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Syrie : la résolution d’un plan de paix adoptée à l’unanimité à l’ONU

syrie_onuLes grandes puissances souhaitant en finir avec la guerre en Syrie ont fait adopter à l’ONU vendredi une résolution appelant à un cessez-le-feu et à des négociations de paix dès début janvier. La résolution a été adoptée à l’unanimité des quinze membres du Conseil, y compris la Russie. Ils se sont réunis au niveau des chefs de la diplomatie sous la présidence de l’Américain John Kerry. Ce texte « envoie un message clair à tous pour dire qu’il est temps de mettre fin aux tueries en Syrie », a affirmé John Kerry. Il s’est dit « sans illusions » sur la difficulté de la tâche mais a salué l' »unité sans précédent » des grandes puissances. Dans un nouvel effort pour mettre fin à un conflit qui a fait plus de 250 000 morts et des millions de réfugiés en quatre ans et demi, le Conseil a demandé au secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon d’organiser entre le gouvernement syrien et l’opposition des « négociations officielles sur un processus de transition politique ».

L’objectif est que ces discussions commencent « au début janvier 2016 » et coïncident avec un cessez-le-feu sur l’ensemble du territoire syrien, que l’ONU devra aider à mettre en place et à surveiller. « En janvier nous espérons être en mesure d’appliquer un cessez-le-feu complet, ce qui veut dire plus de largages de barils d’explosifs, plus de bombardements, plus de tirs ni d’attaques d’un côté comme de l’autre », a déclaré John Kerry à la presse après le vote. Le médiateur de l’ONU en Syrie, Staffan de Mistura, s’est montré « réaliste » sur le calendrier, qui fixait initialement la date du 1er janvier. « Nous espérons (..) être capable de le faire en janvier », a-t-il dit.

Rien sur Assad

Le Conseil a « confirmé » son soutien au Communiqué de Genève de juin 2012 sur une transition politique en Syrie et « avalisé les déclarations de Vienne » où se sont réunies les grandes puissances en octobre et novembre. Une troisième réunion de ce processus de Vienne s’est tenue vendredi dans un grand hôtel de New York en présence des ministres des Affaires étrangères de 17 pays. Outre la rencontre opposition-régime et un cessez-le-feu, la feuille de route prévoit un gouvernement de transition dans les six mois, ainsi que des élections dans les 18 mois.

La résolution précise toutefois que ce cessez-le-feu ne s’appliquera pas aux opérations contre les groupes extrémistes comme l’Etat islamique (EI) et le front Al-Nosra. Le Conseil appelle à « éliminer le sanctuaire qu’ils ont créé sur une grande partie » de la Syrie. Mais la résolution ne dit rien du sort qui serait réservé au président Bachar al-Assad. Les Occidentaux souhaitent son départ, sans dire à quel moment, contrairement à la Russie, et cette divergence est un des principaux obstacles à un règlement. Pour John Kerry, le président Assad « a perdu la capacité et la crédibilité nécessaires pour unir et diriger son pays ». Mais son homologue russe Sergueï Lavrov a réaffirmé que pour Moscou, c’est aux Syriens d’en décider : « seul un large dialogue mené par les Syriens eux-mêmes peut mettre un terme aux souffrances du peuple syrien ».

Un « grand pas en avant »

La résolution fait aussi une simple référence à « l’utilité de la réunion de Ryad » du 9 au 11 décembre, qui a fédéré une partie de l’opposition syrienne sous la houlette de l’Arabie Saoudite, mais que Moscou a vivement critiquée. Les opposants réunis à Ryad ont en effet accepté de négocier avec Damas mais ont exigé le départ de John Assad dès le début de la transition politique. La résolution est le fruit de difficiles négociations entre les cinq membres permanents du Conseil (Etats-Unis, Russie, France, Royaume uni, Chine).

Peu avant ce vote, le président américain Barack Obama a réaffirmé qu’Assad devait quitter le pouvoir, mais sans préciser à quel moment d’une éventuelle transition politique. Il a jugé qu’il n’y aurait pas de paix en Syrie « sans un gouvernement légitime », lors de sa conférence de presse de fin d’année. Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a pour sa part réclamé « des garanties » pour s’assurer du départ du président syrien. Son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier a qualifié de « difficiles » les discussions vendredi matin à New York.

Le ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond, s’est lui félicité d’un « grand pas en avant » dans la résolution de la crise syrienne et a salué une résolution fournissant « un calendrier et une direction claire ». Etaient représentés à cette rencontre Etats-Unis, Russie, France, Royaume-Uni, Turquie, Arabie saoudite, Qatar, Emirats arabes unis, Oman, Liban, Jordanie, Chine, Egypte, Allemagne, Iran, Irak et Italie, ainsi qu’ONU, UE, OCI et Ligue arabe.

Quels terroristes ?

La principale coalition de l’opposition syrienne a estimé vendredi que vouloir des négociations et un cessez-le-feu dès le début janvier n’était pas réaliste. Najib Ghadbian, représentant à l’ONU de la Coalition nationale syrienne, a demandé « à peu près un mois » pour préparer les pourparlers de paix. La coalition exige aussi que la Russie cesse ses bombardements, dans le cadre du cessez-le-feu.

Autre point délicat, la liste des groupes « terroristes » à exclure du processus de paix. La Jordanie a annoncé vendredi à New York qu’elle avait présenté une « matrice » reflétant les différentes listes des 17 pays du Groupe de soutien et qui devrait inclure l’EI et al-Nosra, même si pour le reste il y a de fortes divergences.

Le Point

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