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Plume à Aboubacar Diallo du 18 janvier 2016

plumeQuoique roublard politique devant l’Eternel, celui qui a été longtemps et toujours ‘’déifié’’, par ceux qui ont sué sang et eau pour lui et affronté avec une ténacité d’airain, toutes les affres de l’adversité, semble finalement s’être pris les pieds au grand piège de ses propres roueries. Mais, comme à son habitude, il fait comme Gribouille.

 

 

Chez Alpha Condé, la fête passée, Adieu le Saint ! S’il y a un sentiment largement partagé de nos jours sur son compte, c’est bien celui-ci. Ce l’était il y a longtemps chez bien de ceux qui ont, par le passé, côtoyé l’homme. Mais, point chez ses soutiens, ses militants pour la plupart comme fanatisés, qui s’étaient jusqu’ici refusé de voir le moindre défaut chez leur champion, à qui ils ont continûment tressé des couronnes, sans jamais, un seul jour, trouver à redire quoique ce soit venant de lui, l’homme providence. Depuis Mathusalem, depuis toujours, ils lui ont obéi au doigt et à l’œil, depuis toujours, ils se sont obséquieusement aplatis devant lui comme des carpettes, sans jamais le contrarier, un seul jour. Jusqu’à ce qu’il soit porté au pavois de la nation, ce qui était pour eux, plus qu’un sacerdoce, ils lui ont tenu l’échelle, durant de longues et pénibles années de braise et de plomb, certains au prix de leur vie, pour la plupart, au prix de sévices corporels et moraux, chevillés à jamais à leur âme. Combien sont ces martyrs du militantisme vrai ? Combien de familles, ont dû faire sans ceux qui faisaient bouillir la marmite, soient zigouillés par les sbires, soient envoyés périr en taule, ou soient mis sur la paille, déflatés, à cause justement de leur accointance avec lui ou de leur soutien à lui, longtemps pestiféré, longtemps pariarisé par presque tous les régimes précédents ? Dieu seul, en sait quelque chose à leur nombre. Preuve qu’ils ont été capables du sacrifice le plus ingrat, durant cinq ans, ils se sont farcis de tout de lui, même se faire commander par d’anciens bourreaux comme Bouréma Condé, Bahama Baga, la terreur rouge de Banankoro, de Mandiana, j’en passe et des pires. Nonobstant tout, ce sont eux les mêmes militants invétérés, inconditionnels et fanatiques devant l’Eternel, sans oublier toute la palette de soutiens venus de mouvements, qui se sont aussi engagés à corps perdu dans la bataille, ce sont eux tous, qui se sont saigné aux quatre veines, qui ont fait don de leurs êtres et de leurs bas de laine, il y a quelques mois derrière, pour le porter à un second mandat à la tête de la Guinée. Ce n’était point une sinécure ! C’était plutôt une gageure ! Oui, on l’a dit et ressassé, chez Alpha Condé, la fête passée, Adieu le Saint ! Quelle ne fut la stupéfaction de tous ceux-ci, militants, partis alliés et mouvements de soutiens, d’entendre le même Alpha Condé, depuis le siège de son parti, une fois les vendages faites, qu’il ne doit ses lauriers à personne, qu’il ne les doit qu’au peuple ! Comble du mépris et de l’avanie, le même Alpha, qui, plus d’une fois, est venu au même endroit, comme à son habitude, lorsqu’il se sent pousser des ailes devant foule, tancer et insulter les cadres et ministres issus de son parti, les couvrant au passage de tous les sept péchés capitaux d’Israël. Quelle ne fut leur hébétude de voir le même Alpha Condé, leur tourner dos, les ignorer de tout, et pire, associer ceux qui les insultait hier, à la prise des décisions engageant l’avenir du pays ! Quelle ne fut leur rage de voir qu’en plus de les snober de la sorte, le même Alpha Condé, s’est payé d’audace de reconduire et de faire nommer dans son gouvernement, des bourreaux d’hier, reconvertis en soutiens de la 25ème heure. Les cas Bouréma Condé et Makalé Camara, sont à loger à cette enseigne, et restent, comme une arrête géante, en travers de leur gorge. S’il y a un autre sentiment partagé aujourd’hui, au sujet d’Alpha Condé, à la fois dans les rangs de son parti, des alliés et de tous les mouvements de soutien, à l’échelle du pays tout entier, s’il vous plait, c’est la désillusion, c’est le désenchantement ! Mais, à comme à son habitude, se refusant de prendre la mesure de la gravité de ce grand désamour né des frustrations accumulées, il banalise tout, l’air goguenard, continuant à voir la paille dans l’œil de l’autre, non la poutre dans le sien. Pourtant, tant va la cruche à l’eau qu’elle finira par se briser, enseigne le proverbe. A bon entendeur, salut !

 

 

 

 

 

 

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