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Plume à Aboubacar Diallo du 19 octobre 2015

plumeAu bout du rouleau, quoi que rudoyée par endroit, plus du fait d’un dilettantisme avéré de l’organisateur qu’autre chose, on retiendra que la Guinée a franchi un nouveau cap vers l’affermissement de la démocratie et de l’Etat de droit au gré d’une pratique électorale qui s’incruste. Cerise sur le gâteau, l’élan de triomphe modeste, pris par les vainqueurs et la posture de paix des vaincus, une avancée qui trahit le passé récent du pays.

 

Nous voici rendus à bon port ! Dieu soit loué ! Dieu soit loué que les pronostics les plus alarmistes, voire apocalyptiques des prophètes du malheur et autres Cassandres de tout plumage, aient été démentis, Dieu soit loué ! Tout est bien qui finit bien. A nouveau, la Guinée, la Guinée de nos fiers ancêtres, morts au champ d’honneur du combat pour la libération de la grande Afrique, déjoue les pièges et fait un joli pied de nez à tous avaient projeté le déluge, le feu, le chao, le big bang pour elle, à la faveur de cet autre grand rendez-vous qu’elle avait avec l’histoire. Pleine d’assurance, la tête haute, dans une allure altière et souveraine, elle fait son entrée de manière retentissante, dans le cercle restreint vertueux des nations aux bonnes pratiques électorales et démocratiques. Oui ce n’était point un pari gagné d’avance, oui ce n’était point une sinécure, plutôt une gageure, une vraie ! A ce rendez-vous, à ce grand rendez-vous, on attendait le peuple martyr de Guinée, mais vaillant, quoi que mortaisé de constater que son sort ne s’est guère amélioré depuis près de soixante ans qu’il s’est affranchi du joug de la colonisation, malgré une volonté farouche de se prendre en charge, d’être soi-même au gouvernail de son destin, exprimée de la manière la plus résonnante, au référendum gaulliste de 1958. Oui, j’avais été de ceux-là, qui avaient hérissé l’orgueil de ce peuple, pour le placer face à ses responsabilités, pour lui dire qu’il lui était interdit de se louper, qu’il lui était interdit de se manquer à nouveau. J’ai été de ceux-ci qui lui ont dit, à ce peuple, qu’il avait obligation de sursaut patriotique, qu’il avait obligation d’un dépassement de soi, d’un dépassement de ses contradictions internes, qu’il avait obligation de faire tomber toutes les barrières de haine, de régionalisme, d’ethnocentrisme, injustement élevées, à son corps défendant, par des politiques, plutôt assoiffés de pouvoir et prêts à tout, quitte à opposer le peuple à lui-même, pour étancher cette soif. Oui, ce peuple, ce grand peuple de Guinée, grand par son sens du devoir civique, grand par sa hauteur de responsabilité intégrée au plus profond de lui, bref grand par une maturité acquise au gré de vicissitudes et d’épreuves vécues, démontrée à la face du monde, le 11 octobre dernier, à travers un vote sans effusion de tensions, oui ce grand peuple de Guinée, loin de se louper, s’est magnifiquement repris, pour administrer une leçon de démocratie au reste de la grande Afrique. Dieu en soit loué ! Toutefois, l’arbre ne doit pas cacher la forêt, ce bel élan d’exemplarité asséné par ce peuple, a été un cran, en décalage net du capharnaüm qui a ponctué à maints endroits l’organisation elle-même du scrutin, du fait plus par dilettantisme de la CENI, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, que par de basses manœuvres de frauder ou d’opérer un hold-up électoral. Il est à déplorer cet état de fait, relevé si bien, dans tous les rapports préliminaires de missions d’observation électorale. Enfin, nous voici, en sortis, sans trop de dommages, sans y laisser trop de plumes. Ce qui compte au bout, c’est le choix exprimé dans les urnes par ce peuple, qui a fait le choix de renouveler sa confiance en celui qui préside à sa destinée depuis cinq ans, qui a fait le choix d’un avenir qui se scrute à l’aune d’un bilan plutôt encourageant et promoteur. Et pour solde de tout compte, il est saluer deux choses : d’une part, l’élan de triomphe modeste pris par le camp des vainqueurs, qui s’est abstenu de toute manifestation de joie bruyante, pouvant avoir le don de heurter, et d’autre part, la posture de paix et de légaliste, dans laquelle s’est mis le camp des vaincus, s’abstenant à son tour de toute forme de manifestation de protestation, pour ne privilégier que les voies légales, qu’elles seules. Par ces deux actes, c’est la démocratie qui en sort renforcée, fortifiée, c’est la Guinée qui en sort vainqueur, seule vainqueur ! C’est ce qui compte après tout!

 

 

 

Commentaires

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1 Commentaire

1 Comment

  1. Harouna Diallo

    22 octobre 2015 at 22 h 58 min

    Svp faites en sorte que l’on puisse télécharger la version audio ! Je t’admire Aboubacar Diallo.

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