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Plume à Aboubacar Diallo du 26 octobre 2015

plumeComme à la queue-leu-leu, à quelques exceptions près, ils lui font tous allégeance, mais la plupart, plus pour servir des agendas personnels que dans le souci exclusif de servir le pays. Oui, le mirage du cap 20/20 quand tu les éblouis !

 

Et cette image pour le moins du monde inattendue, impensable, inimaginable, surtout dans un contexte comme celui que nous vivons, où le mercure politique affiche le rouge écarlate, où les nerfs suffisamment à fleur de peau, sont loin de se rafraîchir, même si un calme factice règne et semble faire penser hâtivement au bout du tunnel. Oui, c’était de l’insolite, oui, c’était si étrange, mais si fascinant et merveilleux, c’est aussi cela la politique ! Par le passé, les deux se sont vus au moins deux fois, à des occasions solennelles, toujours, autour du même menu qui vaille : La Guinée, ce qui compte après tout. Oui, chaque fois qu’ils se sont vus, qu’ils se sont parlé, on a vu les lignes bouger, ne serait-ce que d’un iota. Mais jamais, leur rencontre, n’a autant attisé les passions, jamais elle n’a été autant et si abondamment commentée, jamais elle n’a suscité autant d’intérêt et d’interrogations. Oui, c’est vrai ! Oui, c’est vrai, Alpha Condé, Sidya Touré, les deux, bras dessus bras dessous, et Baïdy, proche du second mais jamais trop loin du premier, comme aux retrouvailles d’une bande de copains, s’esclaffant, se tapant épaules et ventres, faisant amis amis, c’était si intriguant, si singulier, mais si beau, si magnifique ! Que se sont-ils dit ? Quel est leur deal ? Vont-ils travailler ensemble ? Rien n’est moins sûr ! Mais Sidya, n’a pas attendu longtemps, pour lever un coin de voile sur le mystère, en y allant de cette phrase qui n’est pas passée inaperçue : « au bout de tout ce processus, ce qui compte, c’est le pays… ». Les mots ont le poids de leur sens et de leur contexte. Oui, ce qui compte, c’est bien le pays, c’est bien la Guinée, cela semble le souci le mieux partagé, pour peu qu’on se fie aux discours politiques. Oui, mais pourquoi ce n’est que maintenant qu’on s’en rend compte, ce n’est que maintenant qu’on semble avoir pour seul souci, le pays, qu’on semble comprendre que ce qui compte, c’est le pays ? Où était-il pour ne réaliser cela que maintenant ? Tant d’interrogations qui valent leur pesant d’or. Oui que je salue comme ces milliers voire ces millions de guinéens, qui ont regardé cette image avec soulagement ou qui l’ont reçue avec des clameurs publiques, cette rencontre, désormais gravée en lettres de marbre, dans l’histoire politique de la Guinée, mais laissez-moi m’interroger sur les desseins inavoués qui la sous-tendent de part et d’autre. Pour Alpha, une seule finalité compte, en se faisant Sidya Touré à la suite d’autres, c’est isoler, c’est anéantir politiquement l’adversaire qui lui a le plus mené la vie dure et qui lui a gâché le sommeil, le long de son premier quinquennat, Cellou en l’occurrence. Tant qu’à faire pour lui nuire, pour le réduire à quia, pour lui porter l’estocade, après lui avoir fait mordre la poussière par deux fois, il n’hésitera point. Peu importe le chemin pour y arriver, quitte à user du sabre Sidya ! Pour ce dernier, une seule finalité compte, c’est le cap 20/20. Quitte à faire chattemite, et ravaler au loin son égo surdimensionné, quitte à mettre au rebut ses récriminations et ses chicaneries ! Oui, à partir de là, que faut-il en déduire ? Est-ce le pays qui compte ou l’agenda personnel ? Jugez-en par vous-même ! Mais rien d’étonnant, rien de grotesque ! J’ai pensé assister à quelque chose d’incroyable, à un scénario impossible. J’ai pensé voir deux hommes en un, parlant de Sidya Touré. Qu’a-t-il fait de toutes ses soufflantes contre l’élection même qui renouvelle le bail de son probable nouvel allié ? Oubliées les attaques au vitriol et les dénonciations le long du processus y ayant conduit ! Oubliées la non reconnaissance des résultats de ce qui a été présenté comme une mascarade électorale, et la demande de son annulation. Oui, la politique a ceci de si particulier qu’il est l’art de mentir et de tromper. Sous les tropiques, au bord des rivières du sud, tourner casaque, voire retourner à ses vomissures, éhontement, n’a rien de malsain ! C’est Don Kass qui a ouvert la voie à suivre ! Mais que faire quand on a été rendu à ses propres turpitudes et à son poids plume ?

 

 

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