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Ahmed Kourouma en déphasage avec nos ‘’prétendues élites qui morcellent nos ressources comme elles morcellent nos idéaux’’ (Réflexion)

Ahmed KouroumaDepuis l’élection de cet été, j’ai vu notre pays passer par de nombreuses phases, certaines que je redoutais et d’autres que j’espérais. Et loin d’être contemplatif, un observateur sait rassembler les éléments épars de notre temps, cela pour en tirer la matière nécessaire à l’élaboration d’un tableau juste et sincère.

Un observateur attentif sait tirer la substantifique moelle de l’Histoire qui lui permettra d’appréhender l’avenir et même de l’imaginer.

Comme vous, je ne suis souvent que cet observateur incapable de fléchir le cours des choses mais qui s’en nourrit pour bâtir et unir quand il le peut.

Alors, comme vous, je suis contemplatif de nombreux événements et aujourd’hui plus que jamais nous devons nous unir pour bâtir.

Force nous est de réaliser que nous sommes un pays riche de potentiels, fort d’une multitude d’horizons grandioses et sans nuages. Oui sans nous mentir un instant nous arrivons à ce même constat. Nous sommes une puissance en gestation.

Alors oui, oui comme tant d’autres je dresse des bilans, je dessine des projets et des plans pour exploiter au mieux ces segments, pour optimiser cet axe ci ou encore pour promouvoir cette économie fébrile mais que l’on sait rugissante demain.

Pourtant je reste observateur.

Acteur dans mes propos de nouveauté et de progrès certes, mais quelque chose frappe ma vision du monde actuel et cette vision dépasse nos frontières.

Notre pays est à élever tout comme son peuple. Vous comme moi, à l’image de notre terre natale, devons trouver ou retrouver le sens du devoir pour elle avant nous.

Comprendre l’intérêt du pays passe avant celui du peuple et qu’il faut pour cela définir ce que nous sommes.

Ce dont nous avons besoin est une liste à dresser, certes. Mais réaliser que nous sommes un peuple composé d’ethnies disparates aux particularités multiples, lequel en prenant du recul forme comme une intaille marmoréenne. Voilà comment de prime abord, nous devrions nous voir, voir que notre force est dans notre différence pour que cesse la discorde qui nous sépare depuis si longtemps.

Ensuite vient le moment où nous devons nous confronter avec notre sentiment patriotique et notre idée même de la politique.

Toujours en observateur, je nous trouve en adéquation avec notre époque et les sociétés contemporaines.

Ce constat est celui de presque toute l’humanité aujourd’hui mais force nous est de constater que nous ne suivons aucune idéologie lorsque nous nous engageons dans un combat politique. Que ce soit en tant qu’élus, candidats ou électeurs.

Nous votons pour des hommes, des programmes qui somme toute sont sensiblement les mêmes.

Et lorsque les programmes sont tous les mêmes cela veut dire que l’idéal national se cache derrière l’intérêt populaire et démagogique.

Quel parti du RPG à l’UFR, l’UFDG en passant par le GRUD et autres, oui quel parti représente une idéologie politique ?

Quel parti représente un courant censé apporter une direction particulière à notre pays ? Quel parti représente ce clivage social ou libéral qui illustre les démocraties en général ?

Ils existent pourtant mais les connaissons-nous, les connaissez-vous ?

Dans un sens tant mieux car le temps n’est plus à l’idéologie politique mais à l’idéal politique.

La politique ne se résume plus à une division droite-gauche, libérale ou conservatrice, démocrate ou républicaine. Le monde est à l’image de notre peuple, disparate et aux particularités multiples.

Mais nous devons nous reconnaître tous derrière la politique de notre pays et cesser de suivre tel ou tel parce qu’il vient d’ici ou de là-bas. Si nous sommes un peuple alors nous ne sommes plus des individualités suivant un individu mais une masse d’esprits suivant des idéaux.

Aussi oui nous devons grandir dans un esprit mature afin de servir non pas nos sentiments chauvins mais bien notre nation. Pour cela nous devons faire abstraction de ces liens qui relient certains hommes à un autre avec comme seul prétexte qu’ils viennent de la même terre, et sans faire un instant égard à sa valeur ou ses idées. Hé bien ces liens là pour moi n’unissent pas mais entravent notre marche vers le progrès.

Si nous avons fait sans le vouloir abstraction d’idéologies qui n’ont plus lieu d’être aujourd’hui, afin de tenter de les troquer pour un vrai idéal national et politique, nous devons encore agir sur notre vision même de la politique afin de travailler sur notre union et notre progrès.

Oui nous devons bâtir, oui nous devons nous unir et oui peu importe le moyen ou les moyens, peu importe le temps ou les obstacles cela se fera.

Mais ce qui importe le plus c’est de définir notre position actuelle ou plutôt de la comprendre et de ne pas se voir plus beaux que nous le sommes.

Lucides et pragmatiques voilà ce que nous devons être.

Car si nous sommes encore dans beaucoup de secteurs à des stades où la nécessité du progrès est clairement indéniable, il y en a d’autres où tout est à faire ou à voir.

Mais c’est à n’en pas douter une force.

C’est une force car nous pouvons dès aujourd’hui être l’égal de pays qui comme nous découvrent ce siècle, ses enjeux, ses moyens et ses incroyables possibilités.

Nous avons un choix aujourd’hui qui s’offre à nous, celui d’être compétitif dans une course mondiale où tout est régi par l’ouverture aux autres et à la communication.

Aujourd’hui c’est de cette ouverture que je parle. Nous devons nous ouvrir à l’autre car sans aucun doute voilà l’avenir.

Nous ne devons plus rester prostrés sur nous-mêmes en travaillant sur des solutions qui ne nous font plus avancer mais qui nous ancrent dans une stagnation qui n’a plus lieu d’être.

Apporter l’énergie dans chaque village, le chemin de fer dans tout le pays et surtout l’accès à internet pour tous.

Car voici le vrai progrès aujourd’hui. L’accès à la communication mondiale et la Guinée ne peut-être à la traîne et ne le sera pas.

S’ouvrir à l’autre dans une unité et une concorde humaine qui nous fera avancer j’en suis persuadé.

Nous devons nous aussi prendre part à cette course humaine qui nous rassemblera dans une même perspective de progrès.

Mais pour arriver à ça nos mentalités doivent évoluer. Nous devons donner à notre force vive l’envie de prendre le chemin de l’unité et de l’ouverture à l’autre. Et pour cela c’est notre politique même qui doit évoluer. Sortir de cette sclérose qui depuis si longtemps l’entrave et nous fait reculer.

Nous devons revoir ce que nous sommes et vers le haut.

Arrêtons de confier notre pays à de prétendues élites qui morcellent nos ressources comme elles morcellent nos idéaux et faisons confiance à notre jeunesse et à ses jeunes idées.

Que nous formions ensemble une Guinée vouée à l’accomplissement et non plus au culte de l’incompétence.

Mais pour avoir des compétences il faut avoir des projets, car ce sont les projets qui définissent les hommes qui les poursuivront.

Alors dès aujourd’hui n’ayons comme projet que le progrès et que les hommes et les femmes qui se reconnaissent dans ce projet, cette aventure, cette évidence, se dressent et avancent pour que la Guinée soit enfin à la place qu’elle doit occuper et qu’elle mérite.

Ahmed kourouma

 

Conseiller politique

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