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Plume à Aboubacar Diallo du 09 Novembre 2015

plumeLa Guinée, seule au monde, à rester enferrée jusqu’à la garde, pieds et poings joints, comme prise au grand traquenard d’Ebola, pour l’éternité. Ebola y est entré, il y demeure et y reste. Quand une mafia organisée, maintient tout un pays, dans la gueule du loup !

 

Encore une fois, sa réputation de tardillonne en tout ne s’est pas démentie. Elle nous y a habitués, donc point de surprise. C’est le contraire qui nous aurait étonnés. Elle en a été touchée la première, elle en sortira la dernière. Oui, la Guinée se maintient dans le hareng saur, qui sent chaque jour un peu plus la caque. Elle reste et restera jusqu’au trognon de ce qui est possible d’imaginer, le verrou de la résistance, loin de céder. On sait ce qu’il a coûté au pays, point n’est besoin de s’y attarder. On sait le contrecoup subi par l’économie du pays, finalement exsangue ! Point n’est besoin de retourner le couteau dans une plaie encore brûlante et fumante. On sait tout cela, mais, aussi étonnant et ahurissant que cela puisse paraître, au pays d’Alpha Condé, on aime bien Ebola, on cohabite bien avec lui, on s’entend bien avec lui, on en a fait un compagnon dont on ne veut plus se séparer. On vit avec lui comme un homme et son ombre. Ici, on s’en fout de savoir que ce compagnon a été répudié, chassé, congédié ailleurs, de la manière la plus abrupte, on s’en fout de savoir qu’ailleurs, on n’a eu aucune commisération pour lui, qu’on lui a réservé un traitement Spartiate. Ici, on s’en fout de savoir que partout où ce compagnon adulé au pays d’Alpha Condé, ennemi ailleurs, a séjourné, il en a déjà été expulsé comme un malpropre. Ici, on se moque du tiers et du quart, ici, peu nous chaud de savoir que même la petite sierra Leone, à peine remise des séquelles des atrocités des années de braise du RUF, qui l’envoyée en enfer, a réussi à entasser Pélion sur Ossa, pour enfin se tirer d’épaisseur, pour se sortir des griffes de cet ennemi. Ici, on ne veut point voir l’ennemi-compagnon qui a élu domicile chez nous, partir. On veut qu’il y reste pour toute l’éternité. Oui, parce qu’avec lui, on continue de brasser de bonnes affaires, on continue la surenchère. Et c’est tout le monde qui y trouve son compte. Intervenants locaux et ces soi-disant partenaires, en réalité des businessmen à leur façon. Longtemps, on nous a rabattu les tympans avec des idées et stratégies aussi loufoques que trompeuses les unes que les autres, s’étant toutes révélées inopérantes et inefficaces. Plusieurs fois, on nous fait espérer le bout du tunnel, en vain ! Finalement, tout ça n’était que mensonges cousus de fil blanc. Finalement, tout ça n’a été qu’une grosse supercherie, une grosse entourloupette. Et combien de fonds passés à la trappe, dont aucun radar au monde n’a pu en garder trace. En parler, oblige à penser au premier comité de gestion de la crise Ebola dont la gestion a été catastrophique. En parler, oblige à pointer Dr Sakoba et son équipe, pour exiger d’eux qu’ils rendent compte de leur gestion, qu’ils reconnaissent enfin leur incapacité à nous libérer d’Ebola et que, subséquemment, qu’ils déposent honteusement bilan comme Ponce Pilate l’a fait en son temps. Dites-nous que c’est une mafia organisée, un complot ourdi contre le peuple, pour indéfiniment sucer son sang jusqu’à la dernière goutte. Dites-nous que si ce n’était cela, notre pays serait libéré du virus maudit depuis belle lurette. Et puisque vous êtes insatiables, telles des sangsues, puisque jamais, si cela ne tenait qu’à vous, bande d’aigrefins, d’arnaqueurs, Ebola ne partira de la Guinée, il ne nous reste plus qu’à vous envoyer périr en enfer où vous paierez pour tous vos péchés, il ne nous reste plus qu’à demander que vous libériez le plancher, vous nous avez tant enfoncé dans le Radeau de la Méduse, vous nous avez tant fait du mal en faisant de nous des parias, et des pestiférés, même chez certains de nos voisins. L’avanie infligée aux nôtres en terre sénégalaise, nous revient comme si c’était hier. Nous en avons souffert dans notre chaire. Notre dignité d’homme et notre amour-propre, écorchés, tailladés. Tout ça c’est de votre faute. Et comble de l’affront subi par notre pays, par votre impéritie au-dessus finalement de tout soupçon, deux années d’affilée, nos frères en islam, n’ont pu se rendre aux lieux Saints…C’était du jamais, de l’impensable ! Pourchassez par la malédiction du peuple, vous finirez en enfer, où vous irez cracher tout ce que vous avez injustement amassé, en mercantilisant une épidémie aussi ravageuse, aussi insidieuse !

 

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