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Plume à Aboubacar Diallo du 03 Novembre 2015

plumeLa Guinée, un pays qui en plus de l’effondrement de son système éducatif, à en juger par l’érosion continue du niveau de l’apprenant, voit sa société se décomposer du fait d’une déviance à toute vapeur de sa jeunesse, laissée à elle-même, sous l’empire de substances toxiques de toutes sortes, qui s’avilit et s’autodétruit, en couvrant le pays tout entier de honte.

L’abomination de la désolation ! L’abomination de l’abjection ! Point de mots pour qualifier l’innommable, pour dépeindre l’horreur en double, qui vient de frapper la Guinée. Qui n’en a pas été atteint de détestation, de saisissement, de répugnance, de répulsion ? Aucun ! Deux affaires de mœurs, deux monstruosités, dans lesquelles l’adolescent guinéen, la jeunesse guinéenne, la société guinéenne dans son ensemble, s’humilie et se couvre de honte, sont venues brusquement rappeler à nos esprits le dépérissement, l’effondrement qui nous guette, qui est à nos portes, qui nous menace de disparition, à défaut d’un sursaut de conscience collective. La première dite ‘’Affaire Tamsir’’, du nom d’un ado un peu brindezingue, un gugusse qui étonne par tout et se confond à l’étrangeté, à l’extravagance même. De cette affaire, on en a dit pics et pans, le jeune Tamsir lui-même, accommodé de toutes pièces. Sous réserve d’amples détails pouvant aider à la manifestation de la vérité dans ce présumé cas de viol, il est à dire, en deux mots comme en mille, que d’excuses, que de clémence, il est difficile d’en trouver ni pour l’ado Tamsir ni pour la grande Mame, puisqu’elle n’est point une mineure, encore moins pour leurs deux familles. A Tamsir, dont on dit qu’il iconoclaste, il est à dire qu’on ne peut menacer quelqu’un, qui plus est, une femme, de l’étriper, au moyen d’un couteau, pour arracher une faveur non consentie d’elle et y trouver d’échappatoire. Quelle que fut la temporalité de la vidéo incriminée ! Qu’elle date d’il y a deux mois, de trois jours ou d’aujourd’hui. Que cette vidéo ne donne pas à savoir ce qui a suivi le feu volcanique de menaces, sous l’empire duquel Mame céda, tout au moins en se mettant en tenue d’Adam, point d’excuses il n’y a pour Tamsir. L’intention valant l’action, il peut être convaincu de tentative de viol. A Mame, cette fille venue de Fria et qui n’aurait pas les meilleures fréquentations du monde à Conakry, il est à dire qu’à défaut de contenir ses pulsions biologiques, il faut savoir où mettre les pieds, il faut savoir avec qui se lier d’amitié ou d’amour. Cela vaut pour toutes ces jeunes filles qui courent après le mirage de prétendues notoriétés. Au-delà, d’ici je veux m’adresser à nos papas et mamans, pour leur demander de se reprendre, pour exiger d’eux un sursaut de conscience, pour exiger d’eux de l’action. C’est une question d’existence sociétale, c’est une question de survie. Autrement, c’est le big-bang ! J’assiste, médusé, transi de stupéfaction, d’ahurissement, à la décomposition, à la désintégration de la cellule familiale, substrat même de l’éducation de l’enfant, de l’ado. Oui, c’est un constat amer comme du chicotin, nos familles ont baissé pavillon, assistant en spectatrices amorphes à la perte de leur progéniture. Tamsir et Mame, sont l’archétype même de cette démission parentale. Suffisant pour ulcérer nos ONG notamment celles qui ont pour point de mire de leur combat, la cause de la gent féminine. S’opposer à une marche silencieuse d’indignation et de ras-le bol, initiée par elles, est maladroit, est foncièrement, bigrement une démarche irresponsable en faveur de l’enracinement de cette démission parentale. Qui n’a pas été frappé aussi de répulsion avec cette ignominie qui est venue lever un coin de voile de plus sur une réalité à laquelle la planète entière fait face : L’homosexualité ! Ainsi est devenue la Guinée de nos ancêtres, où deux jeunes hommes, ont été surpris en flagrants ébats sexuels, au terminus d’un tunnel sombre, traversant la zone de l’aéroport de Conakry. De l’homosexualité à ciel ouvert, pourtant longtemps soupçonnée, mais tenue et contenue sous le sceau le boisseau, jusque-là pratiquée loin des regards indiscrets. Là-aussi, c’est l’abomination de l’abjection, c’est le summum de la malédiction pour une terre de Guinée, finalement gorgée de souillures, du fait de notre irresponsabilité à tous, du fait d’un effondrement de notre système d’éducation à la base et celui de l’enseignement.

Commentaires

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2 Commentaires

2 Comments

  1. Alpha Oumar Diallo

    3 novembre 2015 at 16 h 00 min

    Analyses pertinentes des travers de notre société, réquisitoire cohérent.
    Merci et bravo Mr Diallo Aboubacar. Mes encouragements .

  2. Harouna

    3 novembre 2015 at 18 h 23 min

    stp, aides-nous à avoir la version audio ! on adore tes analyses sur Espace

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