médiatiques est le Président sortant.

Sur la prise de parole dans la presse, la balance penche en faveur des quatre candidats. Les comptes rendus des meetings et des descentes sur le terrain, ainsi que les reportages font observer que ce sont essentiellement les mêmes candidats.

Parlant toujours de ces inégalités dans la couverture et la parole donnée, une partie de la presse écrite s’est illustrée par un traitement partial de l’information. Des reportages, chroniques, des interviews, titres à la une, des images de certains candidats à la der frisent la propagande politique.   La violation des principes d’équilibre et de neutralité est restée très visible.

Par ailleurs, il est à préciser que les radios privées ont fait assez d’efforts, contrairement aux télévisions privées pour accorder des temps d’antennes aux diverses opinions des partis politiques en lice afin d’éclairer les choix. Des émissions de grande audience comme Grandes Gueules de la radio Espace fm ; Grincement de Dents de la radio Fotten Gollen fm, Oeil de lynx de la radio Lynx fm, Grand- Débat de la radio Tamata fm, Tribune de l’Actu de la radio Cheri fm sont à féliciter pour leur ouverture en faveur des partis en lice. Ces félicitations ne doivent pas cacher le fait que dans certaines radios les candidats ou leurs représentants ont été contraints de mettre la main à la poche pour pouvoir s’exprimer.

Toute fois, force est de reconnaitre que la synergie FM GUINEE 2015, globalement, a été une réussite. Malgré la mauvaise qualité sonore de certains appels téléphoniques, les imprécisions sur les noms des candidats et les partis politiques, les tentatives de donner les tendances à la place des résultats simplement et les omissions de certains confrères dans les rendus. Heureusement, la régie a su les rectifier automatiquement.

Cependant, l’OGAM regrette que la décision de la Haute Autorité de la Communication de sursoir provisoirement aux émissions interactives pour préserver la paix et l’interdiction faite aux medias et opérateurs de téléphonies de publier les résultats avant la CENI aient fait l’objet de polémique. En dépit du fait qu’en république Guinée seule la CENI est habilité à publier les résultats provisoires 72 heurs après le scrutin (Article 182 du code électoral) . Une telle polémique n’avait pas lieu d’être, car elle n’honore pas notre institution mère, par extension la famille des medias Guinéens.

S’agissant de la sécurité des journalistes ; l’OGAM condamne l’agression de notre confrère Thierno Amadou Camara à Siguiri par des militants du RPG ARC-EN-CIEL en colère et Ibrahima Sory Diallo agressé également tous deux travaillant pour le site d’information Guinneematin.com. L’OGAM relance l’appel aux partis politiques et à leurs militants de veiller à la sécurité des journalistes.

CONCLUSION

L’Observatoire Guinéen d’Autorégulation des Medias (OGAM) se félicite d’une manière générale, du climat qui a caractérisé cette couverture médiatique. Il invite les confrères à plus de professionnalisme dans le traitement de l’information.

Par la même, il remercie au nom des medias guinéens, toutes les institutions et tous les partenaires qui ont bien voulu nous accompagner avant, pendant et après cette élection.

RECOMMADATIONS

L’OGAM recommande :

-la mise en place à la veille des prochaines élections d’un observatoire de la couverture médiatique des élections ;

-la création d’une subvention électorale spéciale pour les medias Guinéens ;

-la formation accrue sur la couverture médiatique des élections ;

– l’égale présence des candidats dans tous les medias Guinéens publics et privés

-l’augmentation des temps d’antennes pour tous les candidats ;

– l’élaboration d’un code de conduite des partis politiques et leurs militants envers les journalistes.

                                                                                                                     OGAM

Publié à Conakry, le 14 octobre 2015

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