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Birmanie : les généraux adoubent Aung San Suu Kyi (Le Figaro)

aung_san_suu_kyiL’ex-junte signale ainsi que, contrairement aux élections de 1990, elle respectera le résultat des législatives de dimanche dernier, premières élections libres depuis un quart de siècle.

Les généraux birmans n’ont pas attendu l’annonce des résultats officiels pour féliciter Aung San Suu Kyi. «Beaux joueurs», ils ont reconnu la victoire de leur opposante de toujours, qu’ils avaient placée en résidence surveillée après avoir un temps envisagé de la supprimer physiquement, annonçant la fin de cinquante ans de règne des militaires sur le Myanmar. L’ex-junte signale ainsi, que contrairement aux élections de 1990, elle respectera le résultat des législatives de dimanche dernier, première élections libres depuis un quart de siècle, et qu’elle ne fera pas une nouvelle fois dérailler la transition démocratique.

«Bienvenue à la nouvelle garde», écrit le journal officiel Global New Light of Myanmar jeudi, sous une photo du président Thein Sein, un ancien général ayant raccroché l’uniforme, pour diriger un gouvernement quasi-civil après l’auto-dissolution de la junte en 2011. «Nous voudrions féliciter» Aung San Suu Kyi pour «avoir remporté l’approbation du peuple» lors de ces premières élections libres depuis un quart de siècle, dit Thein Sein dans un communiqué publié, mercredi soir, sur le site de la présidence.

L’adoubement s’ajoute à celui du chef de l’armée, signalant la mise en œuvre d’une transition historique dans l’ex-État paria. «L’armée fera de son mieux, en coopération avec le nouveau gouvernement», a déclaré le général Min Aung Hlaing. Le régime actuel a promis de «transférer le pouvoir pacifiquement». Les deux dirigeants ont accédé à la demande de Suu Kyi de les rencontrer très prochainement, afin d’évoquer la «réconciliation nationale». Selon les résultats préliminaires, «Daw Suu» est en passe de remporter une victoire écrasante, 80% des bulletins comptabilisés à ce jour étant en sa faveur.

Satisfecit de la Maison Blanche

L’attitude des généraux leur a même valu un satisfecit de la Maison Blanche. Le gouvernement birman a annoncé, jeudi, que le président américain Barack Obama avait appelé son homologue birman pour le «féliciter» d’avoir permis des élections «libres». Cependant, ces derniers jours la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d’Aung San Suu Kyi, a veillé à ne pas brusquer le gouvernement post-junte, lui laissant le temps de se faire à la nouvelle. L’opposante évite les apparitions publiques et a donné à ses partisans la consigne de rester chez eux.

Le nouveau Parlement n’entrera en fonction que début 2016, sans doute en février ou mars. D’ici là, la militante des droits de l’Homme devenue politicienne devra négocier âprement avec les militaires, qui conserveront une tutelle sur le pays avec trois ministères d’importances et un quart des sièges au Parlement leur étant garantis par la Constitution adoptée en 2008. Elle devra probablement s’engager à abandonner l’idée de leur réclamer justice pour les crimes commis par la junte et de les laisser continuer à profiter de la fortune amasser pendant leur règne tout en continuant de s’enrichir. L’ouverture de cet eldorado, qui occupe une place stratégique entre l’Inde et la Chine, aux investisseurs s’annonce comme une affaire juteuse… Celle-ci aurait convertie plus d’un général à la démocratie.

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