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Cette lettre ouverte de Abdoul Sacko au peuple de Guinée, au lendemain de la présidentielle du 11 octobre 2015

abdoul_sackoJe voudrais tout d’abord partager la douleur en champ magnétique qui traverse les entrailles de tous ceux qui, impuissants ou en manque d’espoir, regardent notre pays la Guinée, contre toute réalité religieuse ou sociologique, s’embourber dans l’ethnocentrisme au seul bénéfice de la mafia politique.

Chers compatriotes, chers Guinéens !

Le vaillant peuple de Guinée, dans sa lutte pour son épanouissement par le biais de sa devise (travail – justice – solidarité) s’est toujours vu trahi par une certaine ‘’élite de nom‘’, qui a souvent manqué au rendez-vous de l’histoire.

Concernant les élections dans notre pays, comme c’est cela l’actuelle mine d’or de la mafia susmentionnée qui, à chaque occasion sacrifie la vie, le bien et la dignité des guinéens.

Notons que de façon basique, le premier élément pour l’organisation d’élections transparentes, crédibles et apaisées réside dans le Cadre Juridique et Institutionnel.

Cependant, en Guinée ce Cadre Juridique et Institutionnel favorise la médiocrité au sein de la CENI et anéanti l’expérience pratique au niveau de ses démembrements.

En d’autres termes :

Comment voulez-vous que des commissaires au niveau national puissent donner des orientations claires et planifier des actions en toute Independence, si leur choix ne répond qu’à leur simple degré de militantisme parfois sans conviction, ni compétence?

Comment voulons-nous corriger nos erreurs du passé sur le plan technique et organisationnel des élections, si notre loi rejette les expériences en exigeant le choix à chaque élection de nouveaux démembrements de la CENI?

Pensez-vous que notre CNT (Conseil National de la Transition, organe législatif entre 2009 – 2013)   a fait un travail suffisamment responsable en légiférant par exemple le vote à main levée pour les élections locales au niveau des districts ou quartiers, alors que le secret du vote est consacré par le code électoral en son article 1er?

Dites-moi, comment une CENI politique (composée des militants des partis politiques) du sommet à la base peut prétendre organiser des élections en toute impartialité ?

Pourquoi allons-nous perdre du temps à distraire les populations en s’inquiétant sur des ratées logistiques et administratives dans l’organisation des élections, sachant pertinemment qu’aucun cadre règlementaire n’est véritablement appliqué pour le recrutement du personnel technique de la CENI?

Aidez-moi à comprendre, comment des guinéens victimes de l’instrumentalisation politicienne et de la pauvreté, peuvent s’adonner à des pillages et des actes de vandalisme ; pendant que nous avons des services de sécurités?

J’allais oublier, la Cour Constitutionnelle ! Qu’elle drôle de comédie lorsque l’opposition s’engage à aller aux élections sans porter confiance ni à l’Organe de Gestion des Election (CENI), ni à l’Organe légale de recours (Cour Constitutionnelle) pour les contentieux électoraux. Comment comprenez-vous cela ?

De toutes les manières la réponse donnée par la Cour Constitutionnelle aux requêtes qu’elle a reçues, édifiera les citoyens sur les impacts de la réforme de la justice.

Je n’ai pas envie de poser la question sur les perturbations d’ordre social et économique qu’aura l’organisation à moins de chaque deux (2) ans des élections sur notre ambition d’une Guinée forte et paisible ; car j’estime que c’est tard .

Mais il faut penser comment amoindrir ses effets négatifs sur la stabilité sociale et économique de notre pays.

Voilà ces quelques interrogations que je voudrais en toute humilité, que chaque guinéen essaye d’apporter des éléments de réponse dans sa joie ou dans sa déception électoraliste, pour la sauvegarde de l’intérêt supérieur de la nation. Bien que les élections ne soient pas une fin en soi, mais elles constituent l’essence de l’expression populaire et une étape incontournable pour une nation qui se veut démocratique. Elles doivent donc s’inscrire dans une logique de respect mutuel et des valeurs de la République.

Je ne serais pas naïf ou irresponsable au point de rester sans envoyer un message aux pseudos acteurs de la société civile, ethno stratèges et autres…, qui arnaquent l’Etat ou pleurnichent à la place de l’opposition, alors qu’ils ne servent ni l’un ni l’autre et le citoyen non plus. A ceux-là, je dirais tout simplement ça suffit, ayez le sens de la dignité et allez-vous en, dans la comédie politique avant que le temps ne vous rattrape.

Les grands Hommes, sont ceux qui ont la conscience que tout bonheur qui ne s’inscrit pas dans un cadre global, donc cadre national pour un pays, est éphémère, et si ses conditions d’acquisition sont illégales il sera la ruine éternelle de son acquisiteur (A. L. Sacko).

Vive la Guinée !

Vive la paix !

Vive la démocratie !

 

Abdoul Lah Sacko,

Consultant sur des questions de Conflits et Activiste de la Société Civile.

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